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interview de Raymond Domenech

• Handicapzéro : Monsieur Domenech, vous avez qualifié l'équipe de France pour 2 coupes du monde en tant que sélectionneur, que pensez-vous de son parcours lors de ses qualifications ?

 

Raymond Domenech : déjà je n'aime pas quand on me dit "j'ai qualifié".

Parce que quelque part c'est faux et ça entraîne tous les mauvais raisonnements par la suite.

C'est un ensemble de choses en fait.

L'équipe de France s'est qualifiée avec ma participation, celle des joueurs, celle de l'encadrement, celle d'un peu tout le monde.

Qu'est-ce que je pense du parcours : c'est un ensemble. Maintenant, on se qualifie presque miraculeusement. On se souvient de l'équipe de Roger Lemerre, qui se qualifie dans un match à Andorre où on marque sur pénalty à 5 minutes de la fin. Sans ce pénalty, on n'était pas qualifié. En même temps la Russie pouvait se qualifier mais perd à domicile.

Il y a toujours eu un enchaînement de choses qui ont fait que jamais il y a eu une qualification sereine, tranquille. Si, il y a eu celle de Michel Platini qui a gagné tous ses matchs et qui n'en n'a pas gagné un à l'Euro. Donc il n'y a pas de relation de l'une avec l'autre. On ne se souvient pas de la manière dont on s'est qualifié. On ne se souvient que d'une chose, c'est du résultat que l'on fait en Coupe du Monde. Ça, ça marque…

On s'est qualifié, on y est, c'est normal, on est passé. Je dirais que la seule exception que je mets, c'est nous contre l'Irlande, parce qu'elle était tellement exceptionnelle cette qualification, avec l'histoire de la main de titi (Thierry Henri), que ça reste dans les mémoires. C'est un évènement du football français. Mais le reste des qualifs ça doit se faire et puis c'est tout ce qui compte. Ils ont fait leur boulot, à l'arrache, mais comme toutes les équipes qui se sont qualifiées.

L'objectif c'est de se qualifier.

 

• La qualification acquise, comment prépare-t-on un tel événement ?

 

Le sélectionneur, c'est une équipe en fait. Ce qu'il faut savoir c'est que ce n'est pas un seul mec qui décide dans son coin en se levant le matin, tiens j'emmène ceux là, et puis j'ai envie de faire ça. Donc il y a une vingtaine de personnes, chacun dans un domaine différent : diététique, médical, pharmaceutique, à quel endroit on va jouer... C'est la fédération qui gère un petit peu tout ça.

La vidéo, les matchs qu'il faut voir, les équipes qu'on va rencontrer, c'est un ensemble de choses qui se mettent en place avec un travail d'équipe, encore une fois. Après, le choix définitif du sélectionneur, il existe. C'est ce qui fait sa responsabilité. Mais avant il a travaillé avec tout le monde pour se dire on prend telle équipe, on va travailler comme ça, on va faire ça et chacun dans son domaine apporte.

Le sélectionneur c'est celui qui prend dans la figure tout le temps, à la limite c'est comme le Premier Ministre ou comme le Président de la République, ils ne travaillent pas tous seuls, il y a plein de gens autour qui font fonctionner, qui travaillent, qui lui permettent d'avancer, mais c'est vrai, la responsabilité elle est pour lui. Là il n'y a pas de débat.

 

• Quels sont pour vous les grands favoris de cette édition ? Et les équipes surprises ?

 

Difficile d'échapper au Brésil, c'est la meilleure équipe du monde, elle joue à domicile et elle a gagné la Coupe des Confédérations sereinement, elle a montré qu'elle était capable de hisser son niveau de jeu dans ces matchs là.

L'Argentine fait également partie des favoris, c'est une grande équipe d'Amérique du Sud. Pour le reste on peut mettre une dizaine d'équipe dans le lot avec l'Uruguay.

Les autres sont des outsiders. Pour les équipes européennes, c'est plus compliqué car pour le moment aucune d'entre elles n'a réussi à s'imposer en Amérique du Sud. Par contre, l'inverse n'est pas vrai. Parmi les pays européens qui peuvent réaliser un beau parcours, l'Espagne, ce qui serait un exploit exceptionnel. L'Allemagne est une équipe qui a les moyens, et à un moindre degré je dirais l'Italie et les Pays-Bas. Toutes les autres équipes seront des surprises, plus ou moins attendues. Le Brésil et l'Argentine restent quand même les grands favoris.

 

• Selon vous quels sont les points forts et faibles de l'équipe de France ?

 

Déjà, cette équipe n'a pas la maturité et l'expérience des équipes de 2006, de 2002 de 2000 et de 1998. Ces équipes ont eu des résultats. Avec ces 3 ou 4 générations là, on avait des joueurs cadres importants, des joueurs de haut niveau qui évoluaient dans des grands clubs et qui étaient des titulaires indiscutables dans leurs clubs. On n'est pas tout à fait dans le même registre avec une équipe en devenir, qui devrait arriver à maturité au championnat d'Europe qui se déroulera en France en 2016. Mais il s'agit de la Coupe du Monde, c'est exceptionnel, les joueurs vont, de toute façon, donner le meilleur d'eux mêmes. On ne peut pas dire que c'est une préparation parce qu'on fait la Coupe du Monde, mais c'est une préparation au Championnat d'Europe.

 

• La belle carrière et le palmarès de Didier Deschamps sont-il un gros avantage pour nos français ?

 

Oui et non. Oui par rapport à l'image qu'il donne aux joueurs qui disent "il a vécu", "il sait de quoi il parle", "il a l'expérience"… ils sont peut-être plus attentifs. L'écart qu'il y a entre Didier et son palmarès et les joueurs fait qu'il y a une écoute plus forte. C'est difficile pour un petit jeune qui débarque de dire à Didier "toi qu'est ce que t'y connais", ça c'est compliqué. Donc il y a un moment, ils sont obligés d'écouter. L'écoute elle est là.

 

• Que devenez-vous ?

 

Je vis le football différemment. Je le vis en tant qu'amateur, amoureux du football. Je regarde les matchs, je vais le mercredi après-midi quand j'ai le temps à Boulogne Billancourt, je m'occupe des 10 ans… Je fais de la télé avec ma chaîne sport tous les lundis et là je serai en tant que consultant sur la Coupe du Monde sur Europe 1. Je suis passé dans un autre domaine du foot, je le vis autrement, je ne suis plus en 1ère ligne.

 

• Vous reverra-t-on prochainement sur les terrains ?

 

Je ne sais pas. Honnêtement pour le moment, je ne sais pas et je ne me pose même pas la question… j'ai toujours vécu comme ça, dans l'instant présent. On est mieux comme ça.

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