Cette tribune défend l'idée que l'inaccessibilité du web constitue une discrimination systémique : sans interfaces accessibles, l'accès à l'éducation, à l'emploi, à la santé ou à la citoyenneté reste.
Il est temps de poser les choses clairement : dans une société numérisée, priver quelqu'un d'un accès effectif au web, c'est l'empêcher d'exercer ses droits fondamentaux, et cela concerne directement 12 millions de personnes en situation de handicap en France, dont 75 % ont un handicap invisible, et plus de 100 millions en Europe.
Imaginez un lycéen dyslexique qui tente de finaliser ses vœux sur Parcoursup : formulaires saturés de texte, absence de synthèse vocale, captcha illisible… À la fin, il abandonne. Sur le papier, il a les mêmes droits que les autres, mais en pratique un simple écran fait office de porte close.
internet, droit autonome ou condition d'accès aux droits ?
La recherche a largement posé le diagnostic. C.K. Sanders montre comment la fracture numérique nourrit les inégalités et doit être traitée comme un sujet de droits humains ("The Digital Divide Is a Human Rights Issue"). Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU rappelle que les droits doivent être protégés en ligne comme hors ligne et condamne les coupures d'accès ("Résolution 32/13"). Vint Cerf décrit Internet non comme un droit autonome mais comme un "enabler of rights", quand Merten Reglitz et une étude du Parlement européen plaident pour reconnaître un droit effectif à l'accès Internet ("Internet access as a fundamental right").
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