Handicapzéro : Quel a été votre parcours avant d'arriver en Formule 1 ?
Heikki Kovalainen : Je suis membre de la "Famille" Renault depuis 2002, année où j'ai rejoint le RDD, programme Renault pour le développement des pilotes. Depuis cette époque, Renault s'est occupé de ma carrière et a fait les bons choix pour mon évolution : d'abord la Formule 3, puis en World Series, le GP2 également et une saison en tant que pilote d'essai. En 2002, j'ai dit à Flavio que j'étais prêt à courir mais il m'a fait patienter en me faisant tourner et tourner sur les circuits, il m'a aussi appris ce qu'était le véritable job d'un pilote de Formule 1. Maintenant, je me sens totalement prêt pour mon 1er Grand Prix.
HZO : Avez-vous beaucoup de pression pour vos débuts en Formule 1 dans l'écurie double championne du monde ?
H. K. : La pression vient de moi, pas de l'équipe. L'année dernière, la pression était bien plus importante : l'évolution de ma carrière dépendait du travail à accomplir, des performances. J'y suis parvenu, l'équipe me fait confiance à présent, à mon tour de prouver à tout le monde que l'équipe avait raison. Pour être honnête, c'est une occasion fantastique pour moi d'être chez Renault. Après tout, combien de jeunes pilotes, dès leur première saison, ont l'opportunité de conduire une voiture qui peut gagner. C'est quelque chose, je suis déterminé à en tirer le meilleur parti.
HZO : Pensez-vous que le fait de ne pas connaître tous les circuits du championnat du monde constitue pour vous un handicap ?
H. K. : Pour être honnête, je pense que ma situation est plutôt assez bonne cette année. Tout d'abord, je connais tous les circuits européens et celui de Bahrain avec les courses en GP2. En Malaisie, je testerai le circuit avant la course, une bonne occasion de se familiariser avec le tracé. En plus, cette année, les pilotes disposent de plus de temps pour tester chaque circuit lors des essais du vendredi : il y a maintenant, 2 sessions de 90 minutes avec un kilométrage illimité. Ca signifie que je me serai complètement familiarisé avec le circuit pour la qualification du samedi.
HZO : Est-ce que le passage de Michelin à Bridgestone va être un handicap pour Renault (notamment par rapport à Ferrari) ?
H. K. : Je ne sais pas si ce sera un handicap, mais c'est certainement un grand défi. Il est facile de sous-estimer l'importance que le changement de pneus peut avoir, ça a une grande influence sur la voiture à de nombreux points. Les pneus sont nouveaux pour toutes les équipes car ils sont très différents de ce que Bridgestone produisait dans le passé. Néanmoins, je suis sûr que Ferrari aura une tête d'avance sur les équipes qui roulaient en Michelin, principalement grâce aux rapports privilégiés qu'ils ont avec Bridgestone. Mais nous avons fait un travail de qualité pour nous adapter aux pneus et nous avons également beaucoup appris sur leurs caractéristiques. J'espère que nous serons au niveau de Ferrari quand nous arriverons à Melbourne.
HZO : Quels sont vos principaux rivaux (écurie et pilotes) ?
H. K. : Je ne sais pas, c'est très difficile de prévoir à l'heure actuelle. McLaren sera fort avec Alonso, Ferrari très bon et j'espère que Renault sera également à un haut niveau dans la compétition. Mais qui va être dans la course à la victoire ? Impossible à dire, il faut attendre la première course, nous verrons ce qui va se passer lors des qualifications. Nous pourrons savoir qui seront les principaux pilotes à prétendre au titre de cette nouvelle saison.