Bienvenue en 2007. La saison qui s'annonce est un énorme point d'interrogation. Rarement un début de championnat aura suscité autant de questions, de commentaires, d'attentes. La hiérarchie 2006 vole en éclats et chacun tient à saisir sa chance.
Selon moi, les favoris n'ont pas changé : Renault, Ferrari et McLaren. Reste à savoir dans quel ordre. Les champions en titre tablent sur une philosophie technique inchangée, mais leur tandem de pilotes doit encore faire ses preuves.
Giancarlo Fisichella aura-t-il la carrure d'un leader après avoir été parfois critiqué, y compris en interne ? Les premières courses seront décisives pour l'Italien, qui aura besoin de se sentir aimé et respecté. Heikki Kovalainen, son coéquipier, débute avec moins de pression, selon le discours officiel. Car je crois que la barre a été mise très haut pour le Finlandais. Renault a déjà montré, l'année dernière, que sa confiance pouvait chanceler sous la pression. En 2007, il faudra rester zen…
La Scuderia, quant à elle, accueille Kimi Räikkönen. Le Finlandais devra trouver sa place dans une structure qui a perdu 3 de ses personnages clés : Michael Schumacher, Ross Brawn et Paolo Martinelli. Pas évident. Massa, aujourd'hui rapide, fiable et intégré au système Todt, n'est pas à écarter. Il peut surprendre.
Quelques observateurs craignent que le tandem de Maranello n'ait pas la sensibilité technique nécessaire pour développer une monoplace. Mais les outils à la disposition des ingénieurs sont tellement sophistiqués que ce talent n'est plus aussi déterminant que par le passé.
Techniquement, la F2007 semble représenter un grand pas en avant et démontrer que Ferrari n'est pas restée inactive cet hiver : la Scuderia n'a pas hésité à retoucher des paramètres aussi déterminants que l'empattement pour gagner en performances.
Révélateur : Ferrari a faim ! McLaren complétera sans doute le trio. L'équipe de Woking aura-t-elle enfin produit une monoplace capable de viser la victoire ? Si oui, alors, Fernando Alonso, qui a toujours rêvé de rejoindre Ron Dennis, pourrait se montrer redoutable. L'espagnol est un électrochoc pour McLaren, qui avait besoin de repartir sur de nouvelles bases. Lewis Hamilton, quant à lui, devrait réaliser quelques coups d'éclat si son coup de volant est à la hauteur du potentiel qu'il a laissé entrevoir en GP2. La nouvelle génération joue des coudes…
Quelques invités surprise, enfin, pourraient ne pas faciliter la tâche au trio de tête : Honda et BMW seraient capables de confirmer leur montée en puissance. N'oublions pas Red Bull, dont la RB3 est dessinée par Adrian Newey et motorisée par Renault, ou Toyota, qui voudra prendre sa revanche sur une année 2006 décevante.
Cependant, même si ces dernières équipes ont les dents longues, il y a un monde entre prétendre au titre et viser podiums ou victoires de manière occasionnelle. Au final, ces changements auront une conséquence importante : le retour du facteur humain. Les performances des machines seront proches et le moindre détail fera la différence.
Qu'il s'agisse du talent naturel, de la condition physique, de la vision de la course ou de la solidité psychologique, le pilote retrouvera un rôle prépondérant dans le résultat final. Il était temps !
Sportivement, Alain Prost.