Longtemps associé aux célébrités et aux transformations spectaculaires, le lifting du visage connaît aujourd’hui un véritable retour, porté par une nouvelle recherche du naturel. Deep plane, SMAS, mini-lifting, injections, cicatrices, prix, suites opératoires… À partir de quand un lifting devient-il pertinent ? Les injections peuvent-elles vraiment remplacer la chirurgie ? Combien de temps durent les résultats ? Le Dr Benjamin Pulvermacker, chirurgien esthétique à Paris, nous explique tout ce qu'il faut savoir sur le lifting visage et le lifting cervico-facial aujourd’hui.
Le lifting aujourd’hui : ce qui a changéComment le lifting du visage a-t-il évolué ces dix dernières années ?Dr Benjamin Pulvermacker : C’est surtout le regard de la société sur le lifting qui a changé. Car côté technique, il n'y a pas eu d'énorme avancée cette décennie. Le deep plane, même si on en parle beaucoup de nos jours, existe en réalité depuis longtemps.
Observe-t-on une évolution du profil des patientes ?Dr Benjamin Pulvermacker : Elles osent sans doute venir plus tôt qu’avant. Il y a vingt ans, on considérait que les liftings étaient réservés aux stars du showbiz, à ceux qui avaient une image publique à tenir. Ce n’est plus le cas, ça s’est beaucoup démocratisé. Les femmes en parlent beaucoup plus facilement qu’il y a 15 ans ou 20 ans. Et aujourd’hui, mes patientes le font vraiment “pour elles”, parce qu’elles ressentent une gêne et veulent aimer leur image le soir et le matin en se réveillant, même quand elles sont femmes au foyer. Alors que les injections ont longtemps dominé la médecine esthétique, le lifting visage revient aujourd’hui au centre des demandes. En cause : une recherche de résultats plus naturels, plus durables et moins “surremplis”. Le lifting moderne ne vise plus à transformer un visage, mais à corriger un relâchement tout en conservant l’identité et les expressions.
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À quel âge envisager un lifting du visage ?Quels signes indiquent qu’un lifting devient pertinent ?Dr Benjamin Pulvermacker : Quand on est gêné par un relâchement des tissus. On vit debout, donc le relâchement se fait du haut vers le bas, il est inévitable. Ça se manifeste d’abord avec une perte de définition de la partie horizontale du cou. Ensuite, une perte de définition du contour de la mâchoire avec l'apparition des bajoues et la formation du petit pli d'amertume. Le véritable moteur des femmes qui viennent me voir, c'est une envie ou un besoin suite à une gêne. Elles ont souvent l'impression que leur visage manque de dynamisme. Elles se sentent jeunes intérieurement et trouvent que leur apparence n’est pas fidèle à l'énergie qu’elles ressentent. Elles se plaignent d’avoir l’air fatigué.
À partir de quand les injections ne suffisent plus ?Dr Benjamin Pulvermacker : Les injections d’acide hyaluronique sont assez utiles avant 40 ans, mais au-delà, je les déconseille. En apportant du volume pour remplir le réservoir cutané, ça traite indirectement le relâchement. Et si les tissus sont déjà un peu distendus avec l’âge, on majore ce relâchement en n’y remédiant que provisoirement. On prend le risque d’alourdir le visage. Le Botox en revanche peut être complémentaire au lifting. Cette opposition entre injections et lifting est aujourd’hui au cœur des discussions autour du vieillissement du visage. Là où les injections compensent une perte de volume, le lifting agit directement sur le relâchement des tissus et l’affaissement du visage.
Peut-on être trop jeune pour un lifting ?Dr Benjamin Pulvermacker : La question n’est pas forcément celle de l’âge, c’est plutôt celle de la bonne indication. C'est rare d’en avoir besoin avant 40 ans, à moins d’avoir connu de très grandes variations de poids qui ont entraîné un relâchement du visage. Mes patientes viennent généralement après 40 ans, l’âge médian étant 51 ans. Mais le mot “lifting” englobe beaucoup d'actes et de techniques. Les femmes de 40-45 ans demandent souvent un lifting à la carte, sur une problématique ciblée. Pour des raisons anatomiques, certaines femmes ont par exemple des pommettes qui vont se relâcher avant le reste. Elles peuvent alors être gênées par des sillons nasogéniens très marqués sans qu’on ait besoin de toucher au bas du visage.
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Quel lifting choisir selon son visage et son relâchement ?Quel lifting pour l’ovale du visage et les bajoues ?Dr Benjamin Pulvermacker :« Le lifting jugo-cervical, c'est-à-dire des joues, des bajoues et du cou. C'est d’ailleurs la demande la plus classique.
Faut-il systématiquement associer un lifting du cou à celui du visage ?Dr Benjamin Pulvermacker : Les hommes sont nombreux à ne demander que cette zone. Chez les femmes de moins de 40 ans, ça peut être une demande isolée dans les cas où le menton est un peu fuyant, très reculé, et que le relâchement est particulièrement marqué. Le lifting cervico-facial, ça veut dire qu’on traite le cou et le visage. Après 45 ans, c'est rare de ne pas avoir besoin de faire le reste aussi. Pour éviter de désharmoniser l’ensemble du visage, mieux vaut remonter un tout petit peu aussi autour du lobe d'oreille.
Pour les sillons nasogéniens et l’affaissement du visage, le lifting est-il toujours la bonne solution ?Dr Benjamin Pulvermacker : Le relâchement des sillons nasogéniens est principalement lié à un relâchement de la pommette, et dans ce cas, le lifting est selon moi la meilleure solution passé 40 ans. On peut combiner avec les injections quand on a besoin d'apporter du volume au cours d'un lifting, mais on va utiliser le plus souvent de la graisse du patient, parce que c'est autologue, c'est-à-dire qu’elle vous appartient et qu’elle est plus pérenne dans le temps. C’est une greffe de cellules graisseuses, donc une fois qu’elle a pris, elle reste à vie. On peut en ajouter dans les tempes, là où ça manque de volume sur des visages très minces ou un peu émaciés.
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Deep plane, SMAS, mini-lifting : quelles différences ?Quelle différence entre un lifting deep plane et un lifting SMAS ?Dr Benjamin Pulvermacker : Aujourd’hui, ces deux techniques - qui sont les plus pratiquées - sont ce qu'on appelle “des liftings profonds”. Contrairement aux “liftings superficiels” où on décolle la peau, on en coupe un peu et on la retend, avec le deep plane comme le SMAS, on traite les différents étages des tissus. Ces couches sont dans l’ordre : la graisse, les muscles et la peau.
La différence dépend essentiellement de la technique du chirurgien dans sa pratique, de son expérience et de son expertise. Un chirurgien qui fait beaucoup de deep plane va être meilleur dans cette technique que dans le SMAS, et inversement. Me concernant, je pratique le SMAS avec une méthode un peu particulière : les tissus sont repositionnés à la verticale, du bas vers le haut. À profondeur égale, on obtient un résultat plus naturel qu’avec des vecteurs horizontaux.
Les mini-liftings existent-ils vraiment ?Dr Benjamin Pulvermacker : Pour moi, ça ne correspond à rien. C'est un terme galvaudé, qui rassure certaines femmes. Même quand le lifting est partiel, ça reste un lifting. Et si “mini-lifting” veut dire “lifting superficiel” : je n’en pratique pas. Je mise plutôt sur la pérennité des résultats, or l’effet n’est durable que quand on a pratiqué un geste en profondeur. Le terme “mini-lifting” est aujourd’hui extrêmement utilisé sur les réseaux sociaux et dans les recherches Google, mais il recouvre des réalités très différentes selon les praticiens. Certains parlent d’un lifting plus léger, d’autres d’un geste plus localisé. Pour le Dr Benjamin Pulvermacker, la profondeur du geste reste essentielle pour obtenir un résultat durable.
Comment se déroule un lifting du visage ?Dr Benjamin Pulvermacker : L’intervention a lieu généralement en anesthésie générale et dure entre 2h30 et 4h30. Je n’aime pas dépasser quatre heures, car le risque infectieux devient plus important. Je demande ensuite à mes patients de rester à la clinique une nuit, car les 12 premières heures il y a un petit risque de saignement ou d’hématome. Ce n’est pas grave, mais c’est plus rassurant d’être soigné tout de suite. On dort à demi-assis avec un joli bandage en œuf de Pâques qu’on retire le lendemain matin, puis on nettoie les cicatrices et j’autorise le shampooing.
Les suites d’un lifting du visage : douleur, œdèmes, éviction sociale…Les suites opératoires sont-elles douloureuses ?Dr Benjamin Pulvermacker :« C’est plus inconfortable que douloureux, même si la perception de la douleur est toujours propre à chacun. On a généralement des œdèmes — les tissus prennent temporairement du volume — mais peu ou pas d'hématomes. Il faut prévoir deux semaines d’éviction sociale. Au bout de la troisième semaine, on peut se montrer sans attirer l’attention. Après cinq à six semaines, on est vraiment à 85 % du résultat. Il faut ensuite compter quatre à six mois pour ne plus ressentir aucune sensation désagréable sur les tissus du visage. »
Combien de temps durent les effets d'un lifting du visage ?Dr Benjamin Pulvermacker : Un lifting réussi est celui que les autres ne remarquent pas. Quand quelque chose fait bizarre ou attire l'œil, c’est que le résultat n’est pas naturel donc c’est raté. Les patients ont en tête qu’ un lifting dure une dizaine d'années, et c’est assez vrai. Disons que 10 ans après environ, les patientes retrouvent le relâchement d’avant l'opération, mais pas celui de leur âge. Cela peut évidemment varier selon la qualité de la peau, qui est le principal facteur de pérennité d’un lifting. Plus on est jeune, plus la peau récupère vite. Plus la peau est de bonne qualité, plus le résultat est durable. Quand elle est déjà fine et ridée, le résultat sera altéré plus rapidement.
Quelles précautions après un lifting ?Dr Benjamin Pulvermacker : Il faut strictement éviter le tabac, au moins pendant les 15 jours suivant l’opération, car la nicotine ça augmente la pression sanguine. Durant les mois et les années suivant le lifting, il faut continuer à entretenir et à hydrater sa peau. L’idéal est de faire du laser, de la radiofréquence ou de la mésothérapie une fois par an
Cicatrices d’un lifting : sont-elles visibles ?Dr Benjamin Pulvermacker : Elles sont situées essentiellement derrière l’oreille. Elles ne sont pas très visibles au début, mais deviennent rouges vers cinq semaines. On peut les traiter avec du laser, des pommades, elles finissent par s’estomper. Quand un petit trait blanc persiste, on peut y remédier avec la dermopigmentation qui marche bien.
Prix d’un lifting du visage : combien ça coûte ?Dr Benjamin Pulvermacker : Cela peut varier, à Paris, de 10 000 à 70 000 euros selon le travail à effectuer et l’expérience du chirurgien. Quand on y ajoute un lifting des paupières, de la lèvre, du lipofilling etc., ça peut majorer le coût.
Comment choisir le bon chirurgien ?Pour choisir votre chirurgien, fiez-vous à votre feeling. Vous devez ressortir avec l’impression qu’il a compris ce que vous voulez et que vous partagez la même vision esthétique. Les photos avant-après peuvent rassurer, mais c’est souvent biaisé, les images peuvent être trafiquées. Dans mon cas, la grande majorité des patientes viennent par le bouche-à-oreille, parce qu’elles ont aimé un lifting que j’ai réalisé sur un de leurs proches.
Lifting du visage : les informations à retenir Âge moyen des patientes : autour de 51 ans Durée de l’intervention : entre 2h30 et 4h30 Anesthésie : générale Hospitalisation : une nuit en clinique Éviction sociale : environ deux semaines Prix d’un lifting visage à Paris : entre 10 000 et 70 000 euros selon les casTechniques les plus pratiquées : SMAS et deep plane
Dr Benjamin Pulvermacker, 16 rue Pétrarque, 75016 Paris. Tél : 01 47 20 48 70