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proximamobile.fr - 28.08.11

évolution des mobiles : quelle accessibilité pour les malvoyants ?

28 aout 2011.

Près de dix ans ont été nécessaires aux opérateurs, constructeurs et éditeurs de logiciels pour rendre les téléphones mobiles traditionnels accessibles aux déficients visuels.

Certains téléphones intègrent désormais des fonctions d’écriture et de lecture des S.M.S., la reconnaissance du numéro de l'appelant, une adaptation de la circulation dans les menus des téléphones.

Les premiers smartphones et assistants personnels, conçus pour des utilisateurs valides, n’intégraient que peu, voire pas de fonctions d’accessibilité pour les mal et les non-voyants. L’intégration des fonctions d’accessibilité dans les téléphones intelligents s’est longtemps faite suivant deux méthodes distinctes.

La première, et la plus onéreuse, consistait à mettre au point des appareils dédiés aux déficients visuels, avec claviers à grosses touches, menus redessinés ou modes d’affichage plus contrastés.
La seconde méthode, qui entraîne également des surcoûts, est celle de l’adaptation des téléphones par l’installation de logiciels d’assistance externes, fournis par des éditeurs spécialisés.

Les solutions d’assistance externes assurent trois fonctions : l’agrandissement des caractères (fonction loupe), la vocalisation des caractères à partir de lecteurs d’écrans et la conversion des caractères en braille. Doté de ces différents outils, l’utilisateur peut zoomer, modifier les couleurs d’affichage, mettre en évidence des zones d’information, ou encore connecter via bluetooth son terminal à un afficheur braille.

Deux éditeurs dominent l’offre de lecteurs d’écrans et de logiciels d’agrandissement pour terminaux mobiles : l’espagnol Code Factory avec Mobile Speak et Mobile Magnifier et l’américain Nuance, avec Talks et Zooms. En France, sous l’action conjointe des associations de déficients visuels et des pouvoirs publics, les trois opérateurs mobiles, réunis au sein de l’AFOM, ont proposé des solutions dans le cadre d’une charte d’engagement.

Bouygues et S.F.R. ont conclu des accords avec Handicapzéro pour l’intégration des solutions Code Factory dans les téléphones compatibles, alors qu’Orange intégrait les solutions Talks et Zooms. Quand les systèmes d’exploitation des mobiles intègrent les fonctions d’accessibilité. L’arrivée de l’iPhone et des smartphones Android ouvre de nouvelles voies en matière d’accessibilité : la première est fondée sur des solutions propriétaires tandis que la seconde, portée par Google, est " open source" et permet donc des adaptations par les usagers eux-mêmes.

Dans ces domaines, les associations de déficients visuels ont longtemps remis en cause les choix techniques d’Apple, déplorant l’inaccessibilité de la plateforme iTunes et de la première version de l’iPhone. Son successeur, l’iPhone 3GS a été mieux accueilli grâce au système d’exploitation qui intègre nativement un lecteur d’écran (Voice Over), un agrandisseur d'écran (Zoom) ainsi qu’un générateur d’alertes visuelles pour les malentendants. Ces fonctionnalités ne nécessitaient plus d’installation ou de coûts supplémentaires.

"Cela fait de l'iPhone 3GS le premier téléphone tactile directement accessible aux personnes handicapées", constate le Centre d'Évaluation et de Recherche sur les Technologies pour Aveugles et Malvoyants (CERTAM). L’iPhone s’est ensuite enrichi d’un grand nombre d’applications favorisant l’accessibilité : prise de notes, G.P.S. et dictaphones pour l’enregistrement de mémos...

Par ailleurs, le lecteur d’écran Voice Over rend les applications ordinaires accessibles aux déficients visuels. L’iPhone 4 apporte des améliorations comme la prise en charge des afficheurs braille sans fil et des tableaux brailles internationaux. Le projet "Eyes-free". L’annonce par Google d’un nouveau système d’exploitation pour mobiles, Android, avait suscité de nombreuses attentes dans la communauté des déficients visuels.

Comme Apple, les fonctions d’accessibilité y ont été intégrées "en standard". Google a fait appel à Tv Raman, aveugle depuis l’âge de 14 ans, pour développer le projet "Eyes-free" (littéralement "sans les yeux"). Avant de développer la recherche pour déficients visuels chez Google, Tv Raman avait travaillé chez Adobe afin de rendre le format pdf accessible aux non-voyants.

"Au lieu de me demander comment un objet peut fonctionner pour quelqu’un qui ne peut pas voir, je me demande comment utiliser cet objet sans qu’on le regarde". A la différence d’Apple, les fonctions proposées dans Android sont "open source", c'est-à-dire non cantonnées à un modèle ou à une marque. Par défaut, cet environnement  "Eyes-free" fournit une alternative "un clic" à l’interface graphique utilisateur pour lancer des applications par simple toucher d’écran.

En utilisant le concept des directions de la boussole, ce projet permet aux utilisateurs d’entrer texte et nombres. Le lecteur d’écran Talk Back donne un retour d’information par synthèse vocale lors de l’utilisation des applications, Sound back fournit des indications auditives non verbales telles que des bips, des clics et des clacs, tandis que Kick Back utilise des systèmes "haptiques" de retour d’informations tactiles sous formes de vibrations.

Ces applications dont le code est ouvert peuvent être librement adaptées et modifiées. Vers une accessibilité universelle ? Depuis plusieurs mois, le duel Apple/Google autour des solutions d’accessibilité suscite commentaires et comparaisons. Les avancées d’Apple et Google autour de l’accessibilité conduisent les concepteurs des autres systèmes d’exploitation (OS) pour mobiles à prendre des initiatives dans ce domaine. RIM, le fabricant canadien des BlackBerry, a mis au point Oratio avec HumanWare et Code Factory, une solution logicielle de lecture d’écran. Nuance propose aussi une version Blackberry de Dictate, son outil de dictée vocale déjà proposé sur iPhone et Android.

Microsoft, qui promeut depuis 30 ans des solutions d’accessibilité pour ordinateurs personnels, encourage les éditeurs de logiciels d'assistance à développer des versions compatibles avec Windows Mobile. Cependant, on ignore encore si les avancées de Windows 7 en matière d’accessibilité seront disponibles dans la version mobile, attendue fin 2010.

Pour MeeGo, le système d’exploitation qu’ils développent en commun, Nokia et Intel ont fait le choix de l’open source : ils misent également sur la mobilisation de la communauté des technologies pour développer des applications accessibles. Il est à noter qu’Intel a lancé en 2009 Intel Reader, un lecteur d’écran capturant les textes à l’aide d’un appareil photo numérique de cinq mégapixels pour les convertir au format numérique, puis les restituer grâce à un système de synthèse vocale. Mike Calvo, directeur général de Serotek, éditeur du logiciel lecteur d'écran "System Access", saluait les progrès opérés par les systèmes d’exploitation en ces termes : "l’adoption de principes d’accessibilité universelle qui sortiront les déficients visuels de leur ghetto".

en savoir plus :
 dossier de l’ARCEP : l’accès des personnes handicapées à la téléphonie mobile.
ARCEP et opérateurs mobiles : Bilan 2010 de la charte d'accès des personnes handicapées à la téléphonie mobile.
• accessiblogue : iPhone 3GS un pas vers l’accessibilité.
Mobiles, quelle accessibilité avec les synthèses vocales embarquées ? (comparaison Apple VoiceOver et Symbian/Talks).
• Julian Harty & Amy Coppola (Google) : Applications d’Accessibilité Google et Android.
• accessible Cell Phone Solutions for the Blind and Visually Impaired (Mise à jour 2010). 

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