mon espace personnel

tous les champs marqués d'un * sont obligatoires.


Entrez votre nom d'utilisateur et votre mot de passe pour vous identifier:

mot de passe oublié ?inscription

le XV de France face à son destin

1. Le groupe de Jacques Brunel.

 

Le sélectionneur des Bleus a communiqué une liste des 31 joueurs, plus 6 réservistes, le 18 juin dernier. A noter que, depuis cette annonce, Geoffrey Doumeyrou, touché au tendon d'Achille, a malheureusement été contraint de déclarer forfait. Il sera remplacé par Virimi Vakatawa. 2 joueurs réservistes, Paul Willemse (Montpellier) et Étienne Falgoux (Clermont), ont également dû renoncer à cause de blessures. Ils ont été remplacés par Romain Taofifenua (Toulon) et Cyril Baille (Stade Toulousain). Ce dernier aura finalement tellement convaincu le staff tricolore qu'il décrochera finalement sa place dans le groupe définitif, tout comme Charles Ollivon.

 

Cette pré-liste de Jacques Brunel a réservé quelques surprises et, comme toutes les listes, elle a fait des heureux et des déçus. Le centre toulonnais Mathieu Bastareaud n'est ainsi pas sélectionné, le staff préférant "privilégier la mobilité des joueurs pour répondre aux exigences physiques du rugby international". Même déconvenue pour le demi de mêlée clermontois Morgan Parra, qui avait à son actif 71 sélections.

 

L'ailier Teddy Thomas manque également le wagon, alors que Jacques Brunel a convoqué, dans les 31, les néophytes Alivereti Raka (Clermont), Émerick Setiano (Toulon) et Peato Mauvaka (Toulouse), ainsi que les revenants Maxime Machenaud (Racing 92) et Sofiane Guitoune (Stade Toulousain).

 

2. Les derniers matchs avant l'envol pour le Japon.

 

Fin août, les Bleus avaient l'occasion d'aiguiser leurs couteaux avant de partir pour le pays des sabres. Au bilan : 2 victoires plutôt convaincantes et une défaite inquiétante. A Nice, les Bleus lançaient parfaitement leur préparation en surclassant l'Écosse (32 à 3), inscrivant au passage 5 essais comme autant de promesses. Raka, Penaud et Ollivon figuraient parmi les joueurs les plus en vue d'une équipe conquérante et ambitieuse dans le jeu. Quelques jours plus tard, hélas, les Tricolores retombaient dans leurs travers à Edimbourg où le XV du Chardon prenait sa revanche (17 à 14). Bien trop brouillons, les Français gâchaient une avance pourtant substantielle (14 à 3 à la 39ème minute) et voyaient l'enthousiasme né du premier match sévèrement douché.

 

La couleur bleue se ravivait néanmoins lors du dernier match au Stade de France : face à des faibles Italiens, les hommes de Brunel terminaient sur une bonne note en dominant nettement la Squadra Azzurra (47 à 19). Huget, homme du match, Picamoles, Ntamack, Dupont et Médard marquaient à cette occasion de gros points dans la perspective d'une place de titulaire en Coupe du monde.

 

C'est donc à l'issue de ces derniers matchs de préparation que Jacques Brunel a livré, le 2 septembre, sa liste définitive pour le Japon. Félix Lambey, Romain Taofifenua, Dany Priso, Anthony Belleau, Vincent Rattez et François Cros n'ont finalement pas été retenus et ont été laissés à la disposition de leurs clubs respectifs.

 

3. La liste des 31 joueurs.

 

A. Avants (17).

 

Piliers.

Demba Bamba (Lyon olympique universitaire rugby), 6 sélections.

 Jefferson Poirot (Bordeaux-Bègles), 29 sélections.

 Cyril Baille (Toulouse), 13 sélections.

 Émerick Setiano (Toulon), 3 sélections.

 Rabah Slimani (Clermont), 53 sélections.

 

Talonneurs.

 Camille Chat (Racing 92), 22 sélections.

 Guilhem Guirado (Toulon, capitaine), 70 sélections.

 Peato Mauvaka (Toulouse), 1 sélection.

 

2èmes lignes.

 Paul Gabrillagues (Stade Français), 13 sélections.

 Bernard Le Roux (Racing 92), 33 sélections.

 Sébastien Vahaamahina (Clermont), 42 sélections.

 

3èmes lignes.

 Grégory Alldritt (La Rochelle), 7 sélections.

 Yacouba Camara (Montpellier), 15 sélections.

 Arthur Iturria (Clermont), 13 sélections.

 Wenceslas Lauret (Racing 92), 24 sélections.

 Charles Ollivon (Toulon), 8 sélections.

 Louis Picamoles (Montpellier), 79 sélections.

 

B. Arrières (14).

 

Demis de mêlée.

• Antoine Dupont (Toulouse), 17 sélections.

 Maxime Machenaud (Racing 92), 36 sélections.

 Baptiste Serin (Rugby Club Toulonnais), 30 sélections.

 

Demis d'ouverture.

 Camile Lopez (Clermont), 24 sélections.

 Romain Ntamack (Toulouse), 8 sélections.

 

Centres.

• Gaël Fickou (Stade Français), 48 sélections.

 Wesley Fofana (Clermont), 48 sélections.

 Sofiane Guitoune (Toulouse), 7 sélections.

 Virimi Vakatawa (Racing 92), 18 sélections.

 

Ailiers.

 Yoann Huget (Toulouse), 59 sélections.

 Damian Penaud (Clermont), 13 sélections.

 Alivereti Raka (Clermont), 2 sélections.

 

Arrières.

 Maxime Médard (Toulouse), 59 sélections.

 Thomas Ramos (Toulouse), 7 sélections.

 

Tous ces joueurs seront de l'aventure au Japon avec, pour mission, redorer le blason du XV de France, bien terni ces dernières années. C'est aussi dans cette optique que la Fédération Française et son Président, Bernard Laporte, ont appelé Fabien Galthié, Laurent Labit (co-responsable des trois quarts) ainsi que le préparateur physique Thibault Giroud, pour seconder Jacques Brunel dans cette tâche. L'ancien demi de mêlée international, entraîneur également du Stade Français, de Montpellier et de Toulon, est nommé adjoint avant de prendre les rênes du XV de France en 2020. L'expérience des grands rendez-vous de Galthié sera certainement bien utile à des Bleus qui en ont grandement besoin...

 

4. Les Bleus dans le doute.

 

Le XV de France sera-t-il prêt le 21 septembre ? A l'issue de cette date, on en saura certainement plus sur la capacité de cette équipe à aller loin. La France affrontera en effet l'Argentine pour son entrée dans la compétition. Pas de round d'observation donc pour les hommes de Brunel qui devront être opérationnels tout de suite. Car dans cette "poule de la mort" qui ne réservera que 2 places qualificatives pour les quarts de finale, il n'y aura pas de place pour un joker. On le sait, les Pumas ont souvent joué de mauvais tours aux Bleus en Coupe du monde, raison de plus pour se méfier.

 

L'Angleterre semblant un ton au-dessus, c'est donc avec l'Argentine que devrait se jouer l'autre strapontin pour les quarts. Mais les partenaires de Guilhem Guirado seraient également inspirés de se méfier des États-Unis et surtout des Tonga, capables dans un bon jour de faire déjouer les meilleures nations. Les Français ne devront donc pas montrer de signes de fébrilité lors de tous ces matchs, un défaut pourtant récurrent ces derniers mois...

 

Tombée à la 8ème place du classement IRB, la France n'aborde pas ce Mondial avec le plein de confiance. Et c'est un euphémisme. Le dernier Tournoi des VI Nations s'est révélé décevant sur le plan des résultats et du jeu, avec notamment une défaite cinglante contre l'Angleterre (44 à 8) et 2 autres revers implacables face à l'Irlande (26 à 14) et au Pays de Galles (19 à 24) qui sont venus creuser le fossé entre la France et ses rivaux britanniques. Ce ne sont pas les 2 succès assez poussifs contre l'Écosse (27 à 10) et l'Italie (14 à 25) qui ont redressé le moral des troupes. Et l'affrontement avec ces 2 équipes, en match de préparation, a laissé plus de questions que de certitudes…

 

5. Impossible n'est pas français.

 

C'est souvent quand on ne l'attend plus que le XV de France renait de ses cendres. Jamais aussi bon que lorsqu'il est en position d'outsider, il sait se transcender dans les grandes occasions. Dans l'histoire récente, en 2011, le groupe dirigé par Marc Lièvremont était vilipendé par la presse, personne ne croyait vraiment dans les chances françaises mais les Bleus, déjouant les pronostics les plus pessimistes, avaient atteint la finale de la Coupe du monde !

 

La configuration est un peu la même à l'orée de cette nouvelle édition. Clairement, la France se cherche des leaders et des plans de jeu. Le temps presse mais Jacques Brunel, épaulé par Galthié, Labit et Giroud, peut trouver la formule magique. D'autant que les Bleus se sont entraînés d'arrache-pied pendant 6 semaines à Marcoussis pour parfaire leur condition physique et qu'ils comptent dans leurs rangs quelques joyaux pour donner de l'éclat à leurs futures prestations au Pays du Soleil Levant...

 

En intégrant des joueurs comme Romain Ntamack, Grégory Aldritt ou Thomas Ramos au XV de France lors du dernier Tournoi, Jacques Brunel a clairement insufflé un nouvel élan à son équipe. Le jeune ouvreur toulousain, fils du légendaire Émile, possède le même sens du jeu que son père même s'il n'évolue pas au même poste. Malgré son jeune âge (20 ans), il fait preuve d'une maturité impressionnante à un poste clé où il peut être une alternative plus que crédible à Camille Lopez. Aldritt, lui, s'est révélé face à l'Écosse en inscrivant 2 essais. Pas mal pour un 3ème ligne... Quant à Ramos, il représente sans aucun doute l'avenir au poste d'arrière où ses relances inspirées, sa sûreté sous les chandelles et la précision de son jeu au pied lui assurent un futur doré. Reste à savoir si Brunel tentera le pari d'une titularisation dès le coup d'envoi de la Coupe du monde...

 

A peine plus capé que ces 3 nouveaux venus, Damian Penaud peut être la révélation de l'épreuve si les choses tournent bien pour les Bleus. L'ailier de Clermont est un phénomène de vitesse et d'habileté ballon en mains. Et comme en plus c'est un farouche défenseur... Sur l'aile opposée clermontoise, Alivereti Raka a lui aussi une chance de se faire connaître internationalement. La réputation de la fusée d'origine fidjienne est pour l'instant confinée aux portes du Top 14 où Raka a terrorisé toutes les défenses. Mais s'il est suffisamment bien remis de sa blessure au genou qui a freiné sa saison, il pourrait bien faire basculer des matchs en faveur des Bleus. Reste que sa 2ème prestation contre l'Écosse (17 à 14) en match de préparation n'a pas beaucoup rassuré.

 

Dans un rôle plus obscur, Arthur Iturria s'affirme comme le véritable couteau suisse du XV de France. L'avant de Clermont est capable de jouer 2ème ou 3ème ligne avec un bonheur égal ! Une pluralité de talents qui s'avère aussi rare que précieuse dans le rugby moderne où chaque poste requiert ses propres spécificités ! Le large bagage technique d'Iturria lui permet de briser ces barrières. Et que dire d'Antoine Dupont à la mêlée ? Il y a du Joost Van der Westhuizen en lui. Comme le regretté numéro 9 de l'Afrique du Sud, le Toulousain est une boule de muscles aux appuis déroutants, à la vision acérée et à l'audace contagieuse.

 

Hormis tous ces talents en devenir, le XV de France s'appuiera sur sa colonne vertébrale composée de Guilhem Guirado et Louis Picamoles. Le premier, capitaine parfois contesté mais toujours fidèle au poste, sera une nouvelle fois le général des troupes bleues au Japon pour ce qui sera sans doute, à 33 ans, sa dernière campagne. Lui qui a connu beaucoup de tempêtes au cours de ces derniers mois, mériterait à coup sûr un final glorieux.

 

Pourtant, le staff tricolore a semblé lui préférer Camille Chat lors des derniers matchs de préparation. Simple mise en garde pour piquer son orgueil ou mise au banc ? Si Guirado venait à être destitué, c'est sans doute Jefferson Poirot, un autre grand meneur d'hommes, qui hériterait du brassard de capitaine. Louis Picamoles, lui, sera le leader naturel sur le terrain. De par sa position de 3ème ligne centre, le Montpelliérain est au cœur du jeu et s'il retrouve ses charges dévastatrices, c'est tout le XV de France qu'il entraînera dans son sillage !

outils