les conditions d'une isolation réussie

Pour réussir ses travaux d'isolation, certains points incontournables doivent être respectés.

1. Une ventilation efficace.

L'air du logement contient de la vapeur d'eau provenant de ses occupants et de leurs activités. Pour limiter l'humidité dans le logement, l'isolation doit toujours être associée à une ventilation efficace, contrôlée ou assistée mécaniquement : Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) hygroréglable, double flux...

Les transferts d'humidité dans la maison.
A l'intérieur de la maison on trouve : de la vapeur d'eau dans la salle de bain et la cuisine ; respiration humaine. L'air est extrait par ventilation (VMC).
A l'extérieur : pluie, neige, grêle sur la toiture. Vent et air extérieur sur les façades de la maison. Transfert d'humidité par les parois.
Capillarité venant du sol.
Une personne émet (respiration, sudation) 40 à 70 g d'eau par heure ; une douche chaude c'est 200 g par heure ; une casserole en ébullition 400 g par heure. Toute cette humidité doit être évacuée pour éviter la condensation.

2. Pas de condensation dans les parois.

En hiver, lorsque la vapeur d'eau traverse une paroi, elle se refroidit progressivement de l'intérieur vers l'extérieur. Elle peut se condenser en eau dans la paroi, provoquant moisissures, décollement des papiers peints, dégradation des murs…

En fonction des matériaux qui composent les murs, ces transferts d'humidité sont plus ou moins importants. Il faudra tenir compte de ce critère pour choisir l'isolant le plus adapté. La pose d'un pare-vapeur lors de travaux d'isolation limite l'accumulation d'humidité derrière l'isolant.

Dans tous les cas, une isolation ne doit jamais être exécutée sur une paroi présentant des signes d'humidité. Seul un professionnel peut établir un diagnostic qui identifiera les parties nécessitant un traitement avant d'être isolées.

3. Des ponts thermiques supprimés.

Ce sont des zones de faiblesse dans l'enveloppe d'un bâtiment : le froid extérieur y est plus rapidement transmis à l'intérieur du logement. La vapeur d'eau s'y condense, ce qui peut engendrer la formation de traces noires et de moisissures. Traiter les ponts thermiques passe par une bonne continuité de l'isolation.

Où se situent les principaux ponts thermiques ?
• Aux jonctions entre la toiture et les murs.
• Entre les murs et les menuiseries des fenêtres.
• Entre le plancher et les murs.
• A la jonction du balcon et du mur.
• Au niveau des montants des ossatures, des chevrons des points de fixation, etc.

L'isolation continue, un remède aux ponts thermiques.
• Absence de continuité de l'isolation : l'air extérieur s'infiltre à l'intérieur de la maison.
• Bonne continuité de l'isolation : l'air extérieur ne s'infiltre pas à l'intérieur de la maison.

4. Pas d'infiltration d'air parasite.

Les entrées d'air parasite peuvent augmenter sensiblement la facture de chauffage. Elles sont surtout une source d'inconfort et peuvent remettre en cause l'utilité des travaux d'isolation, ainsi que le bon fonctionnement de la ventilation.

Pour les éviter, un soin particulier devra être apporté à toutes les jonctions (maçonnerie, menuiserie, installation électrique…) lors de l'isolation.

Petits travaux complémentaires pour éviter les déperditions de chaleur.
• Isolez les coffrets des volets roulants.
• Traitez l'étanchéité des portes accédant à des pièces non chauffées (garage, cave) pour supprimer les entrées d'air froid.
• Condamnez les cheminées non utilisées pour éviter l'arrivée d'air par le conduit.

En savoir plus.

Rubrique "Étanchéité à l'air" du site de l'ADEME : ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/habitation/renover/etancheite-a-lair

5. Focus sur les bâtiments anciens.

Pour les constructions antérieures à 1974, aucune obligation d'isoler n'était imposée à la construction. Depuis, la construction des bâtiments neufs et plus récemment les travaux de rénovation sont soumis à des réglementations thermiques. Elles impliquent le respect de niveaux d'isolation de plus en plus élevés.

Pour les constructions utilisant des matériaux non industriels tels que la pierre sèche, la terre crue, les pans de bois, il faut être attentif au choix de la technique d'isolation.

Une analyse complète du bâtiment est nécessaire avant d'engager des travaux, pour que la solution d'isolation ne perturbe pas les équilibres thermiques et hygrométriques.

Il faudra également utiliser un enduit approprié sur les murs donnant sur l'extérieur : il doit être respirant, c'est-à-dire perméable à la vapeur d'eau. Les enduits en chaux ou en plâtre répondent à ces critères, contrairement à ceux en ciment.

En savoir plus.

Pour des conseils sur vos travaux d'amélioration thermique dans une maison ancienne : maisons-paysannes.org/restaurer-et-construire/fiches-conseils/