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le retour du Grand Prix de France

Sous la protection de la Sainte-Baume.

 

Finalement, il y aura un 59ème grand prix de France. Après 10 ans d'absence, l'épreuve française retrouve sa place au championnat. Et 28 ans plus tard, la F1 revient sur le circuit Paul Ricard du Castellet.

 

Recettes directes : 16 millions d'euros.

Coût d'organisation : 30 millions d'euros.

Coût du plateau de la FOM : 21 millions d'euros.

Subventions publiques : 14 millions d'euros.

Nombre de spectateurs attendus : 65 000.

 

Lorsque le grand prix de France a disparu du calendrier de la F1 après une dernière édition disputée sur le circuit de Magny-Cours en 2008, il semblait impossible que cette épreuve historique puisse y retrouver un jour sa place. Une affaire de gros sous mais aussi d'état d'esprit dans un pays où les lobbys anti-voiture avaient de plus en plus de poids. La crise financière de 2008 ajoutant au marasme économique, il n'était plus question de dépenser ne serait-ce qu'un euro public pour financer un tel événement sportif, d'autant que les partenaires ne se bousculaient plus pour s'y associer.

 

De son côté, la Fédération française du sport automobile, qui à partir de 2004 avait joué le rôle de promoteur, ce qui n'était pas du tout dans ses attributions, ne pouvait plus assurer le fragile équilibre financier du grand prix, au risque de mettre en danger des centaines d'autres épreuves. D'autant qu'à l'époque Bernie Ecclestone, le très vorace responsable des intérêts commerciaux de la F1, se montrait inflexible sur le prix du plateau, pour lequel il imposait arbitrairement une inflation de 10 % chaque année. Lors du dernier exercice en 2008, son montant était évalué à près de 22 millions de dollars, auxquels il fallait ajouter les frais d'organisation et de promotion.

 

Plusieurs projets avortés.

 

Dès lors, les nombreuses tentatives pour faire revivre le rendez-vous français de la F1 étaient vouées à l'échec, d'autant que la plupart d'entre elles impliquaient de faire sortir un circuit de terre. Flins-Les Mureaux, Marne-la-Vallée, Sarcelles, Disneyland, et même une association franco-belge proposant une alternance avec le Paul Ricard, ont été dans les tuyaux, s'appuyant sur des dossiers plus ou moins avancés ou crédibles. Celui de Flins, qui semblait le plus cohérent, fut très vite abandonné, mettant au grand jour les obstacles à franchir pour mener à bien ce genre de projet. Puis le calendrier politique a définitivement piraté ces différentes initiatives après l'élection de François Hollande en mai 2012, amenant dans le sillage de la nouvelle majorité des mouvements écologistes intransigeants dans leur refus d'encourager ce genre de projet.

 

Pourtant, il existe toujours des hommes de "bonne volonté" pour ne pas se résigner. Christian Estrosi est de ceux-là. Pour ce Niçois d'origine italienne, ancien quadruple champion de France de moto au milieu des années 70 et ensuite pilote amateur en formule 3, le circuit Paul Ricard était en quelque sorte sa madeleine de Proust, du temps d'avant qu'il ne se lance en politique. Un domaine dans lequel Estrosi a négocié avec virtuosité presque autant de virages qu'au cours de sa carrière sportive. Cet ancien membre du gouvernement de Dominique de Villepin et de François Fillon est depuis 2012 président de la métropole Nice Côte d'Azur et maire de Nice depuis 2008 (avec un court intermède pour éviter le cumul des mandats). C'est donc cet homme politique multitâche et opportuniste qui s'est attelé à remettre sur les rails le grand prix de France. Un objectif qui lui tenait à cœur depuis de nombreuses années.

 

Lorsque le 5 décembre 2016, Christian Estrosi a annoncé le retour du grand prix de France, à la suite d'une ultime réunion avec Bernie Ecclestone et la remise d'une lettre d'intention pour l'organisation de l'épreuve au Paul Ricard, le maire de Nice a reconnu que la discrétion maintenue pendant des mois avait été l'une des clés du succès. Et surtout, la victoire d'une équipe resserrée dont les principaux acteurs ont été Stéphane Clair, le directeur du circuit, Éric Boullier, le directeur sportif de l'équipe McLaren et capable de s'y retrouver dans les arcanes du business de la F1, sans oublier Gilles Dufeigneux, ancien délégué interministériel aux grands événements sportifs, qui fut assisté pour les questions administratives et juridiques par Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain-en-Laye et aussi avocat international, spécialisé dans les droits du sport.

 

65 millions d'euros attendus !

 

Voilà le "commando" qui est parvenu à monter un dossier crédible et surtout un business plan acceptable pour la région. Car organiser un grand prix sur une période de cinq ans suppose d'énormes investissements, avec l'obligation de retombées économiques au moins égales à la mise. Selon les chiffres révélés par Christian Estrosi, le coût de l'organisation du grand prix 2018 est estimé à 30 millions d'euros, dont 21 millions pour le seul plateau de la FOM, qui n'est désormais plus dirigée par l'inflexible Bernie Ecclestone.

 

Un peu moins de la moitié de cette somme est assurée par des subventions publiques, à hauteur de 14 millions, donc. Mais le business plan du groupement d'intérêt public, dont le directeur général est Gilles Dufeigneux, assure que "l'effet de levier" de ce futur événement représente environ 5 fois les montants engagés par la région, avec 16 millions de recettes directes attendues, dont 14 millions au niveau de la billetterie.

 

A condition d'atteindre les objectifs d'affluence fixés à 65 000 spectateurs, soit le maximum des possibilités d'accueil. Dans ce cas de figure idéal, l'impact économique à court terme pour la région serait de 65 millions d'euros, dont plus de la moitié représentée par les dépenses des spectateurs et membres de l'organisation. Autre argument choc, la conservation ou la création de 500 emplois. Des chiffres qui font rêver, bien sûr, et qu'il conviendra de comparer à la réalité lorsque ce grand prix de France, auquel s'est déjà officiellement associé Renault, aura eu lieu les 23 et 24 juin, et qu'il redeviendra un rendez-vous incontournable du calendrier de la F1.

 

 

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