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McLaren-Renault, le mariage de l'année

Et si cette union de raison se transformait en une belle histoire d'amour ? Par la force des choses, McLaren et Renault ont rapproché leurs destins. Avec l'espoir du meilleur, et sans penser au pire.

 

C'était en marge du grand prix d'Italie 2017. Au prix d'une multitude d'allers-retours entre les motor-home McLaren et Renault, les négociations allaient bon train entre les protagonistes du McLaren Group, Zak Brown et Éric Boullier, et de Renault Sport, Cyril Abiteboul, Jérôme Stoll et Alain Prost.

 

Dans la matinée du dimanche, un accord de principe était enfin arrêté. Le motoriste français acceptait de fournir son unité de puissance à l'équipe de Woking pour la saison 2018 et jusqu'en 2020 inclus.

 

Quelques jours plus tard, à Singapour, cette union était officialisée et agrémentée d'un partenariat stratégique et marketing. Ce qui apparut alors comme une évidence n'était pourtant pas gagné d'avance car, selon l'un des participants aux discussions, à Monza, les exigences de McLaren étaient tout à fait irréalistes. Sans doute parce que l'A.D.N. de Ron Dennis, inflexible négociateur, est encore bien présent dans les gènes de l'équipe Dennis a d'ailleurs dû avoir un début d'attaque en apprenant le mariage avec Renault, lui qui a toujours développé, au mieux, de l'indifférence et, au pire, du mépris pour tout ce qui est français. Ron Dennis ayant sans doute oublié qu'un petit pilote français (Prost, justement) lui a apporté trois titres et qu'un certain V10 tricolore (Peugeot) lui a sauvé la mise en 1994 lorsqu'il fut lâché par Honda, puis par Ford.

 

Un client de dernière minute.

 

Dennis appartient désormais à l'histoire de McLaren. L'avenir de cette équipe est confié à Zak Brown, son directeur exécutif, et à Éric Boullier, son responsable de la compétition. Deux hommes qui ont beaucoup œuvré pour parvenir à cette association et faire en sorte que la raison l'emporte. C'était le plus important pour les amateurs de formule 1 et pour McLaren, dont l'avenir sportif était en danger. D'un point de vue technique, il était temps, car la mise en chantier d'une monoplace confrontée à la complexité des nouveaux moteurs, dotés de six éléments bien distincts réclamant une implantation spécifique, ne s'improvise pas.

 

Cela suppose d'y adapter le châssis, bien sûr, mais surtout l'aérodynamique environnante et les multiples flux de refroidissement. D'autant qu'en position de client de la dernière minute, les techniciens du bureau d'études de McLaren n'ont pas vraiment eu le droit au chapitre pour suggérer des aménagements à leurs homologues de Viry-Châtillon. Dans les heures qui ont suivi la signature de l'accord, Woking a reçu un imposant fichier informatique contenant tous les gabarits des différents éléments du V6 hybride Renault avec leur emplacement préconisé ou imposé. Dès lors, le département recherche et développement de McLaren a pu modéliser le nouveau moteur et projeter son installation dans la future McLaren.

 

Déjà un gain d'une seconde.

 

Lorsque le contrat fut conclu (début septembre, donc, même s'il n'a été effectif que quinze jours plus tard), Éric Boullier estimait le retard sur le planning de la voiture 2018 entre deux et trois semaines. Rien de dramatique en soi mais cela a tout de même imposé aux hommes de McLaren des cadences infernales tant a été minutieuse l'intégration du nouveau moteur.

 

Quelques semaines avant la présentation officielle de la nouvelle McLaren-Renault, Tim Goss, le directeur technique de Woking, a révélé les grandes lignes de ce défi technique. "L'approche Mercedes/Honda consiste à avoir le compresseur à l'avant du moteur, la turbine à l'arrière et le MGU-H au milieu du V. L'approche Ferrari/Renault est très différente. Elle situe le compresseur à l'arrière du moteur, le MGU-H derrière et la turbine encore derrière". Comme lors de chaque changement technique majeur pour concevoir une nouvelle voiture, Tim Goss explique que ses équipes et lui ont été confrontés à de bonnes surprises, mais aussi à quelques frustrations. Dont celle d'avoir été pressés par les délais. "La décision de passer d'un moteur à l'autre a été prise juste à temps. Ça n'aurait pas pu être plus tardif". Pour ce qui est du gain en performance que McLaren peut tirer de cette nouvelle motorisation, il faudra attendre au moins les trois premiers grands prix pour en savoir plus.

 

Selon les déclarations d'Éric Boullier, le V6 Renault aurait déjà apporté un gain d'une petite seconde. Mais impossible de savoir s'il ne va pas trop perturber le bel équilibre de la monoplace anglaise remarqué la saison dernière. Car l'implantation de l'unité de puissance de Viry-Châtillon a nécessité des modifications assez importantes. Plus avancé dans la voiture, il a induit la modification du réservoir d'essence et un emplacement de la boîte de vitesses très différent. Goss laisse entendre que la partie aérodynamique arrière s'en trouvera améliorée, en espérant que le nouveau dessin des suspensions arrière n'ait en rien affecté l'équilibre général. Avec un nouveau moteur dont la spécification sera en tout point identique à celle des V6 Renault qui propulseront les monoplaces de l'usine, mais aussi les Red Bull, comme le certifie Cyril Abiteboul, l'équipe McLaren devrait revenir dans le match pour les podiums. Pour cela, il faudra que la fiabilité soit au rendez-vous !

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