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Prise de poids - Un antiallergique mis en avant par des influenceuses

Il faudra à présent disposer d’une ordonnance pour obtenir de la cyproheptadine (Periactine) en pharmacie. Ce médicament antihistaminique, utilisé pour soulager les symptômes d’une allergie, d’une urticaire ou d’une conjonctivite, est soumis à prescription obligatoire à compter de ce 10 juillet. En cause : le détournement de ce produit pour provoquer une prise de poids sur les hanches et les fesses, permettant d’obtenir une silhouette en sablier digne de célébrités comme Kim Kardashian. Un effet largement mis en avant par des influenceuses parfois très suivies sur les réseaux sociaux, en premier lieu TikTok.

Utiliser la cyproheptadine afin de prendre du poids n’est pas un phénomène récent. Le mécanisme d’action de cet antihistaminique stimule aussi la faim, et les usagères l’ont compris depuis bien longtemps. En 1985 déjà, une équipe canadienne se faisait l’écho d’un cas de dépendance à ce produit chez une femme se trouvant trop maigre. En 2022, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) émet une première alerte, constatant un détournement alimenté en partie par les réseaux sociaux.

Aucune garantie de succès

L’année suivante, c’est au tour de la Société française de pharmacologie et de thérapeutique (SFPT) de s’inquiéter. « L’histoire de la pharmacovigilance montre que les médicaments agissant sur le poids ont été systématiquement associés à des problèmes liés à leur profil de risque », souligne-t-elle sur son site (1), citant le dossier du Mediator (benfluorex) ou le mésusage récent de l’Ozempic (sémaglutide). Face aux effets indésirables de la cyproheptadine (somnolence, baisse de vigilance, troubles urinaires, rétention d’urine…) et à son faible usage, elle appelle les autorités à réfléchir à son maintien sur le marché. C’est chose faite.

Outre les risques liés à ce détournement d’usage, la promesse d’une prise de poids ciblée sur les hanches ou les fesses est illusoire. Certes, les femmes accumulent plus volontiers leur masse grasse sur ces zones. Mais rien ne garantit d’obtenir la silhouette en sablier si ardemment recherchée. Pire, en 2011, une étude menée en République démocratique du Congo sur le mésusage de cyproheptadine met en évidence un risque de glissement vers l’obésité chez les utilisatrices. La promesse est d’autant plus mensongère que les célébrités parviennent souvent à cet objectif par le recours à la chirurgie esthétique, par l’implant de prothèses ou par l’injection de produits comme l’acide hyaluronique.

Notes

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