Mais qui était ce vieux monsieur sur le tapis rouge ? Au Met Gala, Bad Bunny a fait une apparition que personne n’avait vraiment anticipée. Cheveux entièrement blancs, barbe grisonnante, rides creusées, taches pigmentaires et veines apparentes sur les mains… Le costume du Portoricain n’était pas sa tenue, mais bien son maquillage. Appuyé sur une canne, le chanteur a fait un bond dans le temps grâce au talent de Mike Marino, maquilleur spécialisé dans les effets spéciaux.
C’est donc avec le visage d’un homme de 53 ans - précision révélée par l’artiste, qui d’ailleurs nous laisse songeuses quant à sa vision du quinquagénaire - que Bad Bunny a monté les marches du Metropolitan Museum of Art. Un choix loin d’être anodin. Cette année, la cérémonie s’articulait autour du thème « Fashion is Art », en écho à l’exposition du Costume Institute, « Costume is Art ». Selon « Vogue », la métamorphose du chanteur faisait référence à l’un des axes explorés : le corps vieillissant. Une manière de questionner une industrie longtemps obsédée par la jeunesse, qui a historiquement relégué les corps âgés au second plan.
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Très vite, sur les réseaux sociaux, les commentaires se sont enflammés. « Dans une société obsédée par l’anti-âge, il représente la beauté d’un corps qui vieillit », « C’est puissant, bravo Bad Bunny », « Enfin une célébration de l’âge, du génie », peut-on lire sur X. Et c’est vrai, voir un visage vieilli ainsi, assumé, sur un tapis rouge n’a rien d’anodin. Mais ces rides-là sont faites de prothèses. Ces taches disparaissent sous un démaquillant. Et cette vieillesse est, en réalité, une mise en scène.
Dans la vraie vie, les signes du temps ne sont pas accueillis avec la même bienveillance. Surtout chez les femmes. Et si depuis quelques années, les célébrités de plus de cinquante ans gagnent (enfin) en visibilité, le tribunal du net ne les épargne jamais. Au Met Gala, Madonna en a fait plusieurs fois les frais. En 2016, sa tenue Givenchy provoque une avalanche de réactions où son âge, plus que son look, devient le sujet. Régulièrement, ses mains, jugées trop marquées par les signes du temps, sont scrutées, commentées, critiquées, là où celles de Bad Bunny sont aujourd’hui applaudies. Ironie du sort ?
De ce Met Gala 2026, on retiendra sans doute l’enthousiasme des internautes à voir rides, taches et veines apparaître sur un tapis rouge. Reste à savoir si cette fascination pour les marques du temps saura s’appliquer à tous, sans exception.