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Handicap et rentrée des classes

mardi 06 septembre 2011 à 13h56

En cette rentrée scolaire, une enquête de Mediapart nous donne les chiffres cachés concernant la scolarisation des élèves handicapés. On se souvient qu'au cours de la campagne présidentielle de 2007, les deux candidats, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, avaient eu un échange très vif sur la faiblesse du nombre d'élèves handicapés en milieu scolaire. Nicolas Sarkozy avait alors proposé un droit opposable à ces enfants non scolarisés.

Mais qu'en est-il cinq ans plus tard ? Le nombre d'élèves handicapés scolarisés a augmenté. Pourtant, comme le démontre Mediapart dans son enquête, les chiffres positifs cachent également des réalités moins réjouissantes, en adéquation avec les restrictions budgétaires dans l'Éducation nationale.

La loi du 11 février 2005.

Ce n'est pas en 2007 mais en 2005 que la scolarisation des enfants handicapés a fait l'objet d'une loi réaffirmant "l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées". Traduction : tout enfant doit pouvoir être scolarisé dans une école de son quartier. Par conséquent, les collectivités territoriales ainsi que l'Etat doivent tout mettre en œuvre pour accueillir ces élèves dans les meilleures conditions possibles. Depuis le vote de cette loi, chaque année, 12 000 enfants supplémentaires en situation de handicap seraient ainsi scolarisés.

Lors de la deuxième conférence nationale sur le handicap, le 8 juin dernier, Nicolas Sarkozy s'était réjoui de la progression du nombre d'élèves handicapés scolarisés, rappelant : "Aujourd'hui 200 000 enfants handicapés sont inscrits à l'école de la République. Ce sont 50 000 de plus qu'en 2005".

Evidemment, l'application de cette loi entraîne des dépenses, selon le président de la République, "depuis 2007, malgré une crise d'une violence inouïe, ce budget pour les handicapés a augmenté de 15%". En apparence, ces progrès sont une bonne nouvelle, pourtant les parents de ces élèves ainsi que certaines institutions ou syndicats se montrent sévères à l'égard de la mise en œuvre de cette loi.

Une scolarisation à temps partiel.

Le premier point que relève Mediapart, c'est que le chef d'Etat rapporte des chiffres qui ne sont vrais que partiellement. De nombreux élèves handicapés ne sont scolarisés que quelques heures par semaine, ce qui ne permet pas de suivre convenablement les cours délivrés et avoir une scolarité ordinaire. En effet, les auxiliaires censées s'occuper de ces élèves toute la journée ne sont pas assez nombreuses, ils sont donc obligées d'adapter leur emploi du temps pour prendre en charge plusieurs élèves par semaine. Par conséquent, les élèves handicapés ne peuvent être scolarisés tous les jours, les parents doivent alors trouver une solution alternative le reste du temps.

Des auxiliaires non formés.

Parce que les élèves en situation de handicap sont de plus en plus nombreux, l'Etat a dû recruter du personnel chargé de s'occuper exclusivement d'eux. Mais au lieu d'engager des personnes qualifiées, le gouvernement a fait le choix, pour la moitié des recrutements, des contrats aidés offrant de maigres salaires sans formation adéquate. Pour rassurer les parents et les associations, Nicolas Sarkozy a affirmé, lors de la conférence, qu'il souhaitait ne plus avoir recours à ces contrats aidés, ce qui reviendrait à renoncer à près de 11 400 postes pour n'employer que des personnels qualifiés.

"Toujours dans cette logique de qualité, nous recruterons dès la rentrée 2011 des auxiliaires de vie scolaire plus nombreux, mieux formés, mieux payés et disposant de véritables perspectives de carrière. A chacun d'eux, nous proposerons une vraie formation leur permettant d'assumer leur responsabilité au contact des enfants et un véritable contrat d'assistant d'éducation. C'est un investissement financier immense pour l'Etat, mais il me tient particulièrement à cœur, parce qu'il est nécessaire et parce qu'il est juste", a déclaré le Président de la république.

Ces propositions sont louables, le problème est que les offres de formation sont de plus en plus restreintes. En 2011, les enseignants n'étaient que 75 à être admis à suivre la formation l'INSHEA (institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés) au lieu de 152 en 2005 et 136 en 2006.

Ainsi, les CLIS (classes d'inclusion scolaire), classes aux effectifs réduits ne comptant que des élèves handicapés, ne sont pas confiées comme la loi le stipule, aux enseignants spécialisés uniquement. Sur ces 4184 classes, 1500 sont assurées par des enseignants non formés.Des enseignants désemparés
 
Les élèves handicapés intègrent pour la plupart d'entre eux des classes traditionnelles. Parfois, les enseignants se retrouvent sans auxiliaire, si bien qu'ils doivent se débrouiller seuls avec des élèves qui ont des handicaps plus ou moins graves et dont ils ne connaissent ni les spécificités ni la manière de les aider. Ces professeurs, en effet, découvrent bien souvent à la rentrée qu'ils ont un ou plusieurs élèves handicapés dans leur classe. Ils ne seront pas formés pour leur assurer des cours adéquats. Avec la suppression des 16 000 postes d'enseignants, les classes sont de plus en plus chargées, si bien que les professeurs se retrouvent avec plus d'élèves, dont certains sont handicapés.

source : www.politique.net.




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