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handicap : la littérature laissée pour compte, les lecteurs aussi ?

lundi 10 juin 2019 à 09h11

Selon une étude IPSOS pour le Centre national du livre datée de 2017, on comptait 84 % de lecteurs en France et 91 % de Français qui avaient lu au moins un livre sur les 12 derniers mois. Sauf que, notait le député Patrice Anato, l’INSEE faisait relativiser ces chiffres : une part importante de la population hexagonale n’a que difficilement accès à la lecture.

Avec 1,7 million de déficients visuels, 6 millions de personnes concernées par les troubles dys, 18 % de la population porteuse d’un handicap sévère, le député rappelait qu’en dépit des efforts, seuls 5 à 10 % des ouvrages parus chaque année sont accessibles. "Ceci est à la fois dû à une production littéraire qui prend peu en compte les besoins des publics dits "empêchés", mais aussi à une "éducation au savoir" des personnes en situation de handicap encore trop lacunaire", soulignait-il.

 

En effet, moins de 10.000 personnes en France pratiquent le braille et sur l’année 2011, moins d’une vingtaine de titres sur les 11.300 destinés à la jeunesse étaient accessibles. Qu’est-ce que pourrait bien faire le ministère de la Culture pour renverser cette tendance, interrogeait le député dans une question parlementaire ?

Franck Riester n’a pas grand-chose à mettre sous la dent, sinon de rappeler que les actions menées en lien avec le ministère de l’Éducation nationale se poursuivent. Et ce, à travers deux axes : le développement de l’édition numérique nativement accessible et le développement de la production et de la diffusion de l’édition adaptée.

 

Un plan stratégique et une feuille de route ont été définis, pour que les actions à mener soient cadrées.

 

Dans le même temps, l’objectif affiché est "d’améliorer la production et la diffusion de l’édition adaptée, en particulier des ouvrages complexes (manuels scolaires, ouvrages universitaires ou illustrés)". Un moyen pour apporter un meilleur accès au public.

 

Le comité interministériel en charge de ces questions est très attendu sur la question : il doit, d’ici quelques mois, formaliser ses pistes d’actions, "en particulier le lancement d’un plan d’action prioritaire pour l’adaptation d’ouvrages dans des formats numériques qui permettent une consultation efficiente des documents, ainsi que la formation des organismes habilités et une meilleure diffusion de ces collections adaptées", souligne le ministre.

 

Et de rappeler son intervention, par l'intermédiaire du Centre national du livre, pour soutenir l'association Valentin Haüy (qui propose à plus d’une centaine de bibliothèques des ebooks accessibles. À ce titre, rappelons que chaque rentrée littéraire, les éditeurs s’associent pour une rentrée accessible. Cette année, ils étaient 79 maisons à avoir franchi le pas, cinq ans après la première édition) et contre 65 en septembre 2017.

 

Ainsi, 371 titres (contre 328 en 2017) sont disponibles pour les lecteurs malvoyants ou aveugles en formats gros caractère, synthèse audio et braille numérique, soit 90 % des titres figurant sur les listes des sélections des prix littéraires du Goncourt, Renaudot, Femina, Femina étranger, Décembre, Flore, roman de l’Académie française, Médicis, Médicis du roman étranger, Interallié, Roman Fnac, et prix littéraire du Monde. 

source : actualitte.com