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Handicap : l'enseignement supérieur s'adapte

mercredi 16 novembre 2011 à 11h01

Depuis 2005, le nombre d’étudiants handicapés a progressé d’un tiers. Jadis cantonnés dans des établissements spécialisés, ils sont aujourd’hui encouragés à côtoyer les étudiants "ordinaires".

A l’université, dans les grandes écoles, dans les I.U.T., 11000 étudiants handicapés poursuivent des études supérieures en France. A Sciences-po, ils sont 68 cette année contre… 15, il y a quatre ans.

Ce qui a changé.

"Les moyens mis en œuvre et la mobilisation de toute l’école, affirme Claire Secondé, de la mission handicap de l’établissement. Quel que soit son handicap, un étudiant qui en a les capacités doit pouvoir intégrer Sciences-po et y poursuivre ses études, faire un séjour à l’étranger, comme n’importe quel étudiant."

Cela commence dès l’inscription au concours. S’il coche la case "handicap" du formulaire, le candidat est contacté par l’école pour mettre en place les aménagements dont il pourra avoir besoin lors des examens : une durée de temps supplémentaire, ordinateur grand écran pour les malvoyants, sujets en braille, "secrétaire" pour les étudiants qui ne peuvent rédiger eux-mêmes… S’il est reçu, l’étudiant bénéficiera de la même assistance tout au long de ses études.

Copies en braille, enregistrements des cours.

Il ne s’agit pas d’une démarche isolée : depuis trois ans, toutes les universités et les grandes écoles se sont dotées d’une mission handicap chargée de faciliter l’admission et les études des élèves handicapés. Mais toutes n’ont pas les moyens de Sciences-po. Certains fournissent des documents pédagogiques (polycopiés agrandis, copies en braille, enregistrements des cours…), prêtent du matériel adapté (ordinateurs, logiciels de reconnaissance vocale…) ou proposent des aides "humaines" : assistants pour prendre des notes ou effectuer des recherches, interprètes en langue des signes, auxiliaires de soins… Une année peut être étalée sur deux ans ou plus, des dispenses de cours sont même possibles pour les étudiants ayant de grandes difficultés à se déplacer.

Malgré ces efforts, et même si leur nombre progresse, les étudiants handicapés sont encore peu nombreux : 0,5% des 2,3 millions d’étudiants que compte la France, alors qu’ils représentent près de 8% de la population active.

"Lorsqu’ils obtiennent le bac, les jeunes handicapés hésitent à s’engager dans des études longues et difficiles, constate Nathalie Bertin-Boussu, référent handicap à Sup de co Amiens (Somme). Le parcours classe préparatoire plus concours des écoles de commerce peut leur sembler insurmontable."

Pour contourner l’obstacle, 17 écoles regroupées sous la bannière Passerelle ESC, viennent de mettre au point un concours spécifique accessible dès le bac et permettant à terme d’intégrer une école de commerce pour obtenir une formation bac + 5 en évitant la case prépa.

S’il est important que les étudiants handicapés se fassent connaître le plus tôt possible à l’administration pour bénéficier des aménagements, la tâche n’est pas toujours facile. Quand leur handicap n’est pas visible, certains préfèrent le cacher. "Un étudiant en difficulté a longtemps hésité avant de nous apprendre qu’il souffrait d’une très forte dyslexie, raconte Nathalie Bertin-Boussu. Il reçoit désormais les cours à l’avance, ce qui lui permet de se concentrer sur l’écoute et pas sur la prise de notes en classe. Nous lui avons fourni un logiciel de reconnaissance vocale et il dispose d’un secrétaire pour l’aider à rédiger lors des examens." Et tout se passe beaucoup mieux pour lui.


Source : aujourdhui.fr







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