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où en est B2Bot et sa solution de vision artificielle pour les aveugles et malvoyants ?

vendredi 17 janvier 2020 à 09h06

Fondée en 2018, la jeune pousse basée à Sophia Antipolis compte lancer sur le marché courant 2020 les deux premières briques de sa solution View Assist permettant aux personnes atteintes de déficience visuelle de reconnaître leur environnement au travers d’une retranscription vocale fidèle.

La jeune pousse créée en 2018 par deux anciens ingénieurs spécialistes des solutions embarquées de Texas Instruments et d'Intel vient tout juste de boucler une première série de tests de son assistant visuel auprès d'une dizaine de personnes malvoyantes, à Nice et à Paris. "L'idée, explique François Badaud, co-fondateur de l'entreprise avec Olivier Stoltz-Douchet, est de poursuivre les expérimentations auprès d'une communauté de bêta-testeurs élargie durant tout le premier semestre de cette année pour améliorer de façon continue la solution dans l'objectif de présenter un produit livrable au cours du second semestre". Et ainsi contribuer, à travers la technologie, à rendre autonomes les personnes atteintes de déficience visuelle, le leitmotiv de B2Bot.

3 besoins essentiels

Pour ce faire, la start-up s'est intéressée à la vision artificielle afin de développer une solution globale de compréhension visuelle adaptée à chaque situation quotidienne permettant de détecter et reconnaître les objets, les textes, les obstacles avant de les restituer vocalement. Baptisée View Assist, elle se présente comme une offre modulaire évolutive composée de trois briques technologiques répondant à trois besoins essentiels.

D'abord, la lecture autonome. "Si une personne malvoyante sait à peu près ce qui l'entoure, cela devient plus compliqué quand il s'agit de lire son courrier, un menu de restaurant ou de déchiffrer les étiquettes des produits au supermarché", détaille le dirigeant. D'où la solution View Assist (VA) Lira qui s'appuie sur le smartphone de l'utilisateur, lequel remplace ainsi son champ visuel et rend la capture d'informations plus intuitive. La deuxième brique, VA Vera, s'intéresse à la description de l'environnement par le biais d'une paire de lunettes connectée munie d'une caméra, utilisable à l'arrêt, en position fixe. "Il s'agit d'aller au-delà du texte en permettant la détection et la description d'objets du quotidien", reprend-il.

mobilité augmentée

Ce sont ces deux sous-ensembles qui font actuellement l'objet de tests et pour lesquels la start-up recrute des volontaires. Proches des associations handisports Anices et A.V.H. Cannes, les co-fondateurs insistent : "C'est avec un réseau d'associations travaillant auprès des aveugles et des malvoyants que nous co-développons le système". Un système qui ne saurait être complet sans l'aspect mobilité augmentée, VA Mena, qui cherche à sécuriser les déplacements "en complément de la canne ou du chien". Cette troisième brique, associée à la paire de lunettes connectée ainsi qu'à une télécommande, reprend les fonctionnalités des deux premières en y ajoutant une aide au guidage et à l'orientation avec une estimation des distances.

"Il y a ici une notion de proximité qui nécessite des développements plus importants pour être capable d'effectuer une analyse spatiale fine de l'environnement. C'est notre grand sujet de 2020", indique François Badaud qui, à cet égard, cherche à lever environ 500 000 euros afin d'étoffer un effectif de 4 personnes à ce jour.

des accessoires à développer

Quant au matériel utilisé, B2Bot s'est rapproché de fournisseurs de lunettes et de caméras connectées. Toutefois, "nous souhaitons développer nos propres accessoires car, à terme, nous aurons besoin d'intégrer des fonctions qui n'existent pas dans les produits d'aujourd'hui, notamment pour la mobilité", avance le dirigeant. Lequel évalue actuellement plusieurs partenaires potentiels.

L'entreprise, lauréate cet automne du Réseau Entreprendre Côte d'Azur, vise en priorité le marché français bien que la problématique ne se limite pas aux frontières hexagonales. "On compte 253 millions de personnes déficientes visuelles dans le monde", détaille-t-il. D'où une solution d'ores et déjà "utilisable en français et en anglais" qui devrait être distribuée via un réseau spécialisé dans le handicap visuel, "notre première cible", même si "nous réfléchissons à d'autres modes de distribution axés sur le service".

source : marseille.latribune.fr