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Bronzage « sain », peau « préparée » en cabine UV : les dermatologues démontent ces idées reçues qui ont la vie dure

C'est une expression qu'on entend chaque année dès les premiers beaux jours : se faire un « bronzage sain ». L'idée est séduisante, mais elle repose sur un malentendu de taille. Pour les dermatologues, le bronzage n'a rien d'un signe de bonne santé : c'est au contraire la réponse de la peau à une agression. Sous l'effet des UV, les cellules produisent davantage de mélanine pour tenter de se protéger des rayons. Autrement dit, une peau qui brunit est une peau qui se défend déjà contre des dommages. Le hâle n'est pas un bouclier, c'est un signal d'alarme.

« Préparer sa peau » en cabine UV ne protège de rien 

Autre croyance tenace : passer quelques séances en cabine avant les vacances permettrait de « préparer » la peau et d'éviter les coups de soleil. Là encore, la science dit l'inverse. Le bronzage acquis artificiellement offre une protection dérisoire, équivalente à un indice solaire de 3 à 4 au mieux, très loin des SPF 30 ou 50 recommandés. Résultat, on s'expose à une première dose d'UV nocifs sans gagner la moindre protection réelle. Pire : on additionne les doses. Les cabines UV diffusent principalement des UVA, ceux-là mêmes qui pénètrent profondément dans le derme et accélèrent le vieillissement cutané.

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Les dégâts causés par les UVs artificiels

Le point le plus important est souvent le plus ignoré. Depuis 2009, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), rattaché à l'Organisation mondiale de la santé, classe les appareils de bronzage parmi les cancérogènes certains pour l'être humain, au même titre que le tabac ou l'amiante. En France, l'Institut national du cancer rappelle régulièrement que le recours aux cabines UV avant 35 ans augmente significativement le risque de mélanome, le cancer de la peau le plus agressif. Le Syndicat national des dermatologues plaide d'ailleurs depuis longtemps pour leur interdiction pure et simple.

Vieillissement prématuré : le bronzage en première ligne 

Au-delà du risque oncologique, il y a aussi un argument que les adeptes du teint hâlé entendent parfois mieux : les UV sont les premiers responsables du vieillissement cutané prématuré. Rides, taches pigmentaires, perte de fermeté, teint terne… On estime que l'exposition solaire est à l'origine d'une grande part du vieillissement visible de la peau. Cultiver un bronzage intensif aujourd'hui, c'est donc préparer les taches et les ridules de demain. De quoi relativiser sérieusement le coup d'éclat de l'été.

Comment afficher bonne mine sans danger ?

Bonne nouvelle : on peut tout à fait avoir un teint lumineux sans abîmer sa peau. L'autobronzant reste la valeur sûre, avec des formules qui ont fait d'énormes progrès en matière de rendu naturel. Une protection solaire à large spectre appliquée chaque jour, et renouvelée toutes les deux heures en cas d'exposition, demeure le geste non négociable. Et pour celles qui veulent l'effet « peau hâlée » sans soleil, les enlumineurs, terres de soleil et fonds de teint à sous-tons dorés font des merveilles. La vraie tendance de l'été, finalement, c'est une peau protégée. Et c'est elle qui restera belle le plus longtemps.