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comment Kapsys est devenu le leader des portables pour malvoyants

dimanche 12 novembre 2017 à 09h11

D’un système de navigation pour personnes à un smartphone pour déficients visuels. En se positionnant résolument sur un marché de niche pour éviter la concurrence des grandes marques, en dix ans, la P.M.E. Kapsys basée à Mougins a réussi à imposer ses portables made in France dans le monde entier.

 

La suite, c’est Aram Hékimian, son fondateur, qui la raconte.

 

du G.P.S. au smartphone

Tout commence en 2007. Aram Hékimian, déjà à l’origine de Wavecom, l’une des premières startups spécialisées en téléphonie mobile en 1992, a l’idée de créer un système de navigation pour personnes.

"À l’époque, les G.P.S. étaient basés sur le visuel. Notre technologie sans écran et entièrement vocalisée a permis de naviguer sans avoir les yeux rivés à l’écran."

Après deux ans de R&D, le Kapten est commercialisé dans les réseaux de grande distribution et rencontre un beau succès auprès du grand public. Mais les ventes s’étiolent.

"Notre technologie était un peu trop en avance pour l’époque: les gens n’étaient pas encore habitués à parler à leur appareil. Et nous nous sommes rendu compte que les utilisateurs de notre G.P.S. étaient en grande majorité des personnes déficientes visuelles."

D’où une réorientation de la stratégie de Kapsys qui s’adressera désormais à cette population. Capitalisant sur l’expertise de son équipe en matière de technologie vocale, l’entreprise ajoute de nouvelles fonctionnalités à son Kapten et l’exporte dans une vingtaine de pays…

cocorico

La généralisation des smartphones vient à nouveau redistribuer la donne. "Nous avions soit le choix de développer des applis mais il aurait fallu en vendre des millions pour être rentable soit de fabriquer notre propre smartphone, hardware et software – à destination des déficients visuels".

C’est l’option choisie par Aram et son équipe. Deux ans de R&D plus tard, Kapsys sort fin 2013 Smartvision, sur Android, qui propose à la fois "un écran tactile, un clavier et une commande vocale".

Distribué uniquement en réseaux spécialisés, il devient rapidement le produit phare de l’entreprise et le dirigeant prévoit de sortir la 2ème génération de Smartvision intégrant de nouvelles fonctionnalités mais les inondations d’octobre 2015 mettent à mal ses projets. "400 tonnes d’eau se sont déversées dans nos locaux: il y avait 1,25 m d’eau dans les bureaux."

 

SmartVision 2 sorti en 2017

Finalement, le Smartvision 2 sort en début d’année 2017 avec une triple interface avec écran tactile, clavier physique et système de vocalisation avancé (synthèse et reconnaissance vocale).

Disponible dans une quinzaine de langues, il dispose d’applications facilitant la vie des déficients visuels "comme le navigateur G.P.S. Kapten, une liseuse, un numérisateur et un lecteur de documents, un détecteur de lumière, de distance et de couleur pour aider à la prise de vue…"

Surtout, le Smartvision 2 est produit à Bayonne. "Nous sommes le seul constructeur de smartphones avec une conception et fabrication made in France", explique fièrement Aram Hékimian.

 

un marché à un milliard de personnes

La P.M.E. a tissé des liens étroits avec des associations telles que Handicapzéro et Valentin Haüy et des distributeurs comme Acces’Solutions, Axos, CFlou…

En France, c’est un maillage de 150 points physiques et une quarantaine de distributeurs dans plus de vingt pays en Europe, au Moyen-Orient, en Australie…

"Nous espérons attaquer le marché américain d’ici la fin de l’année. Il y a près de 50 millions d’aveugles dans le monde et ce chiffre, auquel il faut ajouter les déficients visuels, sera multiplié par trois d’ici 2050. C’est un marché potentiel d’environ un milliard de personnes. Nous sommes sur un secteur de niche et on restera toujours un nain face à des Samsung ou des Apple. Notre objectif n’est pas de les concurrencer mais d’apporter aux déficients visuels autonomie et sécurité grâce à notre technologie."

Une technologie qui évolue sans cesse, confie le dirigeant qui travaille beaucoup avec des ergothérapeutes, des déficients visuels: "Nous sommes à leur écoute et intégrons pratiquement toutes les suggestions de nos clients. On sort des mises à jour logicielles tous les trois mois."

Outre l’internationalisation du SmartVision 2, Aram Hékimian et son équipe œuvrent pour lui y ajouter des accessoires qui faciliteront la vie des utilisateurs et songent également à faire des incursions dans le marché des seniors.

Nice Matin 30-10-17