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tous les malvoyants n'ont pas une canne

À Dammarie-lès-Lys, le S3AS Clin d'œil, entité rattachée à la fondation Ellen-Poidatz, accompagne les jeunes atteints de déficience visuelle.

Lorsqu'on pense "handicap", on imagine bien souvent une personne en fauteuil roulant. Pourtant, l'univers du handicap est bien plus large que cela, et c'est tout l'objet du S3AS, pour Service d'aide à l'acquisition de l'autonomie et à la scolarisation, Clin d'œil, installé avenue Charles-Prieur à Dammarie-lès-Lys (Seine-et-Marne).
Ce service de la Fondation Ellen-Poidatz est spécialisé dans l'accompagnement de jeunes déficients visuels, âgés de 0 à 20 ans. 

plusieurs spécialités

D'extérieur, on a l'impression qu'il s'agit d'un pavillon tout ce qu'il y a de plus classique. En réalité, c'est ici que s'organise le suivi de 50 jeunes déficients visuels de la moitié sud du département, redirigés ici par les services de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). "Nous allons sur les lieux de vie du jeune ou de l'enfant, qu'il s'agisse de l'école, des lieux de loisirs, ou la maison. L'objectif est d'accompagner les jeunes déficients visuels afin qu'ils développent leur autonomie dans les différentes sphères de la vie quotidienne grâce aux rééducations et des moyens de compensation", développe brièvement Morad Baroudi, le chef de service.

Plusieurs spécialités cohabitent, et notamment celle de l'adaptation des textes, par les transcripteurs-adaptateurs. "Nous sommes trois, et on travaille sur le grossissement des textes, ou bien sur l'adaptation des textes en braille. On peut aussi réaliser des documents en relief, comme les cartes par exemple, que l'on imprime sur du papier spécial", explique Colin Henault, transcripteur-adaptateur.
Dans cette tâche, ils sont aidés par une base de données enrichie régulièrement, dans laquelle on peut trouver aussi bien la version braille de Germinal, d'Émile Zola, que la carte de la zone urbaine de Londres.

Plus largement, on trouve aussi au S3AS des psychomotriciennes, des ergothérapeutes, des éducatrices spécialisées ou une instructrice de locomotion, des psychologues ou encore une orthoptiste et un médecin coordonateur. Bref, tout un panel de métiers dont l'objectif est d'accompagner les jeunes, de sensibiliser le grand public.

un handicap méconnu

La mission de Clin d'œil est d'autant plus importante qu'elle est méconnue du grand public, et tout comme le handicap qu'elle accompagne. "Non, tous les malvoyants n'ont pas une canne. Oui, on peut travailler en étant déficient visuel. Non, on ne voit pas toujours qu'une personne a une déficience visuelle", martèle-t-on d'ailleurs sur place.

Les déficiences visuelles sont d'ailleurs si mal connues qu'on ne sait pas exactement combien de personnes en sont atteintes en France. Elles seraient entre 1,8 et 2 millions, mais les chiffres sont mal connus.
Saviez-vous, ainsi, que certains ne voient que des formes, que d'autres ne perçoivent pas les perspectives, quand d'autres ne distinguent plus rien si la lumière est intense ? "C'est tout l'intérêt de mener des sensibilisations au sein des écoles, des familles et des partenaires du territoire afin d'élargir la connaissance de la déficience visuelle et d'un meilleur accompagnement des personnes concernées. Et c'est aussi pour cela qu'on compte aussi développer l'inclusion par le sport, mais aussi les liens avec le marché de l'emploi et de l'insertion", termine Morad Baroudi.

source : actu.fr/ile-de-france