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Incendies: situation toujours "critique en Gironde", feu "très actif" dans le Var

Des personnes évacuées à cause des incendies ont été accueillies au Parc des Expositions de Bordeaux, le 25 juillet 2026 - © AFP - ALAIN JOCARD

La France reste aux prises samedi soir avec des incendies massifs, ayant entraîné l'évacuation d'environ 200.000 personnes et nécessitant une "mobilisation historique" de l'Etat, selon le gouvernement qui évoque une situation toujours "critique" en Gironde alors que le feu reste très actif dans le Var.

Les pompiers de Gironde avaient plus tôt estimé que la nuit à venir devrait être "propice" à leur travail contre le feu, toujours "aux portes de la métropole" de Bordeaux samedi soir selon son maire Thomas Cazenave.

Mais le premier ministre Sébastien Lecornu a averti samedi en fin de journée sur X qu'"après une légère amélioration cette nuit et ce matin, les prévisions redeviennent défavorables" et que "les prochaines heures peuvent être difficiles" sur zone.

"Dans ces heures où les flammes éprouvent durement notre pays, la France révèle ce qu'elle est: un peuple uni, qui se serre les coudes", a salué Emmanuel Macron, également sur X, promettant de reconstruire et réparer.

La préfète de Gironde, Sophie Brocas, a indiqué que 140 habitations ont été détruite par le feu en Gironde. Elle a appelé les 167.000 personnes évacuées à ne pas regagner leur domicile.

Dans les Landes, où 30.000 autres ont dû être déplacées, trois mille personnes ont été autorisées à rentrer chez elles à Biscarosse, dans les secteurs "complètement stabilisés", selon la préfecture.

Dans le Var (sud-est), 2.000 personnes restaient évacuées samedi soir en raison de l'incendie de Pontevès, encore très actif après avoir parcouru 4.000 hectares en cinq jours. "Des pluies sont espérées dans la nuit", précise la prefecture.

- Pompiers et militaires supplémentaires -

Les forces de l'ordre et services de secours restent largement mobilisés face aux incendies, au point que les organisateurs du Tour de France, qui arrive dimanche à Paris, ont annoncé raccourcir la dernière étape de 133 à 89 km.

Ce, pour permettre le redéploiement d'une partie des forces initialement mobilisées pour la sécuriser.

"1.400 sapeurs-pompiers, 1.500 militaires et 1.700 forces de sécurité intérieure sont désormais engagés pour lutter contre les incendies, protéger les populations et sécuriser les zones évacuées", a énuméré Sébastien Lecornu sur X.

Pour la première fois, un avion de transport militaire A400M a aussi été utilisé pour lutter contre le feu, grâce à un dispositif développé par son fabricant, Airbus, et pouvant larguer 20.000 litres d'eau ou de produit retardant le feu.

Photographie prise le 24 juillet 2026 par le caporal-chef Damien Rembert du SDIS33 montrant des pompiers luttant contre le feu près de Saumos et de Sainte-Hélène, au nord-ouest de Bordeaux - © SDIS33 - Caporal-chef Damien Rembert/AFP - Handout

A la mi-journée, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez avait annoncé près de 98.000 hectares partis en fumée sur le territoire national, un "record historique" alors que la forêt française doit faire face à un changement climatique qui va plus vite que la capacité des arbres à se renouveler.

- Pyrocumulonimbus et changement climatique -

Les climatologues du groupe World Weather Attribution ont en effet conclu que le changement climatique, causé principalement par la combustion continue du pétrole, du charbon et du gaz, rend la sécheresse actuelle plus sévère.

Or, Météo France explique dans une note consultée samedi par l'AFP que les forêts du massif des Landes de Gascogne ont fait face à des phénomènes de pyrocumulonimbus et tornades de feu vendredi, des feux extrêmes nourris notamment une végétation déshydratée après une grande période de sécheresse.

Là où le feu est passé, les habitants constatent les dégâts: "c'est la désolation", souffle Matthieu Plessis, 40 ans, devant les ruines encore fumantes de sa maison.

- "Enfants stressés"-

Le Sud-Ouest proie des incendies, comme en 2022 - © AFP - Jean-Michel CORNU, Sylvie HUSSON

A Bordeaux, 5.000 à 6.000 personnes évacuées du bassin d'Arcachon et de communes environnantes, se massent au parc des Expositions transformé en centre d'accueil.

Parmi ces "réfugiés du feu", Frédéric Tavitian, 70 ans, arrivé vendredi soir. "A 15 heures, on nous a dit, il faut évacuer. On a vu des colonnes de fumée, comme un volcan qui allait exploser".

Alors que des odeurs de fumées, emmenées sur des centaines de kilomètres par les vents, s'estompent quelque peu ce samedi, quelque 1,5 million de masques FFP2 ont été acheminés dans la nuit vers la Gironde, pour protéger les secours et les populations exposées aux fumées nocives.

- "Inquiets pour les gens, la nature, les forêts" -

Bison Futé a appelé les automobilistes à laisser "les routes libres" pour les secours, et la SNCF a aussi appelé à reporter les déplacements prévus dans la région de samedi à lundi, "afin de ne pas gêner les interventions des secours".

Elle assure qu'annulation et report des billets de train sont possibles sans frais.

Rencontrée à la gare de Bordeaux, Sandrine Isel, 54 ans, repart le cœur serré vers le Luxembourg, après un séjour à Arcachon: "l'ambiance était pesante, et on était inquiets pour les gens, la nature, les forêts", confie-t-elle. "Cela va mettre des décennies à se reconstituer".

Selon les données du système européen Effis qui se base sur des images satellite, les surfaces brûlées dépassent d'ores et déjà le record enregistré en 2022, alors que le mois de juillet n'est même pas achevé.

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