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jury au festival premiers plans d’Angers

samedi 25 janvier 2020 à 08h58

Elle ne voit pas les images mais adore le cinéma. Confrontée aux joies et aux déceptions de l’audiodescription, la Lorientaise Marie-Annick Ricard va être l’un des jurys du festival Premiers plans d’Angers.

Pendant une semaine, la jeune retraitée de Pôle Emploi Lorient va côtoyer strass et tapis rouge, au festival de cinéma Premiers plans d’Angers, qui récompense des premiers films au niveau européen depuis 1988. Adhérente de l’association nationale des maîtres-chiens guides et de la fondation Visio, la Morbihannaise Marie-Annick Ricard, 62 ans, non-voyante de naissance, a été repérée pour son engagement vis-à-vis du handicap, mais aussi sa cinéphilie.

Quel va être votre rôle exact lors de ce 32ème festival, qui débute samedi 18 et s’achève le 25 janvier ?

Je rejoins les quatre autres membres du jury pour attribuer le prix 2020 de l’audiodescription, décerné par la fondation Visio. On fonctionne indépendamment du jury principal, présidé cette année par l’actrice Juliette Binoche. Nous avons de 27 à 66 ans, sommes tous déficients visuels et venons des quatre coins de la France. Il s’agira de choisir un lauréat, parmi trois lectures de scénario et de commentaires audio. À la différence du jury classique, nous jugeons un projet de film et non un film déjà tourné. Le gagnant remporte une aide financière, pour réaliser sa future audiodescription.

L’audiodescription a-t-elle toute la place qu’elle mériterait dans les cinémas et à la télévision française ?

Bien sûr que non, la France est très en retard là-dessus, alors que la loi sur l’accessibilité et le handicap contraignent normalement les salles à être équipées et les réalisateurs à s’adapter ! Seuls 10 à 20 % des nouveaux films intègrent l’audiodescription. C’est à cela que doit servir notre prix : ces jeunes réalisateurs font le cinéma de demain, il faut les sensibiliser pour qu’ils adaptent leurs films à tous les publics. Autant sous-titrer un film pour les malentendants paraît simple, autant créer une piste spécifique de descriptifs parlés entre les dialogues (dont les déficients visuels profitent munis d’un casque) nécessite du temps, du savoir-faire et… de l’argent ! Et pourtant, pour moi, c’est vital. Si l’audiodescription est bâclée, je peux perdre la moitié du bénéfice du film.

Comment faites-vous pour profiter malgré tout du cinéma ?

Je n’ai pas souvent le choix, alors que j’adore le cinéma ! À Lorient, j’ai pu "voir" tout récemment Les Misérables ou Les Vétos. Quand il n’y a pas d’audiodescription, on se met au premier rang avec mon mari. Il me fait les commentaires à l’oreille. C’est une solution de repli mais elle est fatigante pour tous les deux.

source : letelegramme.fr