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Créations originales

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A partir du lundi 12 à 20h50.
Engrenages – saison 2.

La première saison avait prouvé qu'une fiction française est capable de rivaliser avec les modèles anglo-saxons. "Engrenages" saison 2 enfonce le clou en explorant les jeux dangereux auxquels se livrent les flics et la magistrature dans leur combat contre le trafic de drogue. Attention, cette série rend complètement accro.

Si, un jour, on vient à parler de "french touch" à propos des séries télé, il faudra penser à remercier les auteurs d'"Engrenages". Dès la première saison, en explorant les relations de policiers et de magistrats sur fond de meurtre et de complot politique, en campant des personnages aux antipodes des caricatures habituelles, et en nous entraînant avec réalisme dans les méandres du système judiciaire, ils ont su revisiter complètement le genre de la série judiciaire.
L'accueil fut si bon qu'"Engrenages" a été la première série française vendue à la BBC. Elle a même été diffusée au Japon. La même équipe répond donc à l'appel pour la saison 2. Et quelques ajustements d'écriture (plus de suspense), de mise en scène (plus viscérale) et une nouvelle intrigue achèvent de faire d'"Engrenages" une réussite.

Ecoutes, filatures, infiltrations, gardes à vue…
 
Ils sont six. Six personnages ambigus mais attachants, plus ou moins bien armés contre les rouages du système et ses compromissions morales. Il y a Joséphine Karlsson (Audrey Fleurot), l'avocate arriviste ; François Roban (Philippe Duclos), le juge d'instruction inflexible ; Laure Berthaud (Caroline Proust), le capitaine de police intègre et frondeur ; les lieutenants Fromentin (Fred Bianconi) et Lemaire (Thierry Godard) ; et enfin Pierre Clément (Grégory Fitoussi), jeune substitut du procureur dont les illusions s'étiolent à mesure qu'il se perd dans l'engrenage des tribunaux. Après une affaire de mœurs impliquant le meurtre d'une Roumaine lors de la saison 1, ces différents maillons de la chaîne judiciaire doivent, cette fois-ci, démanteler un réseau de trafiquants de drogue d'une cité populaire.

Ecoutes, filatures, infiltrations, gardes à vue… Le capitaine Berthaud et ses hommes ne laissent rien au hasard, quitte à tricher un peu avec le code de déontologie. Jusqu'où le substitut du procureur, lui aussi en ligne de mire, est-il prêt à aller pour la soutenir ? L'enquête fil rouge s'accompagne, comme dans la saison 1, de "petites" affaires parallèles (maltraitances, meurtres…) qui mettent en lumière et détaillent le fonctionnement de l'appareil judiciaire français. C'est d'ailleurs l'un des grands atouts de cette série que de rendre compte, avec justesse et réalisme, de l'état de la société aujourd'hui. Ce qui n'empêche pas le téléspectateur de se trouver, à la fin de chaque épisode, le cœur battant et les mains moites : une fois pris dans "Engrenages", difficile d'en sortir…
 
Benjamin Rozovas
 
Série créée par Guy-Patrick Sainderichin. France, 2008. 8 x 52 minutes. Avec Caroline Proust (Laure Berthaud), Grégory Fitoussi (Pierre Clément), Philippe Duclos (François Roban).
 
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Le vendredi vers 22h30
La nouvelle trilogie : Hard / Doom Doom


Innover et surprendre : tels sont les maîtres-mots de la "Nouvelle Trilogie". Un projet de production de fictions lancé par Gilles Galud et Bruno Gaccio qui donne pour la troisième année consécutive sa chance à de nouveaux talents. Cette année, le ton est à la comédie, avec "Hard", une fantaisie romantique dans le milieu du porno, et "Doom Doom", une comédie noire autour de deux tueurs à gages, et "En attendant demain", un vaudeville dans une cité bordelaise.
 
Mère au foyer, catholique bon teint, mariée à un informaticien, Sophie (Natacha Lindinger), 40 ans, voit son univers brutalement chamboulé à la mort de son mari. Sa peine fait place à la consternation quand elle apprend que le défunt époux n'était pas informaticien, mais patron d'une société de films pornos. Acculée, Sophie se voit irrésistiblement contrainte de reprendre l'affaire de son mari et, surtout, de se frotter à un univers interlope dont les valeurs sont aux antipodes des siennes… Une série vraiment drôle dans le milieu du porno qui évite l'écueil du tout-trash ? Cathy Verney y parvient habilement, avec "Hard", premier segment (au format série) de cette "Nouvelle Trilogie 3".

 

Portée par des dialogues percutants, un bon timing et une troupe d'acteurs manifestement ravis de participer à l'expérience, "Hard" est une réussite et se joue adroitement des codes de la comédie romantique dans un milieu qui a priori s'y prête peu pour mieux s'appuyer sur les contrastes. Ainsi, alternent les séquences qui abordent, sans fard, la réalité du porno – un monde grand-guignolesque, mal éclairé et au langage cru –, et les scènes élégantes, dans le pavillon bourgeois de l'héroïne, univers cotonneux, baigné de lumière, avec enfants et balades dans le parc. L'ensemble fonctionne si bien qu'une deuxième saison est d'ores et déjà à l'étude.
 
Tueurs roués 
 
"Doom Doom", de Laurent Abitbol, Virgile Bramly et Nicolas Mongin, est également une comédie. Mais une comédie noire, eu égard au milieu dans lequel elle se déroule. Car elle met en scène deux tueurs à gages : M (Michaël Abiteboul), vieux routier aguerri qui fait équipe depuis six mois avec V (Virgile Bramly), jeune chien fou sarcellois. Entre deux contrats, une relation quasi fraternelle va naître entre les "hitmen". Jusqu'à ce que l'un soit engagé pour tuer l'autre… La dimension comique se révèle, là aussi, par un contraste entre l'activité peu commune des deux héros et le naturel avec lequel ils s'y livrent.

 

Au-delà du décalage, "Doom Doom" séduit surtout par son versant polar. Sur une thématique a priori éculée (les états d'âme de tueurs à gages), cette fiction captive sans mal grâce à l'excellence de sa mise en scène et à la psychologie de ses héros, la caméra scrutant les personnages au plus près de leur visage, façon Jacques Audiard, et la mythologie des héros puisant ses références dans le meilleur du polar noir américain.
 
Sylvain Monier
 
"Hard" (6 x 26 minutes – deux épisodes par soirée) : les 9, 16 et 23 mai à 22h30.
"Doom doom" (3 x 26 minutes ) : dès le 30 mai à 22h30.
 
"En attendant demain", le troisième segment de cette "Nouvelle Trilogie", sera diffusée en juin.
 
 





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