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Les élèves handicapés priés de changer d'accompagnant

mardi 07 juillet 2009 à 14h52

Le sentiment d’un énorme gâchis. D’ici décembre, quelque 5 000 auxiliaires de vie scolaire s’occupant des enfants porteurs de handicap à l’école seront remplacés. Embauchés en contractuels par l’Education Nationale, les premiers accompagnants recrutés en 2003 arrivent à la fin de leur contrat.

"C’est vraiment dommage… D’abord pour ces collègues expérimentés qui aiment leur boulot et qui vont se retrouver au chômage. Mais c’est triste aussi pour tous ces enfants qui vont devoir s’habituer à un nouvel accompagnant pas forcément formé", soupire Véronique Boyrie, secrétaire générale de l’association des accompagnants de vie scolaire, l’Unaïsse, créée il y a deux ans.

Au-delà de la précarité des statuts, l'association réclame la reconnaissance du métier d’accompagnant, avec "une vraie formation adaptée aux besoins spécifiques de ces enfants".

Donner les moyens à la loi sur le handicap.

Aujourd’hui, on estime à près de 25.000 le nombre d’auxiliaires de vie scolaire, pour beaucoup recrutés dans la foulée de la loi sur le handicap de février 2005 qui permet à tout enfant handicapé d’être scolarisé dans l’école de son quartier.

"Il faut donner les moyens à cette loi en créant le métier d'accompagnant", martèle la responsable de l’association. "Au départ, quand le ministère de l’Education Nationale a décidé en 2003 de prendre en charge ces emplois d’accompagnants (jusqu’ici gérés par les associations), il pensait les confier à des étudiants".

Mais, dans la réalité, la situation est tout autre. Une récente étude de l’Unaïsse montre que la moyenne d’âge des auxiliaires, des femmes en grande majorité, est de 35 ans. D’abord parce que les horaires où l’enfant a besoin d’une auxiliaire ne coïncide pas forcément aux disponibilités d’un étudiant. Ensuite, parce que les étudiants ne sont pas dans des petites villes ou villages.

La précarité de ces emplois est aussi liée au temps partiel, inhérent à ce poste. Exemple: 21 heures par semaine en classe avec l’élève, payées 540 euros par mois. "Du coup, on se retrouve avec un turn over de 25% dans de nombreuses régions", regrette Gilles Paumier, de la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap.

Voici sa solution : "Il faut que ce métier d’auxiliaire dépasse le cadre de l’Education Nationale. On pourrait très bien envisager que l’aide se poursuive le soir à la maison… Et comme ça on aurait des emplois à temps plein!"







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