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la saison en 8 questions

Chaque saison donne lieu à une multitude de questions. 2014 n'y déroge pas, bien au contraire. Par Jean-Louis Moncet.

 

1. Red Bull-Renault : est-ce que tout est perdu ?

 

Les deux partenaires, chaque année sacrés depuis 2011, devront fournir un énorme effort pour rattraper les 4 jours cataclysmiques des premiers essais de Jerez. Le moteur Renault y avait aligné un total de 138 tours avec 3 voitures, Ferrari 439 avec 3 voitures, et Mercedes 875 avec 4 voitures. Mais dans le cas précis de Red Bull, le moteur Renault n'est pas le seul responsable des problèmes rencontrés par l'écurie des champions du monde. Il est apparu que l'intégration du V6 ERS dans le châssis RB10 par Adrian Newey, le directeur technique de Red Bull, était également un souci. Il fut une époque où les essais libres, n'importe où, n'importe quand, permettaient de redresser les situations les plus compromises, mais aujourd'hui, ce n'est plus le cas : Red Bull-Renault tablait sur 2 séances de 4 jours chacune à Bahreïn, 8 jours d'essais privés au cours de la saison, et quelques séances de promotion (filming days). Dans ces conditions, parvenir à une RB10 enfin compétitive, c'est faisable. Il faudra toutefois compter sur une double peine : rattraper le temps perdu, et en même temps rattraper la concurrence. C'est généralement très dur, les autres ne chômant pas non plus dans leur tâche.

 

2. McLaren : naufrage ou redressement ?

 

L'histoire de la F1 comporte plusieurs chapitres sur la descente aux enfers : Tyrrell par exemple, ou bien encore, plus proche de nous, Williams. Un syndrome qui peut frapper McLaren. L'échec de 2013 restera gravé dans les mémoires : aucun podium. Ça ne s'était pas produit depuis 1980 et c'est en 1981 que Ron Dennis est arrivé au pouvoir. Pour redresser la situation avec le succès que l'on connaît. Puis il s'éloigne après 2008, et c'est à nouveau la chute. Lente, mais sûre. Alors, 2014, le retour ? C'est justement pour cela qu'il revient aux affaires.

 

3. Gestionnaires plutôt que pilotes ?

 

L'article 29-5 du règlement sportif de la F1 spécifie qu'une machine ne pourra consommer plus de 100 kg de carburant, du signal du départ jusqu'au passage de la ligne d'arrivée. Tout au long de la course, le pilote devra se transformer en gestionnaire, mais il sera largement aidé par ses ingénieurs. Et il pourra donc faire la différence au volant, à l'accélérateur et au frein. De 1986 à 1988, la consommation était limitée en F1. Déjà ! Il n'empêche : ces 3 saisons nous ont valu 3 très beaux championnats.

 

4. Quid des pneus ?

 

Échaudé par la saison 2013 où il a souvent tenu ; malencontreusement ; le devant de la scène, Pirelli repart sur des bases plus solides, avec des structures plus résistantes et plus lourdes. Il ne devrait donc pas y avoir de mauvaises surprises dans ce domaine, malgré le fait que les écuries n'avaient pas pu, fin 2013, proprement tester le premier jet des nouveaux pneus. Pirelli conserve le même échelonnement de gommes que l'an passé, mais elles seront un peu plus dures. Il fallait bien encaisser l'énorme couple supplémentaire des V6 turbo, par rapport aux V8.

 

5. Alonso et Räikkönen : qui va prendre le dessus ?

 

Le retour de Räikkönen au sein de la Scuderia peut provoquer un séisme. Le Finlandais avait promis qu'il ne retournerait pas chez Ferrari tant que Luca Di Montezemolo dirigerait la célèbre maison. Lequel avait déclaré urbi et orbi que s'impliquer avec des ingénieurs "ne (faisait) pas partie du patrimoine génétique de Räikkönen." Mais, c'était prévisible, il fallait une grosse pointure pour stimuler Alonso qui, depuis le grand prix de Grande-Bretagne l'an passé, avait tendance à lâcher prise, compte tenu du manque de compétitivité de sa rétive Ferrari. Et notre Kimi revient donc chez les Rouges aux côtés de Fernando. Deux caractères explosifs, du T.N.T. à l'état pur, même si à l'évidence il s'agit de deux très grands professionnels. Comme tous les autres observateurs, nous attendons le jour et l'heure où Alonso entendra dans ses écouteurs la célèbre phrase : "Kimi est plus rapide que toi", sous-entendu, tu dois le laisser passer. Ou bien l'inverse. A moins que l'un des deux ne prenne aussitôt le pas sur l'autre. Chez Ferrari, on ne doit pas ignorer que diriger deux si fortes personnalités n'est pas un métier. Mais un art.

 

6. Mercedes : déjà donnée gagnante ?

 

Le géant allemand joue sur deux tableaux. D'abord avec ses propres machines, les Flèches d'argent, mais aussi avec celles des écuries-clientes qu'il motorise, McLaren et Force India. Ses motoristes ont soigné leur nouveau moteur ERS qui n'a montré aucune défaillance durant les premiers essais de Jerez. Parallèlement, les hommes du châssis ont conçu une W05 qui n'a pas effectué des performances époustouflantes, mais a aligné un nombre de tours très impressionnant. Et ce kilométrage permet trois choses : vérifier la fiabilité de la machine, commencer les simulations de grands prix, et, last but not least, attaquer les études de stratégies en course pour se rôder aux consommations et à l'utilisation conjointe de la puissance électrique et des batteries. A ce stade de l'apprentissage, cette différence marquée par rapport à la concurrence est d'une importance capitale, mais les techniciens qui président aux destinées des voitures savent que rien n'est acquis jusqu'au dernier mètre de la dernière course. Elle les rend seulement un peu plus sereins. Ils n'en manquaient déjà pas dans un paddock qui annonce, depuis plusieurs mois, une première ligne 100 % Mercedes à Melbourne.

 

7. Une bonne surprise ?

 

Il y a les gros bras, les ténors, les champions, et ceux qui ont la chance de piloter une voiture de premier plan. Et puis il y a ceux dont on reconnaît systématiquement le talent, dans l'attente d'un coup d'éclat. Le premier coup d'œil vise les deux pilotes de Force India-Mercedes, Hülkenberg et Perez qui sont des garçons très accrocheurs. On attend de Massa qu'il devienne le patron chez Williams, grâce à ses qualités de metteur au point, et de Kobayashi, l'un des chouchous du paddock, qu'il ait retrouvé sa patte. Le tout en surveillant aussi l'arrivée chez McLaren d'une terreur annoncée, Kevin Magnussen.

 

8. Les Français toujours dans la course ?

 

Sur le papier, cela s'annonce plutôt bien. Tout d'abord pour Éric Boullier. Car être choisi par Ron Dennis pour entrer chez McLaren afin de diriger l'écurie F1 représente une consécration dont le jeune ingénieur français peut se montrer fier. Certes, tout le paddock aura l'œil sur lui mais Boullier en a vu d'autres. Son départ de chez Lotus semble laisser Romain Grosjean un peu orphelin. Mais en fait, la position de Romain chez les noir et or sera renforcée : c'est lui qui possède les références, qui peut compter sur ses talents de metteur au point et qui doit surpasser son nouvel équipier, Pastor Maldonado. Subsiste un problème : la fuite des cerveaux subie par Lotus pourra affecter la compétitivité de la voiture. Grosjean devra faire avec, et il peut s'en débrouiller. Jean-Éric Vergne chez Toro Rosso-Renault a pour objectif de réussir son année face à un débutant. Il faudra qu'il se montre le catalyseur de son équipe, c'est le meilleur rôle à jouer pour progresser. Reste Jules Bianchi, meilleur rookie en 2013, qui retrouve sa Marussia, mais avec un moteur Ferrari cette fois : c'est un atout. Cela devrait changer pas mal de choses.

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