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Festival de la Communication Santé : l’éthique et la lutte contre les fake-news au cœur des débats

Festival de la Communication Santé : l’éthique et la lutte contre les fake-news au cœur des débats<br>

jeudi 15 novembre 2018


« Parler aux patients, se faire comprendre, convaincre de prendre son traitement et participer à la gestion quotidienne de sa maladie, imposent du professionnalisme et le respect de certaines valeurs essentielles aux premiers rangs desquels l’éthique… L’éthique dans la communication Santé s’impose plus que jamais et sera cette année le fil rouge de notre événement.*» C’est avec ces paroles recueillies par nos confrères du Guide Pharma Santé que Dominique Noël, Présidente du Festival de la Communication Santé, plante le décor de cette 29ème édition qui se déroule à Deauville les 23 et 24 novembre prochains. 

Ethique en santé et en communication santé : les Experts s’expriment

Combattre les fake-news et promouvoir l’éthique en santé, c’est respecter et protéger le Patient. De nombreux Experts ont livré sur le site du Festival de la Communication Santé leur vision de l’éthique en santé, et notamment sur la nature du message à faire passer par tous les canaux de la communication existants, les plus classiques comme les plus innovants.
Leurs positions synthétisent l’essentiel des combats à mener pour pérenniser la valeur de l’acte médical au bénéfice exclusif de l’Humain, à titre individuel et à titre collectif. Le respect du serment d’Hippocrate, en somme …

• La lutte contre les « faux médecins »

Le Dr Serge Blisko, Président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), pose le problème de l’éthique en santé à l'aune de l’usurpation médicale ou paramédicale, des déviances qui s’y associent, et des conséquences dramatiques qui s’ensuivent pour l’usager :

« Aujourd’hui la communication dans le domaine de la santé est un enjeu majeur pour lutter contre la propagande mensongère portant sur des centaines de méthodes de soins controversées et favorable à des milliers de thérapeutes auto-proclamés.

Nous assistons hélas au glissement inquiétant de professionnels de santé revendiquant l’apport de « nouvelles thérapies ». La Miviludes reçoit régulièrement des signalements mettant en cause des médecins, des infirmiers, des kinésithérapeutes. Nous avons donc mis en place une action coordonnée entre la Mission et les ordres des professionnels de santé. »

• Le respect de l’individu et de son intégrité

« Respect dans les messages de l’individualité de chacun… », « Respect de l’intégrité de toute personne dans les échanges autour de la santé… », « Reconnaître que la santé doit être au service des personnes, et ce de la manière la plus égalitaire possible »… nous disent les Experts, chacun par le prisme de sa fonction en santé.

Le Patient doit rester au cœur de la santé, et recevoir tous les soins nécessaires à son mieux-être par des personnels bienveillants. La communication en santé doit s’adosser à cet engagement moral et intellectuel, et apporter sa contribution en termes de « transmission de connaissances avérées, d’établissement d’un dialogue entre partenaires et d’un apprentissage de la santé… » selon le philosophe Philippe Barrier (Lauréat de l’Académie de Médecine - Prix Pierre Simon éthique et réflexion 2014).

Le respect du Patient réside aussi, bien sûr, dans la protection de ses données de santé, immense chantier lié à l’éthique s’il en est.

Enfin, l’engagement humanitaire en santé doit rester intégralement au service de la Personne, ainsi que le souligne Béatrice Garrette, Directrice Générale de la Fondation Pierre Fabre: « Dans le secteur humanitaire, j’ajouterais le refus du spectaculaire et d’une utilisation de l’émotionnel au détriment de l’information juste et contextualisée. »

• La lutte contre l’exclusion sociale

Sophie Boissard, Directrice générale du groupe KORIAN, met l’accent sur la communication santé qui « doit en effet avoir une mission d’inclusion sociale… » en contribuant à démanteler les idées reçues sur le grand âge, et en offrant à « l’opinion publique une meilleure compréhension de la maladie et de ses symptômes »…

• La maîtrise du Numérique en Santé

Les nouvelles technologies médicales et sanitaires, véritables sauts dans l’inconnu pour la majeure partie de la population, y compris pour les soignants, inspirent autant de craintes que d’espoirs… Jérôme Béranger (PhD), Co-fondateur et CSO – ADEL (Algorithm Data Ethics Label) et Chercheur à l’INSERM (Toulouse), explique que « L’éthique du numérique en santé peut se découper en trois sous-parties : l’Éthique des Données médicales (identification des données traitées par l’algorithme et les échanges de ces données), l’Éthique des Algorithmes (fonctionnement et conséquences de l’algorithme à une échelle suffisante pour comprendre ce qu’il fait réellement), l’Éthique des Pratiques (explication sur la qualité et la finalité des résultats de l’algorithme) »…

• La juste information

Le Patient formule la requête légitime d’une information réelle et honnête sur sa santé ou sur sa maladie.
« Toujours communiquer avec justesse : être sur une ligne de crête entre l'efficacité de la communication souvent réductrice et la réalité des malades et de la maladie infiniment complexes… » préconise Anne Buisson, directrice adjointe de l’AFA, une association de patients.

... Cette « information pertinente, juste et adaptée » qui permet aux patients de devenir acteurs de leur santé, estime Thierry Chiche, Président du Groupe ELSAN.

Le Dr Philippe Denormandie, Chirurgien des Hôpitaux, Directeur des Relations Santé de la MNH, estime que « L’éthique est la garante de la recherche et la diffusion d’une information objective, éclairée, identifiée pour permettre d’enrichir le questionnement et les choix. Elle ne saurait être l’affirmation d’une vérité. »

• La recherche de la vérité

Le Pr André Grimaldi, Professeur émérite au CHU Pitié Salpêtrière (Université Paris 6,) insiste sur l’interdit de la manipulation en matière de communication santé : « Elle doit éviter toute manipulation y compris au nom de la bienfaisance médicale. Elle doit respecter le droit du malade de savoir mais aussi celui de ne pas savoir, ou pas tout, ou pas tout de suite. »

« La communication santé se doit de respecter un contrat avec le public : ne pas créer une promesse intenable… Elle se doit de raconter, de donner à rêver ou à espérer tout en respectant le réel » souligne Serge Guérin, Sociologue, Professeur à l’INSEEC (où il dirige le MSc Directeur des établissements de santé).

• La distinction entre l’intérêt général et l’intérêt privé

L’industrie pharmaceutique a mauvaise presse auprès d’un public soucieux de la séparation des enjeux, et qui redoute qu’on gagne de l’argent indûment en spéculant sur sa maladie… Le message des laboratoires se doit d’être rassurant, humaniste et sincère.

Frédéric Duchesne, Président & CEO Pierre Fabre Division Pharmaceutique, affirme que « La frontière entre information et promotion doit toujours être bien définie, claire et respectée. Communiquer responsable, c’est veiller à la transparence de l’information sur la sécurité et la qualité de nos produits. C’est aussi positionner le professionnel de santé à l’interface entre notre Laboratoire et les patients. »

Philippe Lamoureux, Directeur Général du LEEM lui emboîte le pas : « Une communication éthique doit s’appuyer sur un contenu vérifiable, scientifiquement fondé et ne jamais tomber dans l’attrait du marketing ».

Fake-news : attention, danger !

Lorsqu’au moment de ses Vœux à l’Ordre des Médecins, Agnès Buzyn martela « La bataille contre les fake news est essentielle pour la santé publique » en réponse au déferlement d’intox des anti-vaccins sur les canaux médiatiques, le ton était donné d’un engagement strict du gouvernement dans ce combat. Car la propagation de fake-news est devenue le jeu favori des charlatans et complotistes en tous genres, surfant ainsi sur un certain vide juridique notamment en matière d’éthique sur la Toile et en particulier sur les réseaux sociaux.

En conclusion, Dominique Noël rappelle le rôle du Communicant et sa responsabilité dans l’acte de transmettre l’information, fil conducteur de cette nouvelle édition du Festival qui promet comme chaque année les prises de parole des plus grands spécialistes autour du partage et de la transmission des bonnes pratiques en communication en santé:

« Le rôle du communicant n’a jamais été aussi important. La maitrise de ces nouveaux médias permet de tordre le cou aux fake-news et d’apporter la valeur de la preuve par des études (…) N’oublions pas qu’aujourd’hui dans la santé on inclut la prévention. Il est ainsi plus que jamais nécessaire que ces canaux de diffusion soient utilisés pour déjouer les informations erronées. Nous devons passer à l’étape suivante qui consiste à prendre l’avantage en diffusant des informations validées. Nous ne pouvons plus accepter que de l’intox ou des fake-news soient à la une des moteurs de recherche. Le défi consiste à accélérer la mise en ligne de ces contenus étayés pour contrecarrer, voir devancer ces manipulations qui peuvent aussi menacer la Santé publique… »*