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Prix Henri Storck pour le cinéma de la cécité

mardi 20 décembre 2005 à 00h00

Le Panorama du cinéma documentaire belge organisé par le fonds Henri Storck qui a recompensé le documentaire de Marie Mandy "Voir sans les yeux" du Prix Henri Storck.

Quelle perception du monde a-t-on quand on est aveugle ? Marie Mandy propose une étonnante plongée dans le monde perceptif des non et malvoyants.

Tant que j'ai mes mains, je vois.

Pour rendre palpable la réalité de ceux qui ne voient pas ou peu, Marie Mandy est allée à l'encontre des règles habituelles : ses images sont floues, surexposées ou sous-exposées, le champ visuel réduit comme si l'œil de la caméra ne voyait pas. La réalisatrice a également eu recours à la caméra thermique, qui filme le monde sans lumière, exactement comme les aveugles le voient.

Autre méthode inédite : elle a filmé John Hull en temps réel, sur le campus de son université, une caméra crayon accrochée au bout de sa canne. Il doit se concentrer à chaque pas sur ces indispensables yeux artificiels que sont sa canne et ses mains (“Tant que j'ai mes mains, je vois.”) On découvre ainsi un monde où le temps et l'espace sont linéaires. Enfin, Marie Mandy a accordé une attention particulière au son : “Il s'agissait de créer des sons distincts là où on entend d'habitude un magma indifférencié.” Son documentaire donne à ressentir plus qu'à comprendre. Il invite également les voyants à remettre en question la dictature de l'image. Car la réalité d'un aveugle n'est pas moins “réelle” que celle d'un voyant. Elle est simplement différente.

Produit par Saga Film, Voir sans les yeux, un voyage dans l'univers mental de la cécité, a déjà remporté le prix Europa du meilleur documentaire, à Berlin en 2004.




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