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Rendre son site internet accessible à tous, c’est possible si l’on s’en donne les moyens

mardi 13 octobre 2020 à 08h28

Le référentiel général d’accessibilité pour les administrations (R.G.A.A.) fixe les normes à respecter pour garantir une égalité d’accès à tous les sites. En théorie, ce référentiel s’applique à toutes les collectivités, mais il est possible de ne pas se mettre en conformité, en justifiant une "charge disproportionnée". Le respect du R.G.A.A. passe par le choix du bon prestataire, mais aussi par une formation des personnes qui alimentent les sites des collectivités.

 

votre site internet est-il accessible ?

Comme pour 80 % des collectivités (source : Cap’Com), il l’est sans doute depuis un ordinateur, un smartphone ou une tablette, mais l’est-il pour les personnes en situation de handicap ? Depuis le 23 septembre 2020, il doit en principe l’être. Le décret du 24 juillet 2019 fixe les modalités d’accessibilité des sites et des applications des services publics et de leurs délégataires. Il référence les prérequis techniques minimums pour que les sites soient utilisables par tous, quel que soit le handicap.

 

Pour les collectivités, ce qui se joue n’est rien de moins que l’égalité des citoyens face à leurs démarches administratives en ligne. Pourtant, la partie est loin d’être gagnée. Le décret inclut en effet la notion de "charge disproportionnée", qui permet aux collectivités de ne pas se mettre en conformité si l’estimation des avantages est trop faible au regard du coût. Selon Fernando Pinto da Silva, vice-président du Conseil national consultatif des personnes handicapées, "c’est comme si l’on disait le coût pour rendre notre bâtiment accessible à 100 % aux fauteuils roulants est trop important. Donc nous ne ferons aucune démarche en ce sens et l’ensemble du bâtiment restera inaccessible".

pas de solution magique

Ce problème d’accessibilité numérique s’est d’ailleurs accentué durant la période de confinement. "Tout d’un coup, le numérique apparaît comme le seul recours, se rappelle Fernando Pinto da Silva, mais il ne faut pas oublier que 20 % des Français ont besoin de sites accessibles. Lorsque le numérique devient nécessaire pour toutes les démarches, le problème se révèle flagrant. Faire une procuration, par exemple, est impossible pour un non-voyant seul. Le document n’a pas été conçu en respectant les normes d’accessibilité et il ne peut pas être rempli par les outils dont sont dotés les internautes malvoyants. Une personne tierce est censée imprimer le document, le remplir et le renvoyer".

Pour être conforme, pas de solution magique : il faut coder en respectant une écriture spécifique. Ces normes sont compilées dans le R.G.A.A., dont la dernière version date de 2019. "Comme pour le R.G.P.D., c’est à la collectivité d’intégrer le respect de ces critères lorsqu’elle fait une consultation pour refaire son site", indique le responsable du centre web et des réseaux sociaux de la métropole de Bordeaux (28 communes, 792 000 hab.), Marc Cervennansky. "Tout restataire sérieux sait l’intégrer si on le lui demande, mais la collectivité ne doit pas se contenter de promesses. Le marché est atomisé en de multiples prestataires mais les outils sont les mêmes alors il faut des preuves. Cela peut passer par une certification, comme celle d’Opquast", poursuit-il.

fermes à sites mutualisées

A Nantes, l’agence Creasite fait partie de ces prestataires agréés. Elle valide 300 points techniques de cette certification et travaille pour plusieurs communautés de communes distinguées par le label "5@" de l’association Villes et territoires internet.

 

Son directeur, Stéphane Auffret, revient sur l’idée d’un retard de la FPT dans l’accessibilité des sites internet. "Il y a eu plusieurs bonds, souvent actionnés par les élections municipales. En 2008, les sites étaient voués à la communication digitale. En 2014, c’était le téléservice. Aujourd’hui, on se dirige vers la création de fermes à sites mutualisées". Celles-ci sont commandées par une réunion de collectivités pour obtenir un site idéal. Ce dernier est ensuite décliné pour les collectivités du territoire. "Tout le monde a compris que les sites vitrines sont finis et qu’il faut faire du téléservice, continue Stéphane Auffret, mais beaucoup de préconisations ne sont pas respectées par les collectivités. Par exemple, le seul logiciel agréé par la Cnil pour l’analyse de trafic est Matomo, alors qu’une immense majorité des collectivités utilisent Google Analytics."

D’autres préconisations de l’Etat sont le b.a.-ba de la production de sites. Export des fichiers XML sur demande, présence d’une page de mentions légales, obligation de l’audiodescription et affichage de sous-titres dans les vidéos sont autant de réalisations qui ne dépendent pas de la conception du site, mais plutôt des bonnes pratiques quotidiennes de ceux qui l’alimentent en contenus. Afin d’intégrer ces méthodes, un accompagnement ou une formation peuvent être nécessaires, mais Fernando Pinto da Silva conseille, dans un premier temps, les "dix points de l’accessibilité numérique", disponibles sur "aveuglesdefrance.org". "D’un point de vue pratico-pratique, il faut faire les choses petit à petit, ajoute-t-il. Les textes de loi et l’objectif d’accessibilité doivent être mis face aux moyens à disposition. Il est nécessaire d’intégrer ces démarches dans un schéma pluriannuel."

Focus : les agents aidés à respecter les normes de création de contenus

Pauline Gilg_webmestre euromet Strasbourg

Pauline Gilg, webmestre

"La métropole utilise 35 sites web publics en fonction des métiers associés", énumère Pauline Gilg, webmestre à l’eurométropole de Strasbourg. "Chaque ajout sur l’un de ces sites doit remplir les normes, à la fois de respect des données et d’accessibilité. Pour atteindre cet objectif, il faut sensibiliser les agents qui alimentent les sites. Cela ne se fait pas en un jour". Ce travail de respect des normes passe par une agence web interne, mutualisée entre la ville et la métropole. "C’est de la pédagogie. Les agents nous commandent des projets et nous en profitons pour parler R.G.P.D. et R.G.A.A.. Généralement, il suffit de parler des spams pour que tout le monde saisisse l’enjeu du respect du consentement numérique. Nous tenons également deux réunions par an avec chaque équipe, en présence du délégué à la protection des données. Et un numéro est disponible où je réponds aux questions avec l’aide d’un apprenti."

L’accompagnement des agents va de pair avec un guide pour respecter les normes "facile à lire et à comprendre". Et puisque la confiance n’exclut pas le contrôle, l’outil Siteimprove est systématiquement utilisé sur les nouveaux contenus. Il permet de repérer les fautes d’orthographe, les balises manquantes et les entorses au R.G.A.A.. "C’est aussi très pratique pour changer un terme dans l’ensemble des sites de la collectivité" ajoute Pauline Gilg.

Contact : Pauline Gilg, pauline.gilg@strasbourg.eu

 

source : lagazettedescommunes.com