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Ecuries et pilotes participants au championnat du monde 2003

La Fédération Internationale de l'Automobile (FIA) a publié, la liste officielle des dix écuries et de leurs pilotes engagés dans le championnat 2003 de Formule 1 qui débutera le 9 mars par le Grand Prix d'Australie à Melbourne.

Le plateau compte désormais dix équipes, une de moins qu'en 2002 en raison du refus de la FIA d'accepter l'engagement de l'écurie britannique Arrows, au prise avec des difficultés financières.

Cette présentation vous est proposée par Messieurs Jean-Louis Moncet et Thibault Larue.

A. Equipe Ferrari.

La Scuderia Ferrari n'est pas décidée à relâcher la pression après une saison 2002 de rêve. C'est donc sur une équipe toujours aussi redoutable qu'il faudra compter cette année encore. A la concurrence de travailler aussi dur.
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1. Michael Schumacher.
 
Né le 3 janvier 1969 en Allemagne.
Condamné à perpétuité par ses détracteurs pour comportements inélégants, idolâtré par ses supporters pour ses coups de volant, Michael Schumacher reste à nos yeux le meilleur technicien actuel du pilotage automobile, l'un des plus forts de tous les temps. Il est la synthèse des quatre grandes qualités du champion : habileté, intelligence de la course, constance et bravoure. Son palmarès est à la hauteur : cinq titres mondiaux et 64 victoires. Il devrait cette saison briller encore, car la majeure partie de la nouvelle réglementation l'avantage et la Scuderia Ferrari lui est dévouée corps et âmes.
 
2. Rubens Barrichello.
 
Né le 23 mai 1972 au Brésil.
Rubens a vécu, malgré les apparences une saison difficile. Il a battu son équipier à la régulière (au Nürburgring), et il aurait pu le faire encore une fois en Autriche mais la discipline d'équipe intervint. Sinon, il bénéficia des largesses ou d'une rare faute d'inattention de Michael Schumacher. La saison qui arrive va encore lui faciliter le travail… jusqu'à Silverstone où entreront en fonction l'interdiction de la boîte de vitesses totalement automatique, du système de lancement et surtout de l'anti-patinage, un procédé qui a grandement aidé Rubens à rivaliser de temps à autres avec Michael.
 
B. Equipe Williams-BMW.
 
Williams ne s'est-elle pas battue toute seule en 2002 ? La question peut se poser, d'autant que la FW24 a souvent surpassé les Ferrari en qualifications. L'espoir est donc permis, avec une FW25 radicale.
 
1. Juan Pablo Montoya.
 
Né le 20 septembre 1975 en Colombie.
Après une progression régulière en 2001, on attendait une capitalisation en 2002. Il a été brillant, sept pole sur des circuits aussi dissemblables que Monaco, Monza ou Interlagos, mais tout aussi décevant : pas une de ces pole n'a abouti. Il y a deux raisons : d'une part, la trop grande disparité entre la version qualifications et la version course de la Williams – un fait reconnu par Patrick Head lui-même - et une tendance de Montoya à se désunir en course. Dommage, car avec une énergie pareille, on le voyait (et on le voit encore, mais il faut y parvenir) comme le rival direct du champion du monde.
 
2. Ralf Schumacher.
 
Né le 30 juin 1975 en Allemagne.
Est-il encore ce Ralf Schumacher que nous connaissons ? Entre son mariage et le tumulte Montoya, a-t-il gardé intactes les qualités qui ont fait sa réputation ? Des questions auxquelles il est difficile de répondre. L'an passé, la seule victoire de Williams-BMW est à mettre à son crédit. Ensuite, plus rien. Comme s'il avait pris ses distances avec les choses de la course, comme s'il ne voulait plus répondre au reste du monde. Et pour clore le tout, une polémique : Ralf ose-t-il attaquer son frère ? 2003 doit être l'année du retour pour le puîné des Schumacher, s'il a fait un bilan lucide de sa carrière.
 
C. Equipe McLaren-Mercedes.
 
Développée dans une nouvelle version, la MP4-17 a évolué dans les compartiments où elle avait sombrée : le moteur et le train arrière. Mais l'inquiétude demeure quant à la future (et tardive) MP4-18. La limitation de l'électronique à partir de Silverstone remet déjà en cause le principe même de ce bijou… d'électronique.

 

1. David Coulthard.
 
Né le 27 mars 1971 en Ecosse.
Il est le seul, avec Ralf Schumacher, à avoir pu tirer son épingle du jeu l'an passé contre les Ferrari. Il a remporté l'un des deux seuls grands prix ayant échappé aux "Rouges", mettant ainsi en exergue sa grande expérience de la course qui est sa vraie qualité. Mais il a également renouvelé ces petites bourdes "à la Coulthard" qui ont quelquefois ruiné sa réputation. Néanmoins, Ron Dennis lui fait encore confiance cette année et la nouvelle réglementation va peut-être lui donner raison : Coulthard est un familier des F1 ancienne génération sans anti-patinage, et autre système de lancement.
 
2. Kimi Raikkonen.
 
Né le 17 octobre 1979 en Finlande.
Il attaque sa troisième saison de grands prix, il devrait commencer à concrétiser de grands résultats d'autant qu'il commencera par rouler avec la voiture de l'an passé. Ensuite, et c'est la même chose pour tous les représentants de la classe "biberon", il lui faudra s'adapter à la disparition du contrôle de traction et du lancement automatique. Dans une carrière toute fraîche, un pas décisif qu'il devra franchir. Pour le reste, le jeune Finlandais a suffisamment montré sa motivation et sa détermination, notamment contre Montoya. Et il ne refera plus la faute de Magny-Cours, n'en doutons pas.
 
D. Renault F1 Team.
 
Osmose ! Renault revendique la R23 comme la première monoplace entièrement née de la relation Viry-Enstone. L'objectif est de jouer les podiums en fin de saison.
 
1. Jarno Trulli.
 
Né le 13 juillet 1974 en Italie.
Le voilà en n°1 chez Renault, du haut de près d'une centaine de grands prix. Il connaît bien l'écurie française dans laquelle il a déjà bouclé une saison. Après des débuts difficiles de mars à juin 2002, sans doute parce qu'il a trop attaqué, il a connu une éclaircie puis un passage à vide "avant de terminer très fort" comme il nous l'a dit. C'est bon signe, une motivation intacte et un vrai sens des responsabilités doivent faire le reste. Attention cependant aux qualifications sur un tour lancé, et en course, il lui faudra de la constance, mais il saura faire face à la nouvelle réglementation.
 
2. Fernando Alonso.
 
Né le 29 juillet 1981 en Espagne.
D'après Renault, il s'agit d'un phénomène. Plusieurs fois champion d'Espagne de karting, une fois champion du monde, il est arrivé en Formule Nissan où il décroche le titre en 99. L'année d'après, il passe à la F3000 et se fait surtout remarquer par sa victoire à Francorchamps. Il est aussitôt engagé en F1 pour 2001 par la modeste équipe Minardi qui se loue encore aujourd'hui de ses services. En 2002, il est le pilote-essayeur de Renault. Sous des dehors rugueux, il est non seulement "un type bien" mais aussi un très fin pilote. Le voilà titularisé dans la 4e équipe du plateau : à lui de jouer.
 
E. Equipe Sauber-Petronas.
 
Moins brillant qu'en 2001, Sauber est tout de même parvenue à se maintenir parmi les cinq meilleures équipes. Installations modernes, moteur Ferrari, pilotes chevronnés… Il ne manque plus que l'ambition !
 
1. Nick Heidfeld.
 
Né le 10 mai 1977 en Allemagne.
Mine de rien, il ne s'est pas laissé faire par Felipe Massa, son équipier de l'année passée et qui comptait parmi les prodiges. Heidfeld est un garçon sérieux, peut-être même trop sérieux. Il s'est guéri de ces petits défauts entrevus durant sa première saison, un peu indolent, un peu indiscipliné. Sa confrontation avec Heinz-Harald Frentzen ne manquera pas de piquant cette année : l'opposition directe, entre la jeunesse et l'expérience, de deux garçons de la même ville, Münchengladbach, et tous deux chouchous de Peter Sauber à divers titres, dans une équipe qui doit retrouver son brio.
 
2. Heinz-Harald Frentzen.
 
Né le 18 mai 1967.
Le grand retour de H.H.F. dans son écurie préférée après deux saisons de galère quasiment, en 2001 et surtout 2002 à cause de Jordan. Est-ce que tout cela n'aura pas usé le pilote allemand ? Peter Sauber aura la responsabilité de remettre son ami sur les rails. Mais celui-ci devrait lui apporter une réelle expérience, car c'est cela la méthode Frentzen : bien voir les choses, bien comprendre la course et compter parmi les valeurs sûres. Avec une autre grande qualité qui plaira beaucoup à son équipe : la discrétion, la politesse, le calme, autant de qualités qui se font rare de nos jours en F1.
 
­­­­­F. Equipe Jordan-Ford.
 
Où va Jordan ? Comme l'an passé, l'écurie Irlandaise a vécu une intersaison tumultueuse avec peu d'essais, et des problèmes d'argent. Heureusement, elle peut compter sur le talent de Fisichella.
 
1. Giancarlo Fisichella.
 
Né le 14 janvier 1973 en Italie.
"C'est un artiste", disait de lui Flavio Briatore. Est-ce toujours le cas? Certainement, et de plus, malgré des résultats trop faiblards, Giancarlo est encore l'un des pilotes les plus rapides de tout le plateau. Après de belles années passées chez Benetton, le Romain s'est trouvé contraint et forcé de se retourner vers Jordan chez qui il avait passé la saison 97. Et l'équipe d'Eddie a vécu une année 2002 passablement mouvementée : du coup, Fisichella s'est fourvoyé au centre d'un maelström qu'il n'avait pas mérité. Et l'instabilité actuelle de l'écurie Jordan n'est pas faite pour nous rassurer.
 
2. Ralph Firman.

 
Né le 20 mai 1975 en Angleterre.
Il y a quelques années Ralph Firman était un authentique espoir. Champion de Formule Vauxhall en 1993, champion de F3 anglaise en 1996, ce qui lui valut de recevoir la récompense du jeune pilote de l'année décerné par le magazine Autosport. Mais voilà, Ralph Firman n'a pas brillé depuis. Certes, il a remporté le titre de champion de formule nipponne l'an passé mais après six saisons complètes. En décembre dernier, BAR le convia à un test qu'il accomplit, sans laisser un souvenir indélébile. A voir donc. Il doit en tout cas son baquet à l'ardeur de quelques sponsors irlandais qui ont volé la vedette à ceux, brésiliens, de Felipe Massa.
 
G. Equipe Jaguar-Cosworth.
 
Révolution de palais chez Jaguar. Niki Lauda, Gunther Steiner, Eddie Irvine et Pedro De La Rosa ont fait les frais des mauvais résultats. Profil bas donc pour cette nouvelle saison avec une monoplace conventionnelle.
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1. Mark Webber.
 
Né le 17 août 1976 en Australie.
Essayeur chez Benetton en 2001, Webber a trouvé du service actif chez Minardi l'an passé et l'équipe italienne lui a mis le pied à l'étrier. Car l'Australien s'est avéré un battant en même temps qu'un pilote extrêmement sûr et qui n'a pas manqué l'opportunité de saisir sa chance lorsqu'il le fallait, comme ces magnifiques 2 points à Melbourne. Le voilà intronisé chez Jaguar qui a décidé de trancher dans les salaires de ses employés, ce qui a mis Irvine sur la touche. Webber endosse les habits d'un premier pilote, chez un grand constructeur qui plus est. A lui de prouver qu'il en a l'étoffe.
 
2. Antonio Pizzonia.
 
Né le 11 septembre 1980 au Brésil.
Une filière quasiment idéale : champion de F.Renault en 99 en Grande Bretagne, champion de Grande Bretagne de F3 l'année suivante, F3000 en 2001 et 2002, avec un job de pilote-essayeur chez Williams-BMW, écurie pour le compte de laquelle il a effectué près de 15.000 km de tests. Pour lui comme pour tous les débutants, il va falloir apprivoiser la F1 en qualifications sur un tour, puis le grand prix en peloton, puis la suppression des aides au pilotage. Ce jeune Brésilien d'Amazonie – il est né à Manaus - va devoir apprendre rapidement et sur le tas. Sans expérience donc, il sera donc jugé in situ.

 
H. Equipe Bar Honda.
 
Des pilotes rapides et une nouvelle monoplace revue et corrigée par Geoff Willis (ex-Williams), BAR a, en 2003, des raisons d'espérer. Mais aussi  de douter étant donné le manque de puissance du moteur Honda, et la désastreuse mésentente entre Villeneuve et Button.
 
1. Jacques Villeneuve.
 
Né le 9 avril 1971 au Canada.
Un homme en colère, tel est le Villeneuve que la F1 côtoie depuis trois ans. En colère parce que son équipe a été incapable de lui fournir une bonne voiture et parce qu'elle n'est plus "son équipe", celle où on lui pardonnait tout, en particulier de ne pas vraiment travailler. Mais Panis était là… Aujourd'hui, Villeneuve se retrouve face à Button, qu'il a décidé de manger tout cru, d'autant que celui-ci est le chouchou de David Richards. De quoi faire enrager Villeneuve et de le faire attaquer encore plus. Mais, cher Jacques, il va falloir travailler, car les mauvais résultats traînent en longueur.
 
2. Jenson Button.
 
Né le 19 janvier 1980 en Grande Bretagne.
Button attaque sa quatrième saison de grands prix après une année chez Williams, deux chez Benetton et Renault. Avec Bar-Honda, Jenson découvre une autre équipe où il devrait être choyé, sachant que le n°1, Villeneuve, est en contradiction permanente avec la direction de Bar, notamment le grand patron, David Richards. Pour Button, c'est une situation somme toute à l'inverse de l'an passé chez Renault où, malgré une saison plus fructueuse que celle de Trulli, celui-ci resta le préféré. Mais Jenson est en contrat avec Williams. Cette année sera le vrai révélateur de son caractère et de son talent.
 
I. Equipe Minardi Cosworth.
 
Avec un pilote expérimenté (Verstappen), un jeune espoir avide de prouver son talent (Wilson) et un moteur Cosworth version 2002, Minardi espèrent marquer des points. Mais, l'avenir de la petite équipe italienne est toujours en pointillé.
 
1. Jos Verstappen.
 
Né le 4 mars 1972 aux Pays-Bas.
Nouveau retour du héros des Pays-Bas après une carrière en dents de scie qui depuis 1994 l'a vu chez Benetton puis Tyrrell et Arrows, avec des intérims, chez Stewart notamment. Sa dernière saison complète se déroula chez Arrows en 2001 et s'acheva par un procès avec Tom Walkinshaw qui l'a misérablement éconduit l'an passé, le mettant de force au placard. Jos, ami de Michael Schumacher, n'en a pas moins persévéré et grâce à quelques subsides, il retrouve le chemin des grands prix chez Minardi qui ne fait pas une si mauvaise affaire. Car le garçon, au talent peut-être un peu émoussé, est expérimenté.
 
2. Justin Wilson.
 
Né le 31 juillet 1978 en Grande Bretagne.
Il a une vraie qualité : un gros commanditaire derrière lui, et après tout, c'est bien pour Minardi. C'est ce que l'on peut dire de ce grand garçon (1,92 m.) qui s'est tout d'abord essayé dans toutes les formules de promotion britanniques et n'a emporté qu'un championnat celui des formules Palmer. Puis il arrive en F3000 avec deux saisons sans succès, et enfin il explose lors de la 3e saison, avec le titre, le record de point et de podiums. Etait-ce le déclic ? Pas sûr car l'an passé, il a subi la loi de Frank Montagny, dans la même équipe que lui en Formule Nissan. On le verra donc au pied du mur.
 
J. Equipe Toyota.
 
Pour faire face à sa deuxième saison en formule 1, Toyota ne s'est pas contenté de jouer la carte de la continuité. Panis et Da Matta ont remplacé Salo et McNish, au volant d'une TF103 prometteuse.
 
1. Olivier Panis.
 
Né le 2 septembre 1966.
Une nouvelle saison dans une nouvelle équipe avec de larges perspectives, Panis est un homme neuf. Il a découvert chez Toyota le grand constructeur qu'il attendait, avec des capacités et des ressources extrêmement impressionnantes, notamment dans le domaine technique. Il est donc comblé, tout particulièrement pour ce qu'il aime : tirer la quintessence d'une machine après l'avoir mis au point. Il est de plus investi de la responsabilité de pilote n°1, ce qui n'est pas fait pour lui déplaire. 2003 sera peut-être l'année d'un vrai rendez-vous pour le Grenoblois : il va montrer ce dont il est capable.
 
2. Cristiano Da Matta.
 
Né le 19 septembre 1973 au Brésil.
Il sera intéressant d'observer la première saison de Da Matta en F1. Car ce Brésilien de bientôt 30 ans est plutôt issu, excepté une saison de F3 en Grande Bretagne et une saison de F3000, d'une filière américaine, avec kart et F.Ford au Brésil (titre en 1993), puis la Formule Indylight en 1998 avec le titre, puis le Cart où il effectua de bons résultats pour Toyota. Ce qui l'impliqua directement dans le choix de Toyota F1. Mais la voie Cart puis Formule 1 nous a montré deux types d'exemples : Villeneuve ou Montoya d'un côté, Michael Andretti de l'autre. De qui Da Matta sera le successeur ?





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