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audiodescription : voix qui murmure à l'oreille des aveugles

mercredi 03 mars 2021 à 08h37

L'audiodescription débarque en France en 1989. 20 ans plus tard, l'enjeu est d'assurer une production de qualité pour garantir une meilleure accessibilité du 7ème art aux personnes déficientes visuelles.

focus sur un procédé en mal de reconnaissance

San Francisco, Etats-Unis, au beau milieu des "seventies". Grégory Frazier, jeune professeur d'université, entend l'épouse de son meilleur ami non-voyant lui décrire ce qu'il ne peut pas voir à la télévision. Lui vient alors une idée de génie... Il élabore une technique qui permet la description de l'image projetée à l'écran grâce à une voix "off" intervenant entre les répliques d'un film ou d'une pièce de théâtre... Bref, une voix qui murmure à l'oreille des aveugles.

Mai 1989 : l'audiodescription débarque en France

Son concept, appelé de prime abord "AudioVision", ne rencontre pas le succès escompté, le monde du spectacle fait la sourde oreille... Jusqu'à ce que le Professeur Frazier rencontre le nouveau doyen de l'Université de San Francisco, qui n'est autre qu'August Coppola, frère du célèbre réalisateur. Emballé, ce visionnaire facilite le développement de ce procédé sur petit et grand écran. Eureka, l'audiodescription est née ! En 1988, sort le premier film audiodécrit : Tucker, un biopic sur le constructeur automobile américain du même nom, réalisé par... Francis Ford Coppola ! Un an plus tard, trois "frenchies" s'envolent pour l'Université de San Francisco où ils sont formés aux techniques de l'audiodescription. A leur retour en France, August Coppola accorde à l'association Valentin Haüy (A.V.H.), qui défend l'intérêt des personnes déficientes visuelles, l'exclusivité du développement du projet AudioVision. En mai 1989, le procédé est présenté pour la première fois dans l'Hexagone lors du Festival de Cannes. La machine est lancée... L'audiodescription se développe ensuite principalement lorsque les premières salles de cinéma commencent à s'équiper.

un guide pour une audiodescription de qualité

Vingt ans plus tard, l'enjeu est de répondre à la demande de formation et de qualification. Si une poignée de formations sont proposées, bien souvent les laboratoires de post-production se contentent de faire du "recyclage". Concrètement, ils sollicitent des salariés internes qui assurent habituellement le doublage ou la traduction. Aujourd'hui, l'audiodescription semble être entrée dans les mœurs mais une nouvelle étape doit être franchie pour assurer une production de qualité et faire d'un film audiodécrit une œuvre à part entière. C'est l'ambition du Guide de l'audiodescription (article complet et lien ci-dessous), publié en décembre 2020 sous l'égide du Conseil supérieur de l'audiovisuel (C.S.A.) et élaboré par des auteurs d'audiodescription, des personnes déficientes visuelles et des associations telles que la Confédération française pour la promotion sociale des aveugles et amblyopes (C.F.P.S.A.A.). "Si, quantitativement, on progresse, la qualité n'est pas toujours acquise", observe Francis Perez, son vice-président, en charge de la Commission audiovisuelle... Interview.

6 questions à Francis Perez à retrouver sur handicap.fr