Interview d'Olivier Dautrebande coordinateur technique entre Renault F1 Team et ELF.
Vous êtes présent sur les circuits des essais à la course, quel est le rôle de l'équipe ELF durant ces quatre jours ?
Olivier Dautrebande : Tout d'abord, il faut préciser que notre équipe se compose de quatre personnes : le responsable du programme F1 de la direction Compétition, qui assure les relations entre Renault F1 Team et ELF, un ingénieur F1 qui effectue les analyses de lubrifiants et de carburants, un logisticien produits, et moi-même pour la coordination technique entre Renault F1 Team et ELF.
Dès notre arrivée, le jeudi, nous installons un mini-laboratoire dans le stand et, du jeudi au dimanche, à chaque sortie de la voiture, nous prélevons des échantillons d'huile et de carburant. Nous réalisons plus de vingt analyses sur quatre jours. Il s'agit d'établir un diagnostic complet du moteur.
Il faut aussi savoir que Renault attend de notre équipe une grande réactivité : nous devons apporter des réponses rapides à des questions très techniques et souvent inédites.
Le travail des équipes ELF s'arrête sur la ligne d'arrivée ?
Pas du tout ! Dès l'arrivée, la FIA prélève des échantillons de manière aléatoire et vérifie systématiquement le carburant des voitures classées. L'équipe ELF analyse aussi l'huile utilisée afin de vérifier l'usure des pièces et la réaction des lubrifiants. En fonction des résultats, des échantillons peuvent être expédiés au centre de recherche, à Solaize. Il faut déjà préparer la course suivante !
Pour la saison 2004, la FIA prévoit une nouvelle mesure concernant les changements de moteur. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, effectivement, jusqu'à présent on utilisait trois moteurs différents, des essais au jour de la course. Pour la prochaine saison, les écuries n'auront qu'un moteur pour les trois jours. La mécanique devra donc tenir 800 Km sans "casser". En cas de casse, un nouveau moteur pourra être utilisé moyennant une pénalité. Cette mesure est un nouveau challenge pour ELF : il faut nous concentrer davantage sur la diminution de l'usure du moteur avec des lubrifiants toujours plus "costauds". Les analyses de nos ingénieurs seront déterminantes pour savoir si l'on garde ou change le moteur.
Quelle est votre propre mission sur les Grands Prix ?
Je suis présent sur chaque Grand Prix pour assurer la coordination technique entre Renault et ELF. Si un ingénieur ELF détecte un problème dans les analyses, j'interviens pour en informer l'équipe Renault et tenter d'en trouver l'origine. J'essaye aussi d'améliorer la qualité du travail que nous réalisons dans les stands, d'optimiser en permanence les processus mis en œuvre, la sécurité ; et puis j'explique notre métier aux invités qui ont le privilège de visiter le stand, je leur montre qu'ELF, c'est bien plus qu'un sticker sur une voiture, et qu'il y a un réel engagement technique de notre part.
Quelle ambiance règne dans une écurie à l'heure de la course ?
C'est simple, des stands, on peut suivre la course sans écouter la radio ou sans suivre l'écran de contrôle ! L'ambiance qui règne au moment de la course est unique. Les applaudissements ou les visages de déception en disent long sur la qualité de la course et, surtout, sur la position de nos pilotes. D'ailleurs le résultat final influe sur le moral de l'écurie. Un bon résultat engendre un sursaut de motivation auprès d'une équipe, toujours prête à se dépasser pour être la meilleure.