Canal+
Vendredi 16 à 20h50.
Casino royale.
Son nom est Craig. Daniel Craig. Et il est le nouveau visage de l'agent Bond dans l'explosif "Casino Royale". Assurément le meilleur "double zéro sept" depuis Sean Connery.
En choisissant Daniel Craig, acteur britannique au physique mâle et au regard bleu acier, les producteurs ont donné un coup de fouet à la saga "James Bond" en revenant aux sources. Oubliés le flegme de Roger Moore, l'ironie fade de Timothy Dalton et le second degré de Pierce Brosnan. Retour à la virilité pure et dure avec un digne héritier de Sean Connery. Et quitte à retrouver l'esprit originel, autant porter à l'écran le premier roman de Ian Fleming, l'excellent "Casino Royale" (paru en 1953 et déjà adapté dans une version parodique signée John Huston).
L'histoire ? Les services secrets de Sa Majesté viennent d'attribuer à James Bond son "double zéro", le fameux "permis de tuer". Après avoir échoué lors d'une enquête à Madagascar, il est chargé d'une nouvelle mission que muscles et gadgets n'aideront pas forcément à mener à bien. Notre homme devra, en effet, lors d'un duel au poker, ruiner le machiavélique Le Chiffre (le Danois Mads Mikkelsen, vu dans la trilogie "Pusher"), grand argentier du terrorisme international. Afin d'aider Bond dans sa tâche, les services britanniques lui ont adjoint la vénéneuse Vesper Lynd (l'exquise Eva Green). Celle-ci doit s'assurer que l'agent prend soin de la somme qui lui a été confiée pour la mise de cette partie pas comme les autres. L'un et l'autre vont bientôt devoir déjouer de concert les attaques du Chiffre et de ses hommes de main… Mais de troubles et dangereux sentiments ne tardent pas à naître entre les deux agents de la Couronne. Qui aura la meilleure main ?
Un nouveau souffle
Vingt et unième opus "officiel" de la franchise Bond, "Casino Royale" reprend absolument tous les codes de la série, en y injectant une bonne dose de modernité. Aux commandes de cet épisode sous testostérone, on retrouve Martin Campbell (déjà auteur de "GoldenEye"), qui s'est ici ouvertement inspiré des aventures d'un héros "concurrent", Jason Bourne (“la Mémoire dans la peau”), pour donner un nouveau souffle à "double zéro sept". Un apport judicieux : parmi de nombreuses scènes d'anthologie, le réalisateur nous offre une course-poursuite très physique à Madagascar. Autre moment intéressant, voire surprenant, cette vision inédite, en forme de clin d'œil au mythe, d'un 007 sortant de l'eau à la manière d'Ursula Andress dans "James Bond contre Dr. No" !
Baptiste Liger
Samedi Box office
Action de Martin Campbell. U.S.A./G.-B./Rép. tch./All., 2007. 144 minutes. Avec Daniel Craig (James Bond), Eva Green (Vesper Lynd), Mads Mikkelsen (Le Chiffre), Judi Dench (M).
Canal+
Samedi 3 à 20h50
Le prix à payer
La réalisatrice des "Sœurs fâchées" revient avec une comédie grinçante sur la vie à deux dans laquelle Christian Clavier et Nathalie Baye se déchirent façon "Guerre des Rose". Réjouissant.
Jean-Pierre Ménard est riche, très riche, mais malheureux. Son épouse, tout occupée à claquer son argent chez les grands couturiers, lui tourne le dos chaque nuit. Or, Ménard se fait une autre idée du "devoir conjugal"… A bout de patience, il finit par lui couper les vivres sans élégance : "Pas de cul, pas de fric ! " lance-t-il à une Odile ainsi réduite à la "précarité". La rage au ventre, la "nouvelle pauvre" se consacre désormais à pourrir l'existence de son mari qui, sans le vouloir, a mis en branle une mécanique qui ne va pas tarder à le dépasser. Les répliques meurtrières fusent. Sabres au clair, les duellistes enchaînent les bottes secrètes, les coups bas, les guets-apens d'une drôlerie féroce. Convié au grand déballage, le chauffeur de Ménard tire à son tour les leçons qui s'imposent : sa moitié vit à ses crochets, elle l'aime pour son argent, pas pour lui. Les deux femmes s'allient contre les deux hommes. Les dialogues se font plus acérés, jubilatoires.
On n'imaginait pas Clavier, le Ménard en pétard, aussi corrosif. On n'osait pas envisager Nathalie Baye dans un rôle aussi vénéneux de coquette enragée, comique jusqu'au bout de ses ongles manucurés. L'un et l'autre rivalisent de fiel et de hargne avec gourmandise. En léger retrait, le duo formé par Gérard Lanvin et Géraldine Pailhas n'est qu'amour déçu, illusions perdues, plus amer que marrant.
Femmes au bord de la crise de nerfs
La réalisatrice Alexandra Leclère dresse un état des lieux sans concession sur les relations hommes-femmes et signe, après "es Sœurs fâchées", une nouvelle fable corrosive sur les mœurs d'aujourd'hui. Les femmes sont libérées, mais jusqu'à un certain point seulement : certaines dépendent toujours de leur compagnon, tel est le message du film. De quoi scandaliser les wonder women d'aujourd'hui. "Je dois dire que j'ai été étonné par une telle virulence de la part d'une femme.
Le regard d'Alexandra Leclère sur le couple et les rapports hommes-femmes est d'une grande acuité. J'ai beaucoup ri en lisant le scénario, même si les situations y sont incroyablement grinçantes", confie Christian Clavier. "Mais c'est aussi en regardant la vérité en face qu'on peut réagir, c'est d'ailleurs le but du film", conclut Géraldine Pailhas. Car sous les rires et les sarcasmes, l'émotion pointe : ces personnages en détresse témoignent finalement, jusque dans leur maladresse, de leur attachement à leur conjoint.
Adeline Boulanger
Comédie d'Alexandra Leclère. France, 2007. 95 minutes. Avec Nathalie Baye (Odile Ménard), Christian Clavier (Jean-Pierre Ménard), Gérard Lanvin (Richard), Géraldine Pailhas (Caroline).