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interview de Philippe Streiff

Handicapzéro a rencontré pour vous, Philippe Streiff ancien pilote français de Formule 1 qui courut son premier grand prix au volant d'une monoplace Renault au Grand Prix d'Estoril au Portugal en 1984.

Victime d'un grave accident en 1989 aux essais libres du Grand Prix du Brésil, il affiche aujourd'hui une brillante reconversion et occupe un poste de chargé de mission au sein de la Délégation Interministérielle aux Personnes Handicapées.

Handicapzéro : Comment voyez-vous la saison 2006 de Formule 1 ?

Philippe Streiff : 2006 c’est pour moi le nouveau règlement. Je désapprouve la nouvelle réglementation sur les pneus. Je ne suis pas pour leur changement de pneus pendant les ravitaillements. Je pense que la gestion d’une course avec l’usure des pneumatiques faisait partie de la course, or changer les pneus pendant les ravitaillements relève plus de la stratégie. Cette mesure avantage Ferrari doté de pneus Bridgestone, qui comme on le sait sont moins endurants que les Michelin.

Handicapzéro : Que pensez-vous du nouveau règlement en terme de motorisation ?

Philippe Streiff : Passer du moteur V10 au V8 permet de diminuer les risques et par voie de conséquence d’améliorer la sécurité. Il faut réduire les performances des voitures sinon les circuits ne sont plus adaptés en terme de sécurité. Il est bon pour les motoristes de descendre la cylindrée des voitures, on se rapproche ainsi des moteurs de voitures de série. On peut donc raisonnablement penser que le grand public bénéficiera de ces avancées. Il est bon aussi que les constructeurs puissent, par le biais de la Formule 1, tester les nouvelles technologies en revenant à des cylindrées inférieures.

Ainsi, je pilotais une formule 1 Renault à moteur Turbo, Renault a repris cette technologie dans ses voitures tourisme.

Enfin, pour revenir au règlement, le nouveau format de qualifications me paraît meilleur que ce qui existait auparavant. Dans l’ancien règlement, la moindre faute était éliminatoire au départ. Le nouveau règlement, qui prévoit l’élimination de 5 voitures tous les quarts d’heure donne un attrait supplémentaire aux qualifications et permet aux pilotes commettant une faute de se rattraper.

Handicapzéro : Quel pilote voyez-vous se distinguer cette saison ?

Philippe Streiff : J’en vois 4. Je pense que nous assisterons à une lutte entre Michael Schumacher et Fernando Alonso. Ces deux pilotes ont déjà prouvé leur valeur et possèdent des bons équipiers pour les seconder. Ils bénéficient également de très bonnes monoplaces.

Je pense que Kimi Raikonen et Juan-Pablo Montoya seront de bons outsiders et peuvent eux aussi jouer un rôle pendant cette saison.

Handicapzéro : Quelle écurie vous semble-t-elle la mieux préparée pour remporter le titre de championne du Monde des constructeurs ?

Philippe Streiff : Je pense que l’écurie Renault est en mesure de remporter un nouveau titre, elle a effectué depuis des années un travail considérable et bénéficie également d’un bon manufacturier : Michelin. J’ajoute que les personnes travaillant dans cette écurie sont très motivées. Je suis convaincu qu’elles auront à cœur de remporter un second titre consécutif.

Je n’oublie pas Ferrari qui saura mettre à profit la nouvelle réglementation en matière de pneumatiques et l’expérience d’hommes tels que Michael Schumacher et Jean Todt.

Handicapzéro : Quel est selon vous le circuit de Formule 1 le plus difficile à piloter ?

Philippe Streiff : J’en citerai deux : Spa et Monaco. Spa est le circuit le plus impressionnant que je connaisse, le Raidillon de L’Eau Rouge ou Blanchimont sont des parties du circuit qui nécessitent un bon pilotage.

Bien entendu piloter sur le circuit de Monaco, est un véritable défi physique pour tous les pilotes. Ce circuit en ville est également très éprouvant pour les voitures. Monaco est le circuit qui provoque le plus d’abandons. Cela n’est pas un hasard.

Handicapzéro : Quel est le pilote actuel que vous admirez le plus ?

Philippe Streiff : J’ai une grande admiration pour le pilote Ferrari Michael Schumacher. Je trouve qu’il a une carrière remarquable, il a remporté 7 titres de Champion du Monde, il est parvenu à fédérer une véritable équipe autour de lui, il tire toujours le maximum de sa monoplace. D’une manière générale, il court pour gagner.

Handicapzéro : Quel est votre meilleur souvenir en tant que pilote ?

Philippe Streiff : Si vous me le permettez, encore une fois j’en citerai deux. Ma première participation à un grand prix de Formule 1 est quelque chose que je ne peux oublier. Renault m’a inscrit au Grand Prix du Portugal à Estoril. Je me revois au départ de la Course, j’étais en sixième ligne avec Niki Lauda qui luttait avec Alain Prost pour le titre de Champion du Monde. Lauda m’a dit : toi c’est ta première course, moi je lutte pour le titre.

L’autre souvenir que je souhaitais évoquer est mon premier podium au Grand Prix d’Australie en 1985, avec l’écurie Ligier. Je me revois batailler avec mon équipier d’alors, Jacques Laffite dans le dernier tour, j’ai terminé troisième en ayant perdu une roue.

Handicapzéro : Vous êtes un accroc des grands prix, racontez nous comment vous suivez une épreuve ?

Philippe Streiff : Généralement, je me déplace pour deux ou trois Grand Prix, j’ai la chance de pouvoir assister à ces Grand Prix depuis le stand de Renault. Les autres, je les regarde à la télévision.

Je participe également à une émission sur Eurosport dans laquelle je commente l’actualité de la Formule 1 avec Jean-Louis Moncet et Lionel Froissard.

Handicapzéro : Quels sont vos projets autour des sports mécaniques ?

Philippe Streiff : En 1991 j’ai ouvert un kart indoor, j’ai ensuite organisé plusieurs masters à Bercy avec la participation de pilotes comme Alain Prost ou Aerton Senna.

J’ai également participé à des actions de sensibilisation des jeunes à la sécurité routière en collaboration avec l’Education Nationale. J’attache une grande importance à cette sensibilisation, je trouve que l’apprentissage de la conduite devrait se faire plus tôt que les 16 ans prévus aujourd’hui. Je pense que les réflexes de conduite peuvent s’acquérir plus jeune, à l’instar de l’apprentissage des langues étrangères.

Handicapzéro : Vous êtes aujourd’hui chargé de mission à la délégation interministérielle aux personnes handicapées, pouvez vous nous en parler?

Philippe Streiff : La D.I.P.H. (Délégation Interministérielle aux Personnes Handicapées) a pour missions de coordonner les actions interministérielles et de participer aux réflexions menées en direction des personnes handicapées. Elle contribue à faire progresser la prise en compte des besoins spécifiques des personnes handicapées. Je suis conseiller technique auprès de Patrick Gohet, délégué interministériel, sur les questions relatives à l’accessibilité, les sports, la sécurité routière et sur les aides techniques dédiées aux personnes lourdement handicapées.

Nous participons au dialogue avec les associations, les organisations professionnelles, les organismes sociaux, notamment dans le cadre du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées (C.N.C.P.H.). Nous pilotons plusieurs groupes de travail sur des thèmes particuliers comme par exemples les questions européennes et internationales, l’accès aux nouvelles technologies et à l'administration électronique…Nous animons des réseaux de réflexion sur plusieurs thèmes transversaux comme le marché des aides techniques, la sensibilisation et la formation à l'accessibilité…



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