Renault marque son retour en Formule 1 en s'engageant dans le Championnat du Monde 2002 sous ses propres couleurs, avec une présence complète, châssis et moteur. Fort de son savoir-faire et de son palmarès inégalé dans la discipline, un nouveau défi l'attend : réussir dans le Championnat du Monde de Formule 1 avec une monoplace de sa conception et terminer le plus proche possible des équipes de tête dès la saison 2002. Pour ce faire, Renault peut s'appuyer sur des solutions technologiques radicalement innovantes élaborées par ses équipes de Renault F1 UK (Enstone) et de Renault F1 France (Viry-Châtillon), avec notamment un inédit moteur V10 atmosphérique. Cet engagement sportif accélèrera le déploiement international de la marque, en termes de notoriété et d'image, à un moment où la Formule 1 conquiert de nouveaux territoires.
L'histoire de Renault en Formule 1
De 1977 à 1985, Renault, présent en F1 avec sa propre écurie, révolutionne la technologie des moteurs avec l'introduction du turbocompresseur (V6 Turbo), qui s'impose progressivement à la concurrence comme la solution technique d'avenir. Deux ans après l'apparition de la première monoplace de la marque au Grand Prix de Silverstone (Grande-Bretagne) en 1977, Renault décroche sa première victoire dans le Championnat du Monde des Constructeurs avec Jean-Pierre Jabouille au Grand Prix de France à Dijon. 14 autres victoires suivront avec deux autres pilotes, René Arnoux et Alain Prost, qui frôle le titre de Champion du Monde des Pilotes en 1983. Au cours de cette période, Renault motorise également Ligier (1984-1986), Tyrrel (1985-1986) et Lotus (1983-1986), avec laquelle 5 Grands Prix sont gagnés (dont 4 par Ayrton Senna).
Après deux années de veille technique, Renault revient en F1 en tant que motoriste des écuries Williams (1989 à 1997) et Benetton (1995 à 1997) avec un moteur V10 atmosphérique, rapidement reconnu comme la nouvelle référence de la discipline. La puissance, la souplesse et la fiabilité de cette famille de moteurs (série "RS") permettent à Renault d'engranger un palmarès inégalé de 11 titres mondiaux : 6 titres consécutifs de Champion du Monde des Constructeurs (avec Williams en 1992, 1993, 1994, 1996, 1997 et avec Benetton en 1995) et 5 titres de Champion du Monde des Pilotes (Nigel Mansell en 1992, Alain Prost en 1993, Michael Schumacher en 1995, Damon Hill en 1996 et Jacques Villeneuve en 1997).
Après son retrait de la compétition fin 1997, Renault place son département F1 en veille technique. En 2000, Renault annonce le rachat de l'écurie Benetton Formula Limited afin de préparer son retour dans le Championnat du Monde en 2002. Après deux saisons transitoires consacrées aux préparatifs et aux développements, la nouvelle entité "Renault F1 Team" est en mesure de relever son nouveau défi : réussir dans le Championnat du Monde de F1 avec une voiture 100 % Renault.
Saison 2002 : Le retour de Renault en Formule 1 sous ses propres couleurs
Au terme d'une période de veille technologique de deux ans, le retour de Renault en Formule 1 poursuit un double objectif. Le constructeur entend accélérer son déploiement international en développant son image de marque et sa notoriété sur les marchés stratégiques. Mais, il s'agit également de relever un défi sportif ambitieux en gagnant le Championnat du Monde de F1 avec une monoplace 100 % Renault, la seule couronne qui manque au palmarès sportif de la marque.
Ainsi, si la saison 2001, en tant que motoriste de l'écurie Benetton, a permis une montée en puissance progressive axée essentiellement sur la fiabilité, la saison 2002 privilégiera le développement des performances. Première monoplace aux couleurs de la marque depuis 17 ans, la R202 bénéficie d'une aérodynamique optimisée.
Pilote de l'écurie Jordan en 2001, Jarno Trulli rejoint Jenson Button, déjà au volant de la Benetton-Renault, comme pilote officiel de l'écurie Mild Seven Renault F1 Team pour la saison 2002. Par ailleurs, Fernando Alonso prendra le poste de pilote d'essai.
Interview de Jarno Trulli
Né le 13 juillet 1974 à Pescara, ce célibataire d'origine italienne est l'un des plus brillants espoirs de la formule 1. Pilote à fort potentiel, Jarno Trulli est connu pour sa rapidité et son expertise technique. Parlant trois langues (français, anglais et italien), il se retrouve pour la première fois dans une équipe de premier ordre qui a déjà remporté le Championnat du Monde et qui revient pour rééditer cet exploit.
Jarno Trulli (pilote de la Renault F1 Team n°7) : "Je pense qu'il va me falloir quelques mois pour m'adapter complètement. Mais je dois dire que j'ai découvert une équipe avec une écoute et une motivation incroyables. Je n'ai jamais connu cela. Dès que je sors de la voiture, les ingénieurs ont envie de connaître mes impressions. Je sens que je suis là pour aider à faire progresser l'équipe. Je sais qu'avec une nouvelle voiture, un nouveau moteur, le tout avec des conceptions très futuristes, cela prendra du temps avant de gagner mais je leur fais confiance. Renault est revenu pour gagner. Je ne peux pas dire si cela prendra un an, deux ans ou trois... Mais je veux que les choses marchent ; j'aime discuter avec les ingénieurs, leur mettre la pression, mais pas pour rien. D'ailleurs, cela tombe bien : dans cette équipe, ils apprécient les pilotes qui leur demandent des choses."
Quel est votre état d'esprit avant le début de la saison ?
Je suis très fier de participer à cette grande aventure, car c'est la première fois dans ma carrière que je courre pour une écurie 100% du même constructeur, moteur et châssis. L'histoire, l'expérience et le palmarès de Renault ont joué dans mon choix pour courir sous les couleurs de Renault. Pour moi, c'est une super opportunité et je suis décidé à m'y consacrer à fond.
Quels sont vos objectifs pour cette année ?
J'espère que l'écurie terminera parmi les quatre premiers en 2002, qu'elle talonnera les plus grandes écuries, qu'elle remportera des courses en 2003 puis disputera le titre l'année suivante.
Je suis très motivé et persévérant, j'espère quant à moi, transformer l'expertise technique de l'écurie en résultats concrets et remporter au plus vite un Grand Prix. Je suis conscient qu'il faut améliorer mes performances, que je dois beaucoup travailler mais je suis très confiant et je suis prêt à m'investir énormément pour progresser.
Je sais que la pression sera forte cette année, que ce sera certainement très dur au début mais de gros progrès ont déjà été effectués sur la voiture.