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Editorial

Une nouvelle Formule 1.

Dire que Michael Schumacher sera l'homme à battre en 2005, que la Scuderia Ferrari sera très forte mais que Kimi Raikkonen, Fernando Alonso ou Juan Pablo Montoya, par le biais des équipes McLaren-Mercedes et Renault, ne se laisseront pas dévorer tout cru, et que Williams-BMW redressera la barre, autant d'évidences qui pourraient vous faire croire que rien n'a changé sous le soleil de la Formule 1. Même chose pour les équipes qui viennent de renaître, comme Midland-Jordan et Red Bull. Même chose enfin pour la politique : nous voilà repartis pour des mois de controverses entre les parties prenantes des Accords Concorde, la FIA, la FOM, Ferrari, les autres… Bref, j'entends déjà vos soupirs de découragement.

Pourtant, même si cela est vrai, il y a tout de même autre chose. En premier lieu, deux infos glanées dans le secret des essais préliminaires qui se déroulent à Jerez ou à Barcelone. Tout d'abord sur la nouvelle Renault : elle affiche de très jolies performances, mais elle vaut beaucoup mieux que cela. Une vraie bombe, comme on dit dans le jargon automobile. Puis sur la nouvelle Bar-Honda : elle serait hélas moins performante que prévue pour diverses raisons et notamment des raisons politiques. Voilà qui change sérieusement la donne.
 
Mais le plus important cette année, ce n'est pas cela. Le plus important est ce que vous allez lire dans ce guide au chapitre de la nouvelle réglementation. En effet, si les changements pour 2005 sont peu nombreux par rapport à 2004, ils seront en revanche lourds de conséquences. Et s'il fallait résumer la situation, on peut raisonnablement écrire que les petites fautes vont causer les gros ennuis. Aileron avant relevé, aileron arrière rapporté vers le centre, diffuseur réduit, soubassement raccourci, les Formules 1 seront plus nerveuses, plus complexes à maîtriser et pardonneront encore moins les approximations.
 
Un seul train de pneus pour les qualifications et la course, c'est encore plus significatif. "On ne pourra plus piloter dans tous les coins", c'est l'expression même de Michael Schumacher qui signifie qu'on ne pourra plus s'appuyer sur les bordures, escalader les vibreurs, freiner trop tard. Et la vraie surprise, elle se tiendra dans les derniers tours de course, à l'instant où les pneus, trop maltraités, s'effondreront. Pas question de les changer puisque c'est interdit et qu'à tout le moins ça coûtera beaucoup de secondes. La plupart des ingénieurs pensent que la Formule 1 va entrer dans une ère nouvelle. Personne ne s'en plaindra, et encore moins les amateurs comme vous et moi. 
 
Par Jean-Louis Moncet, Sport-Auto et T.F.1..





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