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Sultana, professeure d'anglais non-voyante, a fait sa première rentrée scolaire à Limoges

mercredi 04 septembre 2019 à 09h01

Sultana Néziri, jeune professeure d'anglais non-voyante a fait ce lundi sa première rentrée scolaire au lycée Léonard Limosin de Limoges, où elle dispensera cette année des cours à des classes de Première, aidée d'une assistante.

Ce n'est pas tout à fait la "première rentrée" scolaire pour Sultana Néziri. La saison passée, elle a fait son année d'enseignante stagiaire dans un autre lycée limougeaud. Mais c'est sa première "vraie rentrée" en tant que professeur titulaire. Agée de 25 ans seulement, cette brillante professeure, déjà agrégée d'anglais, donnera cette année des cours à des classes de Première au lycée Léonard Limosin, avec l'aide d'une assistante recrutée pour être à ses côtés.

Car au-delà des cours écrits, qu'elle stocke dans un "P.C. en braille", une "aide humaine est indispensable" explique Sultana, "pour toutes les heures devant les élèves, mais aussi sur les heures de préparation et de correction, qui sont très chronophages" dit encore la jeune femme.

Coralie, son assistante âgée de 25 ans également, est peut-être la plus stressée des deux. Elle débute cette année scolaire "un peu nerveuse car je ne me suis jamais retrouvée devant une classe, mais c'est une nouvelle expérience enrichissante et très intéressante" témoigne-t-elle.

Mais Sultana est par ailleurs très confiante. Professeur stagiaire l'an passé, elle a pu constater combien son handicap visuel n'était pas du tout un problème dans sa relation avec les élèves. "Pour eux,je suis juste la prof d'anglais, ils ne voient pas ma cécité comme une variable déterminante", explique-t-elle, "ce qui fait du bien et qui est très surprenant : je ne m'attendais pas à ça, et finalement ils sont beaucoup plus naturels et spontanés que certains collègues".  La jeune femme raconte comment "les gens parlent parfois de moi à la troisième personne en (ma) présence". Elle reconnaît qu'il s'agit de "maladresse" et précise avec malice qu'elle comprend aussi le français... Sultana Néziri se souvient comment une surveillante agissant ainsi dans son précédent établissement avait un jour été recadrée par un jeune élève de 16 ans qui lui avait lancé : "mais, elle est là, vous pouvez lui parler!". "J'avais beaucoup aimé" dit l'enseignante dans un grand sourire.

En cours, "le plus difficile est de ne pas voir les élèves" poursuit la jeune femme avec le même humour. "Ca paraît bête dit comme ça, mais je pense qu'on passe à côté de certaines informations, savoir s'ils sont là psychologiquement, voir l'expression de leur visage".

Cette année, une fois les questions d'emplois du temps réglées, Sultana Néziri dispensera son enseignement à quatre classes de Première, dans cet établissement qu'elle connaît bien : elle y était élève, il n'y a pas si longtemps...

source : francebleu.fr