ADEME.
Agence de la transition écologique.
Comment bien pailler au jardin ?
Clés pour agir.
Édition décembre 2024.
Adaptation, conversion et gravure audio : Handicapzéro.
Le paillage, protecteur et nourricier.
1. Quels déchets utiliser ?
1.1. Pour nourrir le sol.
1.2. Pour structurer le sol.
2. La meilleure façon de pailler.
2.1. 3 périodes idéales.
2.2. 5 étapes clés.
2.3. Quand retirer le paillis ?
2.4. Attention aux idées reçues !
L'ADEME à vos côtés.
Feuilles mortes, tontes de pelouse, brindilles, Le jardin génère de grandes quantités de déchets. Plutôt que de s'en débarrasser, pourquoi ne pas les valoriser utilement sur place ?
Avec la méthode du paillage, on recouvre le sol de débris végétaux pour constituer une litière qui protège les plantes du gel, conserve mieux le sol humide lors des fortes chaleurs et favorise la biodiversité.
Ce n'est ni plus ni moins qu'une reproduction de ce qu'il se passe dans la nature. En forêt par exemple, la litière abrite une faune riche et active, essentielle au bon fonctionnement de l'ensemble sol, plantes.
• 30 minutes de paillage, c'est 5 heures en moins, à jardiner.
• 81 kg de déchets verts collectés par français en 2019.
4 bonnes raisons de pailler.
1. Améliorer le sol et nourrir les plantes : en augmentant le taux d'humus, le paillage rend le sol plus souple, plus aéré et plus facile à travailler. Il facilite aussi l'absorption des éléments nutritifs par les plantes.
2. Protéger le jardin : la litière formée par le paillis favorise l'infiltration progressive de l'eau dans le sol. Elle conserve l'humidité au pied des plantes, les protège du froid, de la chaleur, des ravageurs, etc. Cette couche de protection limite également l'érosion du sol et la transmission de maladies, comme le mildiou ou l'oïdium.
3. Éviter du travail et des dépenses : le paillage réduit la pousse de "mauvaises herbes", au potager comme dans les massifs.
C'est la meilleure alternative au désherbage du jardin. Il évite aussi les salissures sur les fruits et légumes, comme sur les fraises par exemple. Enfin, des prédateurs naturels viendront vivre dans le paillis : c'est moins de travail pour chasser les espèces ravageuses !
4. Limiter les déplacements en déchèterie : valoriser ses déchets verts sur place, c'est non seulement moins de déchets à traiter pour la collectivité, mais c'est aussi moins d'allers-retours en déchèterie, surtout en période de taille !
À quelques exceptions près, tous les déchets du jardin et certains déchets de la cuisine peuvent être utilisés pour pailler. Il suffit de composer son paillis selon les besoins du jardin.
Les paillis de courte durée de vie qui se dégradent en quelques semaines et produisent un humus actif et nutritif. La solution idéale pour le potager et les fleurs ! Épluchures, brindilles vertes, fougères, tonte de pelouse, feuilles tendres.
Des végétaux à éviter : certains déchets verts sont nocifs en paillage : les tailles de cyprès ou de thuya, qui peuvent libérer des substances toxiques, et les aiguilles de pin, qui acidifient le sol. Réservez-les au paillage des allées et dans le cas des aiguilles de pin, au pied des plantes de terre de bruyère.
Les herbes montées en graine sont également déconseillées pour éviter qu'elles ne repoussent.
Les paillis de longue durée de vie qui peuvent mettre un an ou + à se dégrader. Moins nourriciers mais plus stables, ils se déposent au pied des plantes, arbres, arbustes, plantes vivaces, etc. Tailles d'arbres et de haies, copeaux de bois, coques de noix et noisettes, feuilles coriaces.
Il peut être utile de mélanger voire d'alterner ces 2 types de paillis pour équilibrer les apports et éviter des excès nuisibles (accumulation de bois, acidification des sols, dégradation trop rapide, propagation de maladies, etc.).
Ne brûlez jamais vos déchets verts à l'air libre ! Cette pratique interdite est une source de nuisance pour vous et vos voisins : odeurs, fumées, etc. Elle émet également de nombreux polluants dans l'air, dont des particules fines dangereuses pour la santé.
Que faire des déchets durs et épais ? Ils doivent être broyés : coupez-les au sécateur en petits morceaux. Et pour les grosses branches, utilisez un broyeur.
Tour d'horizon des petites choses à savoir pour une opération "paillage" 100 % réussie.
En début de saison de culture, quand les graines sont bien germées.
En été, quand il fait très chaud, en paillant sur sol humide.
En automne, pour protéger les plantes avant l'hiver et éviter de laisser le sol nu.
Ne paillez pas par vent fort, pour éviter que des déchets s'envolent hors de votre jardin, ni quand il gèle car le paillis freine le réchauffement du sol.
Stockez le paillis bien au sec ! Si vous ne l'utilisez pas tout de suite, mettez-le dans un contenant percé de petits trous pour garantir une bonne aération ou bien étalé sur une bâche, dans un lieu à l'abri des intempéries.
Au préalable, pensez à faire sécher quelques jours les paillis riches en eau (gazon, herbe, etc.).
Où disposer le paillis ?
• au pied des arbustes,
• sous les haies,
• entre les rangs du potager,
• au pied des rosiers et des massifs floraux,
• dans les jardinières et les pots de fleurs.
1. Désherber en éliminant les indésirables (chiendent, pissenlit, liseron, etc.), racines et rhizomes compris,
2. faire un léger apport de compost en surface, si possible,
3. décompacter la terre en binant un peu autour des végétaux,
4. étendre le paillis en couche de 3 à cinq cm, sans enfouir ni recouvrir la base de la plante,
5. arroser si nécessaire (selon l'humidité du sol, la météo à venir, etc.).
Par la suite, veillez à rajouter régulièrement du paillis pour conserver l'épaisseur initiale.
Connaissez-vous le mulching ? C'est une technique de tonte sans ramassage de l'herbe. La tondeuse mulcheuse coupe très finement la partie haute du gazon, dont les fragments se redéposent sur la pelouse.
En se décomposant, l'herbe broyée servira d'engrais naturel. Une pelouse de 100 m carré c'est 60 à 110 kg de tonte par an.
• Au début du printemps, au potager, pour laisser le sol se réchauffer plus rapidement et éviter la prolifération des parasites,
• lors des semis car le paillis pourrait gêner leur levée,
• au moment de planter pour éviter d'enfouir du paillis au contact des racines.
Les pièges à éviter :
• Un paillis trop humide attire parfois des nuisibles, comme les limaces, et peut asphyxier les racines : préférez les déchets secs et aérés.
• Un paillis trop épais risque de séduire les rongeurs : limitez l'épaisseur du paillis et retirez-le partiellement en hiver.
• Un paillis trop enfoui dans le sol peut provoquer un effet dépressif sur les végétaux en croissance, mais aussi être propice au développement de vers blancs et larves de taupin : il doit toujours être étalé en surface.
En savoir plus :
• Comment jardiner au naturel ? Également disponible aux formats adaptés.
• Comment réussir son compost ? Également disponible aux formats adaptés.
Le paillage transmet des maladies aux plantes ? Non, si on n'utilise pas de débris végétaux malades sur place ou sur des plantes de la même espèce. On peut parfaitement utiliser des restes de légumes abîmés pour les massifs floraux ou pailler avec des feuilles malades au potager.
Le paillage favorise l'enracinement superficiel ? Oui, mais il favorise aussi le maintien de l'humidité et fournit des éléments nutritifs, rapidement captés par les racines superficielles. De plus, il n'empêche pas l'enracinement profond, et ne fragilise finalement pas la plante.
Un concentré de biodiversité. Certains prédateurs naturels éliront domicile dans votre paillis : hérissons, lézards, crapauds, coccinelles, perce-oreilles, etc. Ils deviendront vos meilleurs alliés pour défendre votre jardin contre les ravageurs.
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Rédaction : ADEME, Agence Giboulées.