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Schumacher 20 ans après

Avec le temps… Incroyable mais vrai, cela fait 10 ans que le grand Michael Schumacher n'a plus été sacré champion du monde… Un double anniversaire, avec celui de son premier titre. Jean-Louis Moncet nous livre deux anecdotes sur deux années 100 % Schumi.

 

1994 : il leva la main et le jura !

 

Michael avait effectué la pole position et il tenait fermement la tête du grand prix d'Espagne avec sa Benetton-Ford.

 

Lorsque, peu avant la mi-course, il ralentit soudainement son rythme. Inéluctablement, Mika Häkkinen puis Damon Hill le rattrapèrent. Un problème de boîte de vitesses touchait la Benetton ; mais on ne le savait pas encore ; et, à l'image, elle paraissait lente, ce qui n'empêchait pas Michael d'aborder les virages à pleine vitesse. Il termina la course sur la 2ème place du podium.

 

Auparavant, au bord de la piste, tous les observateurs s'interrogeaient : la cadence, le bruit surtout très étouffé et linéaire d'un moteur asthmatique, les trajectoires du jeune Allemand prêtaient à confusion. Que pouvait-il bien fabriquer ? En réalité, sa boîte de vitesses était bloquée en 5ème, et Michael avait trouvé toutes les ressources nécessaires pour adapter son pilotage à de pareilles conditions.

 

A l'arrivée, après ses déclarations et celles de son équipe, les sceptiques se comptèrent nombreux. Certains vieux moustachus, ignorant les possibilités de l'électronique et les capacités d'adaptation du jeune Allemand, crièrent à l'imposture. Aussi, au grand prix suivant, le Canada, j'allai interviewer Schumacher et je lui demandai s'il était capable de me jurer qu'il avait bien couru plus de la moitié de la course de Barcelone en 5ème. Face à la caméra, la main droite levée, il le jura.

 

2004 : toujours professionnel

 

Schumacher était devenu le roi incontesté du paddock. Surtout avec sa F2004, l'une des meilleures F1 de tous les temps. Il se réfugiait le plus souvent au calme dans le motor-home Ferrari, il traversait le paddock en courant pour couper court aux sollicitations et répondait par la négative à toutes les demandes d'interview qui ne lui avaient pas été expressément demandées par Ferrari ou par son attachée de presse personnelle, Sabine Kehm.

 

Et quand Michael répondait non, c'était ferme et définitif. En revanche, s'il avait accepté l'interview, il se révélait toujours un très grand professionnel, comprenant bien que, sans médias, il ne pouvait y avoir de formule 1, et comprenant aussi qu'un champion de son calibre se devait de rendre un peu à ses supporters, et leur manifester une certaine affection. Aussi, ses réponses étaient un vrai régal, il y avait toujours quelque chose de sérieux, mais aussi un peu d'humour et quelques gestes de gentillesse adressés à la caméra.

 

J'ai connu des pilotes qui étaient tout son contraire, des Juan Pablo Montoya, des Jacques Villeneuve, des Ralf Schumacher, qui acceptaient les interviewes en maugréant, puis qui n'y pensaient plus, vous faisaient attendre des heures et des heures, pour vous dire en quittant le circuit : "Ah, t'es encore là. Bon, alors fais vite…"

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