ADEME.
Agence de la transition écologique.
Tout comprendre : les impacts de la mode et de la fast-fashion.
Clés pour agir.
Édition mai 2025.
Adaptation, conversion et gravure audio : Handicapzéro.
Vers une mode durable ?
1. Où sont produits nos vêtements et chaussures ?
1.1. Très peu sont Made in France.
1.2. Beaucoup sont fabriqués en Asie.
2. Comment sont-ils fabriqués ?
3. Faut-il privilégier certaines matières ?
3.1. Fibres naturelles, artificielles ou synthétiques ?
3.2. Toutes les matières passées au crible.
4. Que sait-on sur la pollution des microplastiques ?
4.1. Le lavage des vêtements augmente la pollution.
4.2. Des recherches actives pour réduire cette pollution.
5. Éco concevoir des vêtements et des chaussures, c'est possible ?
6. Pourquoi la fast-fashion est un problème ?
7. La seconde main : une solution ?
8. Quel est l'impact des retours produits et des invendus ?
9. Comment faire pour mieux acheter ?
9.1. En finir avec les achats superflus.
9.2. Privilégier les textiles avec un label environnemental.
10. Garder ses vêtements plus longtemps, ça compte ?
11. Tous les vêtements sont-ils recyclables ?
12. Que deviennent les vêtements et chaussures déposés dans une borne ?
L'ADEME à vos côtés.
Mentions légales.
La mode, un secteur en constante évolution, pose à chacun d'entre nous de nombreuses questions sur la durabilité et l'éthique.
L'industrie textile génère de multiples impacts négatifs sur l'environnement : émissions de gaz à effet de serre, pollution de l'air, de l'eau et des sols, contribution à la déforestation et atteinte à la biodiversité. De plus, les conditions de travail dans les usines de certaines régions du monde restent très préoccupantes.
Le phénomène de l'ultra fast-fashion aggrave ces problèmes. Ce modèle repose sur la production rapide et à très bas coût de vêtements, avec des collections sans cesse renouvelées et des techniques de marketing qui poussent à l'achat, sans prise en compte de nos besoins réels.
Le tout, en exerçant une pression considérable sur les ressources naturelles et les droits humains. En quelques années, nous sommes passés de 2 collections par an à plusieurs milliers de nouveaux modèles par jour. Source : Rapport, "Quand la mode surchauffe", Les Amis de la Terre France, juin 2023.
En France, les pouvoirs publics, des associations et certaines entreprises commencent à réagir.
Des initiatives voient le jour pour encourager une consommation plus responsable :
sensibilisation à acheter en fonction de ses besoins, à réduire les achats impulsifs, prolongation de la durée de vie des vêtements grâce à des bonus réparation et repérage plus facile des produits les moins polluants grâce aux labels et à l'affichage environnemental. Cependant, le chemin vers une mode plus responsable est encore long.
Il est donc essentiel de comprendre les impacts de l'industrie de la mode et d'explorer les solutions pour agir de manière responsable, en tant que consommateurs. Découvrons les enjeux de la mode actuelle et les solutions pour un avenir plus durable.
La consommation européenne de textiles représente, la 4ème source d'impacts sur l'environnement et le changement climatique de l'Union européenne, après l'alimentation, le logement et les transports. Source : EU Strategy for Sustainable and Circular Textiles.
Environ 7 millions de vêtements neufs sont achetés par jour en France. Source : estimation d'après le baromètre Refashion sur les ventes 2022.
Chaque Français a acheté en moyenne 40 pièces d'habillement et 4 paires de chaussures en 2022. Source : Refashion, Rapport d'activité 2022.
Depuis les années 2000, l'industrie manufacturière française du textile a perdu les deux tiers de ses effectifs et plus de la moitié de sa production. Aujourd'hui, la majorité des vêtements et des chaussures est importée.
En France, on fabrique principalement des produits de luxe ainsi que des textiles techniques qui ne sont pas destinés à l'habillement (pour l'industrie et la santé par exemple). On trouve également des entreprises du textile sans usine qui conçoivent des modèles et commandent leur fabrication à l'étranger.
Seuls 21 % des Français estiment que le Made in France est un critère très important pour choisir ses vêtements. Source : Toluna Harris pour le Ministère de la Transition Écologique et de la cohésion des territoires, Les Français et l'industrie textile, mars 2024.
Made in France, ça veut dire quoi ?
Les mentions "Made in France" ou "fabriqué en France" n'impliquent pas une fabrication intégrale en France.
Pour les produits dont les composants, matières premières et étapes de production proviennent de différents pays, l'origine est attribuée au pays où a eu lieu la dernière transformation substantielle.
Les étiquettes sur les vêtements doivent aussi comporter le pays où sont réalisés :
• le tissage,
• la teinture ou l'impression du tissu,
• la confection.
(Cette obligation est progressivement mise en place depuis janvier 2023).
Source : economie.gouv.fr, "Acheter un produit"Fabriqué en France" : quelles garanties ?".
La France conserve son savoir-faire.
La région de Lyon était réputée pour le travail de la soie, le nord de la France pour ses ateliers de confection ou sa dentelle, le secteur de Troyes ou de Roanne pour ses fabricants de mailles et de tricots, les Vosges pour le tissage et le linge de maison, la Bretagne pour ses chandails de marin.
Tous ces savoir-faire réputés n'ont pas disparu des régions françaises !
La moitié des vêtements et chaussures vendus en France sont fabriqués en Asie, principalement en Chine, qui concentrait 41,4 % des parts de marché mondial du secteur du textile et de l'habillement en 2021.
Source : Étude Insee, "L'industrie textile en France : une production mondialisée, sauf pour les produits de luxe et les textiles techniques", parution Insee Première Numéro 1714 de 2018.
Les réglementations environnementales et la protection des travailleurs sont souvent moins strictes dans cette région du monde qu'en Europe, ce qui permet des coûts de production plus bas, mais entraîne aussi fréquemment des pollutions de l'air, de l'eau et des sols et des conditions de travail particulièrement difficiles.
Des conditions de travail qui tardent à s'améliorer.
En 2013, l'effondrement du Rana Plaza au Bangladesh a causé la mort de plus de 1 100 personnes, principalement des ouvriers du textile travaillant dans des conditions précaires.
En 2023, des contestations d'ouvriers qui demandaient des augmentations de salaires pour subvenir aux besoins de leurs familles ont été réprimées par la police.
Source : France 24, "Au Bangladesh, des heurts opposent la police à des ouvriers du textile en grève", novembre 2023.
Plus de 300 millions de personnes dans le monde (en majorité des femmes) travaillent dans l'industrie textile. Source : Ressource du Programme des Nations Unies pour l'Environnement sur le secteur textile.
Comment sont fabriqués les vêtements ?
1. Extraction des matières premières : culture, récolte, préparation des fibres naturelles, artificielles ou synthétiques (eau, matières premières, pollution des sols, produits chimiques).
2. Filature, tissage et tricotage : matières premières, produits chimiques, pollution de l'eau, pollution de l'air.
3. Teinture, impression et ennoblissement : blanchiment, teinture, impression, délavage des jeans, autres apprêts "easy care" (eau, énergie, produits chimiques, pollution de l'air, pollution de l'eau, pollution des sols).
4. Confection : coupe, couture, finitions (matières premières, énergie, pollution de l'eau, pollution de l'air).
5. Stockage, distribution et vente au détail en ligne ou en magasin physique : transport, emballages (eau, énergie, pollution de l'air).
6. Utilisation : lavage, séchage en sèche-linge, repassage (eau, énergie, pollution de l'eau).
7. Réemploi.
8. Fin de vie : recyclage, incinération avec valorisation énergétique ou enfouissement en centre de stockage (énergie, pollution des sols).
Toutes les étapes de fabrication ont des impacts sur l'environnement.
• La production de matières premières : cette étape entraîne des pollutions de l'air, des sols et de l'eau. Pour cultiver des matières naturelles comme le coton, l'agriculture utilise des produits chimiques qui pénètrent dans le sol, atteignant parfois les nappes phréatiques, ou qui ruissellent vers les rivières, tout en libérant des polluants dans l'air. De plus, la culture du coton nécessite de grandes quantités d'eau alors que cette ressource est parfois peu disponible dans les endroits où le coton est cultivé. La fabrication des matières synthétiques consomme beaucoup moins d'eau, mais soulève d'autres enjeux : recours au pétrole et à ses dérivés, rejet de microplastiques lors du lavage, etc,
• la fabrication des fil, des tricots et tissus : ce processus consomme de l'énergie et nécessite d'utiliser des produits chimiques,
• la teinture et l'ennoblissement : ces étapes utilisent également beaucoup de produits chimiques.
Quel est l'impact des transports ?
Le transport des vêtements effectué en bateau génère peu d'impacts environnementaux en comparaison des autres étapes de production.
Mais ce mode de transport est en train d'être remplacé par le transport aérien car les entreprises de fast-fashion veulent livrer leurs produits toujours plus vite. Or, le transport en avion d'un t-shirt produit au Bangladesh génère 14 fois plus d'émissions de gaz à effet de serre que son transport par bateau, dépassant même les émissions dues à sa fabrication. Source : Public Eye, Le magazine numéro 44, novembre 2023.
Il n'existe pas de matière parfaite car toutes ont des impacts sur l'environnement. Cependant, il existe des solutions pour les réduire et favoriser des choix plus responsables.
Par exemple, l'empreinte d'un vêtement peut être largement diminuée s'il est porté sur une longue durée, parce qu'il correspond parfaitement à nos attentes : un pull bien chaud qui ne bouloche pas, une chemise infroissable et dont la couleur ne change pas, un t-shirt tout doux et qui ne se troue pas, un maillot de bain robuste pour nos longueurs à la piscine ou encore une robe qui tombe bien et qui ne bouge pas après plusieurs lavages.
Tout cela va dépendre des propriétés des fibres utilisées et de la qualité de la teinture qui résisteront plus ou moins bien aux lavages et au temps qui passe.
S'il est fréquent de lire que certaines matières sont plus polluantes que d'autres, les études actuelles ne permettent pas de l'affirmer. En effet, pour évaluer l'empreinte écologique d'un vêtement, il est nécessaire d'analyser l'ensemble de ses impacts environnementaux sur tout son cycle de vie et donc de tenir compte, aussi, de la façon dont on l'utilise.
On sait en revanche mesurer précisément certains impacts, comme l'empreinte eau des différentes matières textiles. Mais cet indicateur ne peut pas justifier à lui seul de privilégier une matière plus qu'une autre. En effet, il faut également tenir compte des impacts des microplastiques libérés au lavage par les matières synthétiques ou encore de l'impact carbone.
En savoir plus :
• Infographie : L'empreinte eau d'un t-shirt, disponible sur la librairie en ligne de l'ADEME,
• Infographie : L'empreinte eau d'un jean, disponible sur la librairie en ligne de l'ADEME.
3 grandes familles de matières.
Les matières qui composent nos vêtements peuvent être classées en 3 grandes familles :
• les matières d'origine naturelle : végétales comme le coton ou le lin, ou animales comme la laine,
• les matières d'origine artificielle : transformées chimiquement à partir de matières naturelles comme le Lyocell et la viscose, fabriqués à partir de cellulose de bois,
• les matières d'origine synthétique : fabriquées à base de pétrole, comme le polyester ou l'acrylique.
Quelle est l'empreinte, eau, des différentes matières ?
Données calculées en mètre cube par kg, pour 1 kg de matières.
• Coton : 58,
• Coton recyclé : 5,38,
• Viscose : 3,86,
• Nylon : 2,31,
• Acrylique : 1,82,
• Polyester : 0,38.
Source : nosgestesclimat.fr
6 conseils pour bien choisir la matière de ses vêtements :
• optez pour des tissus mono-matière pour faciliter le recyclage,
• pour le lin, préférez celui transformé en France ou en Europe,
• choisissez le coton bio ou recyclé,
• parmi les fibres artificielles, privilégiez le Lyocell,
• pour les synthétiques, optez pour le polyester recyclé,
• favorisez les vêtements bénéficiant de labels reconnus ou de certifications vérifiées par des organismes indépendants qui garantissent un moindre impact environnemental.
Le coton.
Cette fibre naturelle végétale est cultivée principalement en Chine, aux États-Unis, au Brésil et au Pakistan, dans des conditions parfois très difficiles pour les travailleurs. Sa culture nécessite l'usage de terres agricoles (34 millions d'hectares de coton ont été cultivés dans le monde en 2022, selon la FAO), d'eau pour l'irrigation, d'engrais et de pesticides, voire de défoliants pour la récolte. Avant d'être utilisées pour fabriquer des vêtements, les fibres de coton nécessitent un prétraitement par flambage, mercerisage, blanchiment et débouillissage, qui consomme de l'énergie, de l'eau et des produits chimiques.
Le coton est une des fibres les plus utilisées pour fabriquer des vêtements. C'est en effet une matière douce, très agréable à porter et qui retient bien l'humidité. Le coton est très apprécié pour les vêtements près du corps.
Le coton représente plus de 40 % de la composition des vêtements. Source : Refashion, Étude de caractérisation des déchets textiles non réemployables en centre de tri, avril 2023.
Le lin et le chanvre.
La France est le premier producteur mondial de lin. Cette culture, qui a besoin d'humidité et d'un climat frais, n'est possible que dans certaines régions (Bretagne, Normandie, Hauts-de France) et dans certains pays (Belgique, Pays-Bas). Le chanvre, en revanche, peut être cultivé partout en France.
Le lin et le chanvre doivent être cultivés en alternance et ne peuvent être plantés qu'une fois tous les 6 ou 7 ans sur la même parcelle.
Leur culture a l'avantage de ne pas demander d'arrosage ni de pesticides.
Après récolte, les plantes sont déposées sur le sol où elles vont se dégrader naturellement (c'est le rouissage). Puis, la paille (60 à 70 % de la plante) est séparée des fibres, qui sont ensuite exportées pour être filées. Un prétraitement (blanchiment) est nécessaire avant de les utiliser pour fabriquer des vêtements.
Les vêtements en lin sont agréables à porter, surtout quand il fait chaud.
Quelques entreprises (marques, filateurs, teilleurs) et des coopératives agricoles françaises cherchent actuellement à développer les textiles en lin et en chanvre ainsi que la valorisation de la paille.
Le lin entre dans la composition de moins de 1 % des vêtements. Source : Textile Exchange.
La laine.
La laine a de nombreux avantages : elle absorbe l'humidité, elle est douce (en particulier la laine mérinos) et elle conserve très bien la chaleur.
Ses impacts environnementaux sont en partie dus à l'élevage, qui participe à l'acidification des sols et des eaux.
• La laine est présente à moins de cinq % dans la composition des vêtements,
• 75 % de la laine dans le monde provient d'Australie.
Source : Refashion, Étude de caractérisation des déchets textiles non réemployables en centre de tri, avril 2023.
Et la laine française ?
La laine des moutons français n'est pas totalement exploitée car il n'existe pas de filière complète de valorisation qui soit rémunératrice (collecte par qualité de laine, préparation intégrant le lavage, utilisation pour différentes applications : rembourrage, habillement, feutre, engrais, etc.). Ainsi, certains éleveurs français ne trouvent pas d'acheteurs pour leurs toisons.
Le collectif Tricolor (collectiftricolor.org), regroupant des éleveurs, des transformateurs et des marques, mène des actions pour développer les filières lainières françaises.
La viscose et le Lyocell.
Fabriquée à partir de la transformation chimique de la cellulose (un des composants du bois), la viscose est largement utilisée dans les chemises et les draps, car elle a un faible coût de production.
Cependant, cette matière a de nombreux effets sur l'environnement car elle est fabriquée avec des produits chimiques très toxiques, volatils et nocifs pour la santé.
Autre fibre artificielle, le Lyocell est fabriqué avec une technique qui permet de recycler l'eau et de récupérer le solvant pour les utiliser une nouvelle fois, ce qui réduit fortement ses impacts environnementaux.
La viscose ou le lyocell ne sont présents qu'à hauteur de 6 % dans la composition des vêtements. Source : Refashion, Étude de caractérisation des déchets textiles non réemployables en centre de tri, avril 2023.
Le polyester et l'acrylique.
Les vêtements en polyester sont résistants et infroissables. Ceux en acrylique sont doux, légers et ne gardent pas la chaleur. Fabriqués à partir de composés issus du pétrole, le polyester et l'acrylique font partie des matières plastiques.
Ils ne nécessitent pas de traitement (comme le blanchiment dans le cas du coton) avant l'étape de teinture mais ils sont fabriqués à partir de pétrole, leur confection consomme de l'énergie et ils libèrent des microplastiques lorsqu'ils sont portés et lavés.
Le polyester et l'acrylique sont présents, à environ 20 % et 12 % dans la composition des vêtements. Source : Refashion, Étude de caractérisation des déchets textiles non réemployables en centre de tri, avril 2023.
En savoir plus : découvrez les labels recommandés par l'ADEME sur le site agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/labels-environnementaux.
Lorsque l'on fabrique, porte et lave des vêtements, des fragments de fibres de moins de cinq millimètres (d'origine synthétique et naturelle) se détachent sous l'effet des frottements. Ces fragments sont libérés dans l'air et dans l'eau.
En effet, lors du lavage des vêtements, des fragments sont évacués dans les eaux usées qui sont traitées dans les stations d'épuration.
Cependant, ils ne sont pas entièrement retenus dans ces stations et se retrouvent donc dans les rivières, les fleuves puis les océans où ils s'accumulent.
On estime que dans le monde, les textiles synthétiques (principalement en polyester, en polyéthylène, en acrylique et avec de l'élasthanne) sont responsables du rejet de 0,2 à 0,5 million de tonnes de microplastiques primaires dans les océans chaque année.
Sources : Boucher J, et Friot D (2020), Microplastiques primaires dans les océans : évaluation mondiale des sources. Gland, Suisse : UICN. 44 p.
Les vêtements ne sont pas les seuls responsables de la pollution aux microplastiques.
Ces derniers proviennent également de la dégradation de macroplastiques qui se fragmentent en morceaux de plus en plus petits, au fil du temps. On les appelle alors des microplastiques secondaires.
Évaluation mondiale des sources de microplastiques primaires déversés dans les océans. Soit 1,5 million de tonnes par an :
• 35 % : lavage de textiles synthétiques,
• 24 % : poussières urbaines,
• 7 % : dégradation des marquages routiers,
• 6 % : autres sources.
Sources : Boucher J, et Friot D (2020), Microplastiques primaires dans les océans : évaluation mondiale des sources. Gland, Suisse : UICN. 44 p.
Les microplastiques primaires, c'est quoi ?
Les microplastiques primaires sont les plastiques qui sont rejetés directement dans l'environnement sous la forme de petites particules.
Ils peuvent avoir été volontairement ajoutés à des produits, comme les agents exfoliants que l'on trouve dans les articles de toilette et les cosmétiques (par exemple, les gels douche).
Ils peuvent aussi provenir de l'usure d'objets en plastique plus gros, au cours de leur fabrication, de leur utilisation ou de leur entretien, comme l'abrasion des pneus sur les routes ou le frottement des textiles synthétiques pendant le lavage.
Les microplastiques secondaires sont issus de la dégradation de macro-déchets et représentent 10 millions de tonnes par an, dont 1,5 million provenant des engins de pêche.
La pollution des sols et des océans est si préoccupante que de nombreuses recherches sont en cours pour limiter les émissions de microplastiques.
• Une des premières solutions est de ne pas jeter de déchets au sol (mégots, emballages, etc.) ni dans les toilettes (cotons-tiges, lingettes, etc.), car ils finiront dans les réseaux d'assainissement ou d'évacuation des eaux pluviales et risquent d'arriver dans les rivières et les océans.
• Pour réduire les microplastiques primaires provenant des textiles, écoconcevoir les vêtements est une solution. Des recherches sont actuellement menées par plusieurs marques, notamment de vêtements sportifs.
• Des travaux ont été aussi réalisés sur des filtres qui pourraient équiper prochainement les machines à laver.
En savoir plus : Guide Tout comprendre : le paradoxe du plastique , disponible en braille, caractères agrandis et audio.
Le sèche-linge : encore plus polluant que le lave-linge.
Dans un sèche-linge, les vêtements qui tournent dans le tambour subissent de nombreux frottements. Cela libère davantage de microfibres que lorsque le linge sèche à l'air libre. Ils constituent une source sous-estimée de microfibres en suspension dans l'air. Les scientifiques ont évalué qu'un seul sèche-linge rejette entre 90 et 120 millions de microfibres par an, soit bien plus qu'un lave-linge.
Source : Étude publiée dans la revue Environmental Science and Technology Letters : "Microfibers Released into the Air from a Household Tumble Dryer", 2022.
L'écoconception doit progresser dans la mode.
Écoconcevoir un vêtement, c'est chercher à réduire ses impacts sur l'environnement en agissant sur toutes les étapes de son cycle de vie.
C'est, par exemple, bien définir les besoins des consommateurs :
• choisir des matières premières moins polluantes (comme du lin, du coton recyclé ou bio par rapport à du coton conventionnel),
• mettre en place des techniques de fabrication qui consomment moins d'eau et d'énergie,
• éviter la teinture ou opter pour des teintures sans produits chimiques dangereux et favoriser des patrons de vêtements ou chaussures limitant les chutes de matière, un délavage à l'ozone ou au laser, et des produits plus faciles à réparer et à recycler.
C'est aussi proposer des vêtements qui pourront être portés longtemps sans se démoder, renouveler les collections à un rythme moins soutenu et adapter la production à la demande afin de limiter les invendus.
De plus en plus de marques conçoivent des vêtements et des chaussures plus responsables, en s'appuyant notamment sur des labels qui établissent des cahiers des charges rigoureux
(matières issues de productions biologiques ou de forêts gérées durablement, méthodes de fabrication qui limitent les pollutions de l'air, de l'eau et régulent l'utilisation de substances dangereuses, critères de production qui améliorent la durée de vie, respect des conditions de travail, etc.).
En savoir plus : découvrez les meilleurs labels sur le site agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/labels-environnementaux
Les premiers pas pour écoconcevoir un vêtement.
Matières premières : éviter au maximum le mélange de matières.
Transformation : supprimer ou limiter la teinture lorsque cela est possible (privilégier les coloris bruts des fibres recyclées, l'écru pour les matières naturelles, etc.) et limiter le délavage ou choisir le délavage au laser et à l'ozone.
Distribution : augmenter la durée de commercialisation des produits et réduire le nombre de références vendues par gamme.
Utilisation : proposer des services de réparation ou de garantie.
Une production massive vendue à bas prix, peu importe les conséquences.
Les vêtements de la fast-fashion sont produits en très grande quantité et inondent le marché mondial, poussant les consommateurs à renouveler leur garde-robe. Les marques utilisent des techniques de marketing agressives pour encourager les achats fréquents, et renouvellent plusieurs fois leurs collections par an, créant ainsi une pression pour suivre les tendances. Pour répondre rapidement aux commandes, les vêtements de l'ultra fast-fashion sont essentiellement transportés par avion (et non par bateau), contribuant alors à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
Le prix reste le principal élément attractif. Et même si les impacts environnementaux et le manque de respect des conditions de travail de l'industrie de la fast-fashion sont connus, une grande partie des Français ne s'en détournent pas.
• Près de 1 français sur 2 estiment avoir déjà acheté dans une enseigne suite à des publicités en ligne, sur les réseaux sociaux ou à la suite de recommandations d'influenceurs/influenceuses.
• 48 % des français privilégient avant tout ces enseignes pour leurs prix et leur accessibilité, estimant qu'elles permettent d'acheter régulièrement de nouveaux vêtements à bas prix.
• 52 % les considèrent néfastes pour l'environnement et incitant à la surconsommation.
Source : Toluna Harris pour le Ministère de la Transition Écologique et de la cohésion des territoires, Les Français et l'industrie textile, mars 2024.
En savoir plus :
• découvrez l'impact de vos vêtements grâce au comparateur Impact CO2, impactco2.fr/outils/habillement,
• rendez-vous sur le site du collectif En Mode Climat, enmodeclimat.fr.
La vente de vêtements neufs ne diminue pas.
En France, le site de revente de vêtements en ligne Vinted, est l'un des plus populaires, notamment auprès des jeunes (source : Institut d'études Kantar). Il s'agit de la 3ème plus grosse plateforme de vente de mode de l'Hexagone derrière Zalando et Amazon, et devant Veepee, Shein et Nike.
Pourtant, cette forte progression des achats de vêtements d'occasion ne s'est pas accompagnée d'une réduction des achats de vêtements neufs. En effet, certains consommateurs profitent même des possibilités de revente pour accélérer le renouvellement de leur garde-robe.
Ils achètent neufs des vêtements issus de la fast-fashion pour ne les porter que très peu (parfois le temps d'une soirée !) et les revendre rapidement.
15,1 millions de français ont acheté des produits d'occasion en 2020. Source : Institut d'études Kantar.
Des retours produits trop faciles.
Quasiment toutes les enseignes de commerce en ligne proposent des retours facilités et/ou gratuits si le produit commandé ne convient pas. Les consommateurs n'hésitent donc pas à commander, même s'ils ne sont pas sûrs de leur achat, sans se poser la question de l'impact des multiples transports. À l'échelle européenne, ces pratiques génèrent environ 5,6 millions de tonnes de CO2 (un chiffre presque équivalent aux émissions de carbone de la Suède en 2021).
Source : Volumes and destruction of returned and unsold textiles in Europe's circular economy, E T C, C E, Report 2024, 4 Volumes.
Des solutions pour réduire les invendus.
Quelques marques proposent une production à la demande permettant de fabriquer uniquement les vêtements commandés et payés.
D'autres proposent des collections de produits basiques, moins démodables, en vente toute l'année et sur une longue période.
La plateforme collaborative FINDS a été mise en place pour aider les marques textiles à écouler leurs invendus.
À noter : depuis 2022, la législation française interdit la destruction des invendus textiles.
45 milliards de vêtements en excédent (invendus) chaque année dans le monde.
Source : Volumes and destruction of returned and unsold textiles in Europe's circular economy, E T C, C E, Report 2024, 4 Volumes.
Nous accumulons et faisons parfois des achats non nécessaires. Certains vêtements et paires de chaussures sont achetés sur des coups de cœur mais peu portés. D'autres font doublons avec ce que nous possédons déjà.
Pour vous aider à faire le point sur le nombre de paires de chaussures rangées dans vos placards, l'ADEME a développé un petit outil ludique : impactco2.fr, « slache », outils/habillement#osez-changer.
Accordez-vous un petit temps de réflexion avant de vous décider. Vous serez ainsi plus sûr de faire les bons choix.
• Les foyers interrogés lors de l'opération "Osez changer", pensaient qu'ils possédaient 2 fois moins de chaussures et 1/3 moins de jeans* que la réalité,
• une personne avait 84 paires de chaussures, une autre 135 t-shirts.
Source : Étude de l'ADEME "Osez changer", 2022.
En savoir plus :
• découvrez la campagne "Osez changer" sur le site de la librairie en ligne de l'ADEME,
• consultez le guide Comment faire de la place chez soi ? Disponible aux formats braille, caractères agrandis et audio.
Cinq questions à se poser avant d'acheter.
• À quel besoin ce vêtement ou ces chaussures répondent-ils pour moi ? Est-ce que je l'achète pour me faire plaisir ? En ai-je besoin pour remplacer un vieux vêtement ou pour commencer un nouveau travail ?
• Puis-je attendre avant d'acheter ce vêtement ou ces chaussures ?
• N'ai-je pas déjà un vêtement ou des chaussures avec la même utilité ?
• D'où viennent ces chaussures ou ce vêtement, en quoi sont-ils faits, sont-ils plus "responsables" ?
• Ce vêtement ou ces chaussures m'apporteront-ils un confort réellement supplémentaire par rapport à ce que j'ai déjà ?
Prenez le temps de chercher des labels environnementaux sur les vêtements et les chaussures. Ils ne concernent pas encore beaucoup de produits mais cela vaut la peine de se renseigner. Pour vous aider à repérer les meilleurs labels, l'ADEME vous propose de consulter son site : agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/labels-environnementaux.
Et si vous constatez une allégation qui vous semble fausse ou trompeuse, vous pouvez faire un signalement sur le site signal.conso.gouv.fr.
Opter pour l'occasion dès que possible.
Dès que vous le pouvez, privilégiez les vêtements d'occasion. Si vous achetez en friperie, n'hésitez pas à demander aux vendeurs d'où viennent les vêtements. Ils seront ravis de vous expliquer le fonctionnement de leur magasin.
Pour les vêtements que vous ne porterez qu'une seule fois, pour une occasion particulière, préférez la location.
En savoir plus : découvrez la carte des bonnes adresses pour donner, vendre, prêter, louer et échanger vos vêtements, accessoires et chaussures sur le site epargnonsnosressources.gouv.fr/bonnes-adresses-mieux-consommer/
Bientôt un affichage environnemental sur les vêtements.
Les consommateurs pourront bientôt connaître le coût environnemental de leur achat (en ligne et en magasin) qui prendra en compte différents impacts :
• les émissions de gaz à effet de serre,
• les atteintes à la biodiversité,
• la consommation d'eau et d'autres ressources naturelles,
• les effets des pollutions des milieux et des environnements.
Ce dispositif permettra de comparer plus facilement des produits entre eux.
Il ne sera pas obligatoire pour le moment mais laissé à l'initiative des fabricants.
Réparer plutôt que jeter.
Garder ses vêtements et chaussures plus longtemps permet de renouveler sa garde-robe moins rapidement. Et moins on achète de vêtements et de chaussures neufs, plus on limite les impacts environnementaux dus à leur fabrication.
Pour les garder longtemps, essayer de ne pas laver vos vêtements plus souvent que nécessaire et réparez-les !
Pour encourager les Français à faire réparer leurs vêtements et chaussures, le gouvernement impose un bonus réparation appliqué directement au moment du paiement chez le réparateur.
Pour + d'information et pour trouver un réparateur labellisé près de chez vous ou en ligne, consultez le site de Refashion. Vous y trouverez aussi des astuces pour vous lancer dans l'auto-réparation.
Attention au lavage !
Tous les vêtements ne sont pas sales, après avoir été portés une fois.
Les laver souvent, notamment à haute température, risque de les abîmer, de les rétrécir et de les déformer.
Pour limiter la pollution de l'eau, utilisez de préférence des lessives avec des labels recommandés par l'ADEME (contenant des substances moins polluantes pour l'eau et moins agressives pour les vêtements).
En savoir plus : découvrez plusieurs conseils pour bien entretenir votre linge dans le guide Comment faire le ménage de façon plus écologique ? disponible en braille, caractères agrandis et audio.
Des bonus pour réparer vos vêtements et chaussures.
• Couture collage : 8 €,
• pose patin : 8 €,
• changement zip : 10 €, 14 €,
• ressemelage : 18 €, 25 €,
• changement bonbout : 7 €,
• réparation trou, accroc, déchirure : 7 €,
• réparation couture défaite : 6 €, 8 €,
• changement zip : 8 €, 15 €,
• changement doublure : 10 €, 25 €.
En savoir plus : pour plus d'information, consultez : refashion.fr/citoyen/fr/bonus-reparation.
Trop de mélange = moins de recyclage.
Près de 40 % des textiles d'habillement sont composés de plusieurs matières mélangées, ce qui rend plus complexe le processus de recyclage. Pour favoriser le recyclage, il est préférable de choisir des vêtements fabriqués dans une seule matière. Refashion, Étude de caractérisation des flux entrants et sortants de centres de tri, 2023.
L'observation des vêtements usagés en Europe a permis de constater que le coton reste majoritaire dans la composition des vêtements, mais il est également souvent mélangé à d'autres matières (seuls 40 % des vêtements usagés sont 100 % coton).
Attention à l'élasthanne ! Pour être plus confortables à porter, certains vêtements contiennent de l'élasthanne (de 2 à 10 %) mais sa présence perturbe le recyclage. Au-delà de cinq %, il empêche l'étape de recyclage mécanique d'effilochage.
Seule une partie est recyclée en nouveaux vêtements.
Peu de vêtements sont actuellement fabriqués avec de la matière recyclée issue d'anciens vêtements.
Parmi les textiles et chaussures collectés et triés, 31 % sont envoyés vers des filières de recyclage. Ils servent généralement à fabriquer des chiffons (par exemple pour l'industrie automobile) ou des isolants (pour la maison). Une toute petite partie peut être recyclée pour refaire des vêtements, du linge ou des chaussures mais elle ne représenterait pas plus de 0,1 % des mises sur le marché. Actuellement, les textiles recyclés utilisés dans les vêtements neufs proviennent surtout d'autres sources (comme des bouteilles en plastique). Il est en effet encore très difficile techniquement de développer le recyclage des textiles. ADEME, Potentiel de recyclage des textiles non réutilisables, 2023.
De nombreux projets industriels sont en cours de développement pour augmenter le recyclage des textiles en France d'ici 2 à 3 ans.
Des points de collecte obligatoires partout en France.
Des points de collecte ont été mis en place partout en France. Les fabricants de vêtements et chaussures ont des objectifs réglementaires de collecte et de traitement de leurs produits en fin de vie, comme c'est le cas pour les piles, les ampoules, les déchets électriques et électroniques et tout un tas d'autres objets. S'ils ne mettent pas en place de système de collecte et de valorisation, les producteurs sont sanctionnés.
Même tachés ou abîmés, les textiles et chaussures doivent être déposés dans un point de collecte (borne, association, boutique, déchèterie, etc.) car ce qui ne pourra pas être de nouveau porté pourra être valorisé (par exemple recyclé).
Pensez à vérifier la présence du logo ci-dessous sur la borne. Il garantit que la collecte correspond au dispositif imposé par la réglementation.
Trouvez un point de collecte : refashion.fr/trouver-un-point-de-collecte
Des textiles et chaussures majoritairement exportés.
En France, seulement 36 % des vêtements et chaussures mis sur le marché, sont actuellement collectés. Cela représente pourtant déjà un volume très important et un poids considérable : 268 000 kilotonnes par an. Ensuite, 67 % de ces vêtements et chaussures collectés sont triés en France et à l'étranger, par des opérateurs connus soumis à des réglementations.
S'interroger sur son besoin avant d'acheter des vêtements et des chaussures, les porter le plus longtemps possible, les réparer pour allonger leur durée de vie et quand on n'en a plus besoin, les donner, les échanger ou les vendre à proximité, permettra de limiter les déchets textiles et l'exportation de vêtements et chaussures réutilisables.
Que deviennent les textiles triés ?
• 58,6 % sont commercialisés pour être réutilisés. Ils sont majoritairement exportés,
• 32,5 % sont dirigés vers des processus de recyclage,
• 8,8 % sont dirigés vers des processus de valorisation sous forme d'énergie,
• 0,1 % sont éliminés.
Source : Données ADEME 2023, issues du tableau de bord des textiles d'habillement, linge de maison et chaussures.
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