A. Ferrari.
1. Fin de règne ?
En 2003, le couperet est passé bien près. Mais c'était sans compter sur la motivation toujours extrême de Michael Schumacher et sur la capacité de travail de la Scuderia et de Bridgestone. Qu'en sera-t-il en 2004 ? Sans doute le même scénario. A moins que la guerre des pneumatiques n'ait raison de la dream team.
2. Nouveautés pour 2004.
"La F2004 est la grande sœur de la 2003-GA" dit Ross Brawn, le directeur technique de la Scuderia. Au sensationnel, à l'innovant, ainsi se présentait la voiture de l'an passé, Ferrari a joué cette fois la carte de la raison en faisant évoluer un concept, champion du monde, rappelons-le, à l'instant où les grandes écuries concurrentes font la révolution. La 2004 présente toujours les mêmes pontons trapézoïdaux de la 2003-GA mais ils sont affinés, plus bas vers l'arrière et encore plus resserrés autour de l'axe longitudinal. Le barycentre a été abaissé, les suspensions, à barres de torsion, devraient mieux répondre à l'utilisation des pneus Bridgestone. Nouvelle boîte de vitesses, nouveau moteur, le 053 sur lequel la fiabilité et la souplesse ont été les axes de travail plus que la puissance pure, telles sont les points forts de cette machine. Quant à l'équipe elle-même, la stabilité du trio Brawn-Byrne-Martinelli autour de Jean Todt est son incontestable point fort.
3. Les pilotes.
Michael Schumacher : Vaincre, encore et toujours.
Allemand. Né le 3 janvier 1969 à Hürt-Hermülheim.
Grands prix disputés : 194.
Titres : 6 (1994, 1995, 2000, 2001, 2002, 2003).
Lors du baptême de sa voiture, il affichait une sérénité qui en dit long sur son état d'esprit. Il n'a plus envie de se soumettre à toutes les exigences de la F1, il veut seulement continuer à piloter toujours mieux, il veut montrer qu'il est encore le meilleur. C'est le propre des grands champions que de savoir mesurer en permanence leur vraie valeur. Il reste la vedette incontestable : qui pourra le contester ?
Rubens Barrichello : Confirmation attendue.
Brésilien. Né le 23 mai 1972 à Sao Paulo.
Grands Prix disputés : 178.
Meilleur classement au championnat : 2e, en 2002.
On l'imagine aisément, Rubens veut rester sur la lancée du dernier grand prix du Japon où il a apporté sa vraie quote-part au titre mondial de Ferrari. Pas de doute : il a conquis là une nouvelle stature. Sans rejoindre son équipier dans le domaine de la performance pure, il a démontré une grande habileté à se jouer des difficultés lorsque Schumacher balbutiait. Bref : une année "Barrichello" ?
B. Williams-BMW.
1. Leçons retenues.
"Nous avons connu la plus longue période de l'histoire de l'écurie sans titre mondial. Ça suffit." Patrick Head, comme l'écurie Williams toute entière, ne vise qu'une chose en 2004 : les deux couronnes. L'échec de 2003 analysé, l'écurie britannique compte ne pas répéter les mêmes erreurs. Réussir son début de saison et ne pas se perdre dans des stratégies de course hasardeuses : Williams aura alors tout pour battre Ferrari.
2. Nouveautés pour 2004.
Avec la FW26, Williams est entrée dans l'ère des ruptures. Cette équipe qui a souvent eu tendance à faire du classicisme une façon de penser relève le défi de la vraie modernité. Il eut été tellement simple de faire dériver la FW26 de la 25 qui fut une fort bonne machine puisqu'elle a terminé la saison 2003 sur les talons de la Ferrari ! L'équipe de Grove ne l'a pas fait, au contraire elle a préféré laisser libre cours à l'imagination de ses ingénieurs, ou plutôt d'une ingénieur, une femme, Antonia Terzi, ex-Ferrari et chef-aéro chez Williams. Il en résulte un châssis de facture classique mais habillé d'une aérodynamique qui sort de l'ordinaire. Le capot avant de la Williams FW26, qui favorise l'entrée massive du flux d'air sous la voiture, là où il est primordial, sera peut-être la panacée des années à venir. L'autre argument de la Williams est son moteur qui paraît être le plus puissant du plateau puisqu'il revendique 900 chevaux. Un chiffre qui parle et qui dit la volonté de réussir de BMW.
3. Les pilotes.
Juan Pablo Montoya : Progresser.
Colombien. Né le 20 septembre 1975 à Bogota.
Grands Prix disputés : 50.
Meilleur classement au championnat : 3e en 2003 et 2002.
Une année décisive pour le Colombien. Décisive parce que Juan Pablo a montré tout ce qu'il savait faire en matière de pilotage, c'est à dire de bravoure et d'habileté mais qu'il avait encore à apprendre dans la gestion des courses. Il a terminé à bride abattue l'an passé, mais, comme pour le lièvre de la fable, il était trop tard. Il doit retenir la leçon, les plus grands l'ont fait avant lui.
Ralf Schumacher : Le mal-aimé.
Allemand. Né le 30 juin 1975 à Kerpen.
Grands Prix disputés : 115.
Meilleur classement au championnat : 4e en 2001 et 2002.
Il est le mal-aimé. A tort, car il s'est montré compétitif sur bien des points l'an passé, et malgré quelques fautes, il a su saisir de véritables opportunités. Il a même paru plus mûr que son équipier alors qu'il est encore considéré comme le jeunot de la troupe. L'affaire "Montoya-McLaren" lui a peut-être redonné des ailes car durant les essais intersaison, il s'est montré d'une rare constance.
C. McLaren-Mercedes.
1. Prêt dès Melbourne.
Les faiblesses du passé sont souvent les forces du présent. Comme chez McLaren, où le retard accumulé sur la MP4-18 a finalement permis à la MP4-19 de se lancer dans la bataille plus d'un mois avant la concurrence. D'où une voiture qui devrait être au point dès Melbourne.
2. Nouveautés pour 2004.
L'écurie a-t-elle péché par excès d'orgueil en menant deux programmes de front (MP4-17D et MP4-18) ou bien par manque de constance avec des fautes tactiques alors qu'elle disposait, avec la MP4-17D d'une voiture efficace ? Le programme 18 a eu du bon cependant : il a permis d'éviter des erreurs sur la MP4-19. Cette dernière n'est pas la copie conforme de la 18, mais une toute nouvelle voiture, moins radicale. Une autre question se pose : l'équipe de Ron Dennis a-t-elle retrouvé la sérénité nécessaire aux grande conquêtes ? C'est ce qui lui a manqué en 2003, notamment à cause de la construction de la nouvelle usine qui a mobilisé des énergies. Par parenthèses, on sait aujourd'hui que la Formule 1 restera dans l'usine de Woking car il n'y aurait plus, dit-on, de budget nécessaire au déménagement vers Paragon, le nouveau joyau du site. Quant à Mercedes, il paraît que le moteur Ilmor accuse près de 50 chevaux de moins que le BMW. L'affaire ne se présente pas très bien, n'est-ce pas ?
3. Les pilotes.
David Coulthard : La dernière chance.
Ecossais. Né le 27 mars 1971 à Twynholm.
Grands prix disputés : 157.
Meilleur classement au championnat : 2e en 2001.
Il est, derrière Schumacher et Barrichello, le troisième pilote le plus expérimenté du plateau. Il a réussi ce tour de force de rester une année de plus chez McLaren car il est dans les bons papiers de Ron Dennis, il est le fils de la maison. Il est également une vedette, il connaît le terrain et son expérience doit aider. Sinon, dans le domaine de la performance, il a été blackboulé par Räikkönen.
Kimi Raikkönen : Objectif titre.
Finlandais. Né le 17 octobre 1979 à Espoo.
Grands Prix disputés : 50.
Meilleur classement au championnat : 2e en 2003.
Lutter pour le titre contre Schumacher jusqu'au dernier grand prix, c'est une référence et elle définit la vraie stature acquise par "Baby face Kimi" l'an passé. Un guerrier, capable des plus grands exploits. Encore quelques petites fautes bien sûr, qui lui ont coûté gros, mais s'il parvient à dépasser ce stade, Raikkonen deviendra l'égal de son compatriote Hakkinen, c'est à dire des plus grands.
D. Renault.
1. Objectifs ambitieux.
Difficile dans le clan Renault de ne pas viser haut pour 2004. Tout d'abord, car la saison 2003 a laissé entrevoir de belles choses, ensuite car Patrick Faure entend jouer le titre dès la saison prochaine, et enfin car Alonso irait voir ailleurs en cas de désillusions. Reste à savoir comment a été négocié le changement radical de philosophie moteur.
2. Nouveautés pour 2004.
La progression continue : "Nous avons rendu le projet à temps, nous avons construit le châssis et le moteur dans les délais, la voiture a roulé à la date prévue, nous avons fait preuve d'efficacité et cette efficacité, c'est la marque des top teams". Flavio Briatore est fier de son équipe, d'autant plus fier que la nouvelle R24 s'est avérée compétitive lors de ses premiers tours de roue. Et cela sous-entend que ses décisions (le départ de grand Jean-Jacques His, la promotion de Bob Bell après le départ de Mike Gasgoyne) lui donne raison. Du coup, Patrick Faure, le président de Renault-Sport, se laisse aller à l'optimisme : "Renault-Sport a toujours eu dans son histoire des objectifs ambitieux, nous ne voulons ni reculer, ni faire du sur place, nous ne sommes pas là pour ça". Cible : la 3e place du championnat du monde, pilotes ou constructeurs. Le vrai changement concerne la R24, réellement léchée, autour du tout nouveau moteur en V à 72 degrés, extraordinairement compact, et plus apte à des accroissements de régime que feu le 111 degrés.
3. Les pilotes.
Jarno Trulli : Franchir un cap.
Italien. Né le 3 juillet 1974 à Francavilla.
Grands Prix disputés : 111.
Meilleur classement au championnat : 6e en 2002 et 2003.
Une année réellement déterminante pour Jarno. Il doit franchir un cap néfaste : en début d'année, il se tourmente et, par là, tourmente son équipe. Trop cérébral, dirait le psy. Après quoi, il fait des parcours sans faute mais il est souvent trop tard. Sa première victoire lui a échappé de peu la saison dernière, et c'est Alonso qui l'a coiffé sur le fil. Trulli a promis qu'il avait changé. Tant mieux.
Fernando Alonso : Le signe des champions.
Espagnol. Né le 29 juillet 1981 à oviedo.
Grands Prix disputés : 32.
Meilleur classement au championnat : 6e en 2003.
Derrière un sourire angélique, c'est le diable. Un coléreux, un cabochard, un mauvais coucheur même. Il est de la race des vainqueurs et il l'a rapidement démontré l'an passé en marquant son territoire non seulement au sein de l'équipe Renault, mais dans le cirque des grands prix tout entier. Il possède la vitesse, la bravoure, l'habileté, et il n'a jamais manqué la moindre opportunité.
E. Bar-Honda.
1. Une nouvelle ère.
En quelques mois, Bar s'est séparée de son fondateur, Craig Pollock, et de son pilote vedette Jacques Villeneuve. Une nouvelle ère débute sous l'influence croissante, financière, technique et politique, de Honda. Le début de la collaboration avec Michelin est une raison de plus d'espérer.
2. Nouveautés pour 2004.
Après une période agitée, qui trouvait son origine dans la mésentente entre Jacques Villeneuve et David Richards, l'équipe Bar-Honda vient d'entrer dans sa deuxième vie. Richards est toujours aux commandes, Villeneuve est parti et Geoff Willis a eu tout le loisir de concevoir la voiture de son choix. Résultat : la 006 n'a cessé de battre record sur record à Barcelone. Des progrès ont été accomplis sur la rigidité du châssis, son centre de gravité abaissé et son poids réduit (grâce à l'utilisation d'une nouvelle boîte de vitesses en carbone et pignons allégés, et l'usage intensif de l'alliage Metal Matrix). Voilà qui permet de déplacer le lest à volonté et de mieux utiliser la deuxième vraie grande nouveauté de la voiture : ses pneus Michelin. L'un des responsables de l'équipe décrit ainsi la scène : "Regardez nos ingénieurs lorsqu'ils sortent d'un briefing Michelin : ils rient, ils sont heureux". Honda a construit un nouveau moteur, dérivé du 2003 dans ses dernières spécifications, mais plus léger et plus compact.
3. Les pilotes.
Jenson Button : Un pilote méritant.
Anglais. Né le 19 janvier 1980 à Frome.
Grands Prix disputés : 66.
Meilleur classement au championnat : 7e en 2002.
Il est la coqueluche des jolies femmes en général et des medias britanniques en particulier. Mais il n'est pas qu'un play boy. Il est aussi un pilote qui s'est distingué en prenant deux fois de suite la tête d'un grand prix l'an passé, ce qui signifie qu'il a su tirer le maximum de sa modeste machine. Button est un rugueux, un accrocheur qui mérite une bonne voiture pour briller à son vrai rang.
Takuma Sato : Un vrai talent.
Japonais. Né le 28 février 1977 à Tokyo.
Grands Prix disputés : 18.
Meilleur classement au championnat : 17e en 2002.
Un Japonais nerveux, et, si l'on en juge par ses résultats, un spécialiste du grand prix… du Japon à Suzuka, le seul circuit où il ait marqué des points. C'est tout de même une référence, elle dit le talent de Sato, et sa volonté de le décupler devant son public. Mais il lui faut désormais passer à la vitesse supérieure et se montrer plus homogène dans son pilotage comme dans son approche de la course.
F. Sauber-Petronas.
1. Un nouveau départ.
Sauber doit repartir après avoir stagner depuis quelques saisons, notamment dans le domaine technique. La saison 2003 a été très difficile, mais pour préparer 2004, l'écurie suisse a pu compter sur le soutien de Ferrari. La nouvelle C23 est la copie conforme de la F2003 GA et pourrait permettre à Fisichella de briller.
2. Nouveautés pour 2004.
Sauber a connu bien des déboires l'an passé. Ses maux ont une source : le mauvais étalonnage de sa nouvelle soufflerie. 2004 aurait donc pu s'avérer proprement catastrophique. Heureusement, la sœur aînée était là, la Scuderia bien sûr. Elle a prêté ce qu'il fallait de plans, prodigué ce qu'il fallait de conseils et de notes de soufflerie sur la base d'une 2003 GA. Tout d'abord parce que Sauber est un partenaire de longue date, sept ans déjà avec le moteur Ferrari rebaptisé Petronas, ensuite parce que l'équipe suisse peut fournir une aide précieuse dans le cadre de la guerre des pneus. La saison passée a démontré que Ferrari s'est retrouvé trop isolé dans le camp Bridgestone. Cette année, le moteur Petronas sera un Ferrari 053, le même que sur la F2004, développé dans le cadre de la réglementation du moteur unique pour le week-end. Jusque-là, Petronas devait se contenter du moteur de l'année précédente.
3. Les pilotes.
Giancarlo Fisichella : Enfin du calme.
Italien. Né le 14 janvier 1973 à Rome.
Grands Prix disputés : 123.
Meilleur classement au championnat : 6e en 2000.
Cet orfèvre du pilotage a besoin de calme et de stabilité pour s'exprimer pleinement : il va enfin retrouver cette ambiance chez Sauber-Petronas après les turbulences financières de Jordan. Même s'il a gagné son premier grand prix chez Eddie! Peter Sauber a toujours voué une grande admiration à "Fisico" et celui-ci peut se dire qu'il conduit pour la deuxième équipe Ferrari. La nouvelle association démarre donc sur les meilleures bases et d'avance, les amateurs peuvent savourer leur plaisir.
Felipe Massa : Retour à la case départ.
Brésilien. Né le 25 avril 1981 à Sao Paulo.
Grands Prix disputés : 16.
Meilleur classement au championnat : 13e en 2002.
Massa avait fait forte impression pour ses débuts chez Sauber en 2002, mais il avait également cassé beaucoup de bois en se chipotant avec Heidfeld. Il a été contraint de mettre pied à terre en tant que titulaire pour rebondir en essayeur chez Ferrari l'an passé. Or, dans la Scuderia, on ne s'amuse pas à casser les voitures. Massa nous revient donc en plus calme, en plus raffiné, sans avoir perdu sa motivation. Le voici donc prêt pour une saison décisive.
G. Jaguar-Cosworth.
1. De la modestie
La nouvelle équipe dirigeante (Parry-Jones, Purnell, Pitchforth) a redonné de la crédibilité à Jaguar en formule 1 après trois saisons catastrophiques. Pour 2004, la même philosophie demeure, la modestie. Un budget toujours aussi faible, et une voiture classique… Mark Webber et Christian Klien ont d'abord pour mission de finir les courses et marquer des points.
2. Nouveautés pour 2004.
Après une saison 2003 plus qu'erratique, Jaguar va peut-être retrouver un peu de calme. Il faut dire qu'entre la mise à l'écart de cadres dirigeants comme Niki Lauda juste avant la saison, et la mise à pied d'un pilote, Antonio Pizzonia, en pleine saison, il y avait de quoi se demander qui dirigeait Jaguar. Tony Purnell, le grand patron du groupe Premier Performance Division, filiale de Ford à 100% et qui regroupe entre autres Aston Martin, Jaguar et Volvo, a repris les affaires en mains. L'équipe qu'il dirige aujourd'hui (David Pitchforth, Ian Pocock et l'aérodynamicien Ben Agathangelou) paraît nettement plus solide. Les trois hommes n'ont pas caché que la nouvelle R5 était dérivée de la R4 de l'an passé, la voiture de la deuxième partie de saison évidemment, celle qui a commencé à obtenir des résultats. Cosworth a également travaillé sur le nouveau moteur, le CR6, toujours en V à 90 degrés, lui aussi dérivé du 10 cylindres de l'an passé. La R5 n'est donc pas révolutionnaire mais Jaguar espère acquérir une vraie base de travail, sans trop dépenser d'argent.
3. Les pilotes.
Mark Webber : Statut à confirmer.
Australien. Né le 17 août 1976 à Queanbeyan.
Grands Prix disputés : 32.
Meilleur classement au championnat : 10e en 2003.
Deux saisons de grands prix pour cet Australien qui fait partie des grands espoirs de la F1. Il a montré l'an passé chez Jaguar une réelle capacité d'adaptation, sachant réagir à tous les types de situations, même les plus difficiles, et elle n'ont pas manqué dans l'écurie britannique. Ensuite, il a effectué, quand sa machine le lui permettait, des performances de toute beauté. On attend beaucoup de lui.
Christian Klien : Un nouveau prodige ?
Autrichien. Né le 7 février 1983 à Hohenems.
Une vraie promotion dans le bon sens du terme : le jeune Autrichien voit s'ouvrir devant lui une réelle perspective d'avenir en accédant directement à la F1 au sortir de la F3. Une discipline dans laquelle il a particulièrement brillé : 2e du classement Euroseries, meilleur débutant et vainqueur des Masters de Zandvoort. Son objectif cette année : "Ne pas faire de faute et marquer des points", dit-il.
H. Toyota.
1. Progrès attendus.
Des moyens financiers colossaux, un effectif pléthorique, une usine immense… Tout cela fait souvent oublier que Toyota entame cette année seulement sa troisième saison en F1. D'où des erreurs, des passages à vide et une fiabilité difficile à trouver. Mais Toyota apprend, se réorganise, sous la direction de Mike Gascoyne. Attention, la machine est peut-être lancée.
2. Nouveautés pour 2004.
L'équipe japonaise a amorcé sa révolution et celle-ci est perceptible sous divers aspects : mise à l'écart d'Ove Anderson, remplacé par Tsutomu Tomita, arrivée de Mike Gascoyne, ingénieur de renom et qui sera plutôt un fédérateur des différents talents, autant de responsables qui par ailleurs rendront directement compte aux grands patrons de Toyota au Japon. Somme toute, une structure digne du numéro 2 mondial de l'automobile. Pour le reste, et Gascoyne étant arrivé à Cologne en phase finale du projet, la voiture est extrêmement classique. La TF104 ne possède aucune idée nouvelle par rapport à sa devancière. Par exemple, l'abandon des doubles déflecteurs au profit de deux petits déflecteurs à l'intérieur de la suspension et d'une ailette à l'entrée du ponton, avait déjà fait son apparition à Hockenheim. Parmi les nouveautés, notons les casquettes d'échappements nettement plus hautes et rapprochées du capot moteur. Pour le reste, la TF104 arbore les aménagements réglementaires.
3. Les pilotes.
Cristiano Da Matta : Ambition accrue.
Brésilien. Né le 19 septembre 1973 à Belo-Horizonte.
Grands Prix disputés : 16.
Meilleur classement au championnat : 13e en 2003.
Il a effectué une première saison tout à fait honorable l'an passé, et il s'agissait pourtant de sa saison d'apprentissage. Il n'a pas démérité, il a commis des erreurs, il ne devrait pas les refaire. Pourtant, la pression sera plus forte, car Toyota veut arriver à de grands résultats. A lui donc d'effectuer les performances pour accéder à un niveau supérieur qui le maintiendrait à coup sûr en F1.
Olivier Panis : Toujours motivé.
Français. Né le 2 septembre 1966 à Lyon.
Grands Prix disputés : 141.
Meilleure qualification : 3e (U.S.A., 2003).
Panis n'a pas acquis les résultats qu'il souhaitait l'an passé. C'est une injustice car il a été trahi par la mécanique plus souvent qu'à son tour (pas moins de six abandons sur panne). La réorganisation de l'équipe Toyota devrait pallier cela et Olivier devrait obtenir de meilleurs résultats. Car derrière une façade faite de calme et de placidité, le Français est en réalité un accrocheur et un battant.
I. Jordan-Ford.
1. Résurrection ?
Une victoire et l'enfer. Voilà à peu près comment qualifier la saison 2003 de l'écurie Jordan, engluée en fond de classement. Seul un coup de main de la météo et l'incroyable talent de Fisichella ont permis de sauver les meubles. Mais les difficultés financières demeurent, et Fisichella est parti. Dommage pour Heidfeld, son remplaçant.
2. Nouveautés pour 2004.
Du côté de Jordan, l'optimisme est de rigueur comme dans beaucoup d'autres équipes à cet instant de la saison. Le directeur technique de l'équipe de Silverstone, James Robinson, y est allé de son : "En vingt ans de course, je n'ai jamais vu une voiture si rapidement assemblée et qui a tourné avec si peu de problèmes lors de son baptême de la piste". A partir de là, on peut effectivement tout espérer. Néanmoins, il convient de ne pas se leurrer : Eddie Jordan est aux abois dans le domaine du budget et son principal sponsor, manufacturier de tabacs, a revu son aide à la baisse. Dans cette adversité, Eddie fait beaucoup avec peu et son équipe également. L'EJ14 est une voiture dérivée de l'EJ13 de l'an passé, avec les modifications qu'imposent les nouveaux règlements et une mise au goût du jour de l'approche aérodynamique. Avec le moteur Ford RS2 (l'autre appellation du Cosworth CR6 de l'équipe d'usine, c'est-à-dire Jaguar), Jordan dispose du nouveau V10 de Cosworth, et donc d'une meilleure chance de bien figurer.
3. Les pilotes.
Nick Heidfeld : Espoir déçu.
Allemand. Né le 10 mai 1977 à Mönchengladbach.
Grands Prix disputés : 66.
Meilleur classement au championnat : 8e en 2001.
En quatre saisons, Heidfeld a presque dégringolé la pente et si son talent réel ne l'avait pas sauvé, il ne piloterait plus de F1. Sans doute ce parfum de malchance, non pas en course mais dans sa carrière, qui s'attache à ses pas. Espoir de McLaren et Mercedes, il s'est vu préféré Raikkonen, et ainsi de suite. Dommage. C'est peut-être sa discrétion qui le pénalise. A moins que ce ne soit sa nonchalance.
Giorgio Pantano : Le nouveau Mark Webber ?
Italien. Né le 4 février 1979.
Giorgio Pantano est un peu le nouveau Mark Webber. Son parcours ressemble en tout cas énormément à celui de l'Australien. Pantano est très talentueux et ce n'est que justice si aujourd'hui il est aligné en grand prix. Il devrait donner du fil à retordre à Heidfeld. Ce sera en tout cas une belle confrontation.
J. European Minardi-Cosworth.
1. Tout pour la fiabilité.
Un hiver quasiment sans essais, une nouvelle voiture qui tarde à se dévoiler, des problèmes financiers… Les années se suivent et ressemblent pour l'écurie Minardi. Malgré cela, elle n'abandonne pas, et s'alignera à Melbourne avec la même envie. Celle de marquer au moins un point après une saison 2003 de disette. Minardi compte beaucoup sur la nouvelle réglementation et sa fiabilité pour sauver sa saison.
2. Nouveautés pour 2004.
A l'heure où nous imprimions ce guide de présentation de la saison, la nouvelle Minardi PS04B n'avait pas encore pris la piste. L'écurie italienne a beaucoup hésité avant de décider de son option technique pour 2004. En effet, pour succéder à la PS03, Minardi avait deux options : aligner une PS04, dérivé de l'Arrows A 23, que pilotaient Frentzen et Bernoldi en 2002, (Paul Stoddart a acheté plusieurs châssis Arrows après la faillite de l'écurie de Tom Walkinshaw) ou bien une nouvelle monoplace. Après plusieurs tests de comparaison, Stoddart a abandonné l'idée de faire courir l'Arrows A23. Gabriele Tredozzi, directeur technique, s'est attelé à faire évoluer la monoplace de 2003 avec pour piorité absolue la fiabilité, un domaine où Minardi occupe les avants-postes. Côté moteur, Minardi doit se contenter d'une modeste évolution (quelques chevaux en plus) de son vieux Cosworth CR3. Il s'agit encore d'un 72 degrés alors que Cosworth entame sa deuxième saison avec le 90 degrés.
3. Les pilotes.
Gianmaria Bruni : Le nouvel espoir italien.
Italien. Né le 30 mai 1981 à Rome.
L'écurie italienne est "LE" vivier de jeunes talents de la formule 1. Et ce malgré des difficultés financières qui pourraient la condamner à des pilotes payants au talent moindre. Gianmaria Bruni est l'espoir italien que Minardi veut promouvoir. Brillant lors des essais du vendredi matin qu'il a réalisés à quelques occasions l'an passé, il a rapidement gagné sa place en grand prix. L'Italie en attend beaucoup. A surveiller de très près.
Zsolt Baumgartner : Manque de repère.
Hongrois. Né le 1er janvier 1981 à Budapest.
Grands Prix disputés : 2.
Meilleur classement au championnat : 24e en 2003.
Le premier Hongrois de la Formule 1 moderne. Car avant lui dans l'histoire il y a eu le célèbre Szis. Baumgartner a fait preuve de courage. Ou d'inconscience en débutant un samedi au warm up avant les qualifications pour remplacer au pied levé Firman accidenté. Il a disputé deux grands prix, Budapest et Monza dans des conditions difficiles et il ne serait pas honnête de le comparer à Fisichella. Presque trois secondes en qualification, la note était en fait salée.