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Incendies : situation précaire dans le Var, feu "fixé" en Gironde

Un camion de pompiers dans une zone brûlée par un incendie de forêt à Montfort-sur-Argens, dans le Var, le 1er août 2026  - © AFP - Clement MAHOUDEAU

La situation sur le front des incendies était "stabilisée" samedi soir dans le Var, mais "le combat continue" en raison des vents changeants, tandis qu'en Gironde la plupart des personnes évacuées ont pu regagner leur domicile après dix jours de lutte contre un mégafeu désormais "fixé", mais pas "éteint".

Les incendies sont globalement "aujourd'hui sous contrôle" en France, même si "tout cela reste très évolutif", a commenté le Premier ministre Sébastien Lecornu dans un entretien à La Tribune Dimanche.

Dans le massif du Gros Bessillon, dans le Var, où un brasier démarré vendredi a ravagé 1.800 hectares, "nous restons prudents parce que le combat continue, les vents changent, ils sont parfois tournoyants, et la vérité d'un soir n'est pas forcément la vérité des lendemains matins", a commenté le préfet Simon Babre.

Quelque 2.500 personnes ont été évacuées vendredi soir de cette zone, comme Germaine, qui a fui son village de Montfort-sur-Argens et a dormi dans un gymnase transformé en centre d'accueil.

"Je n'ai jamais vu ça, la situation ne fait qu'empirer d'année en année", se désole la retraitée, qui "attend de savoir si (sa) maison a brûlé".

Dans cette localité de 1.400 habitants perchée sur une colline, "90% de la surface boisée et naturelle a disparu", évalue le maire Philippe Chuyen.

C'est le quatrième brasier d'ampleur qu'affrontent les pompiers depuis le 19 juillet dans le centre du Var.

Des renforts sont arrivés avec 1.500 sapeurs-pompiers mobilisés, six hélicoptères bombardiers d'eau, huit Canadair et deux Dash.

A près de 600 km de là, en Gironde, le mégafeu qui a ravagé 42.000 hectares en dix jours "ne progresse plus".

- Bon retour chez vous!" -

"Feu fixé ne veut pas dire feu éteint", a néanmoins prévenu la préfète Sophie Brocas, faisant état de "deux points chauds qui demeurent", une zone dunaire près du littoral atlantique à hauteur du Porge et un secteur au sud de Lacanau.

Des pompiers luttent contre un incendie de forêt sur la commune varoise de Montfort-sur-Argens, le 31 juillet 2026

 - © AFP - Thibaud MORITZ

Parmi les 224.000 personnes évacuées "au plus fort de la crise", 208.000 au total ont été autorisées à retourner chez elles, dont 10.750 samedi.

Comme à Marcheprime, commune forestière de 5.700 habitants frôlée par les flammes, où des panneaux "Bon retour chez vous" ont été installés aux entrées de la ville.

Depuis leurs véhicules, les riverains regagnant leur logement saluent le maire qui les accueille sur le parvis de l'hôtel de ville, certains retenant difficilement leur émotion.

"Les habitants peuvent recommencer à vivre, même s'il y a une balafre", analyse l'édile, Manuel Martinez.

Ailleurs en Gironde, l'étape de la reconstruction a déjà commencé, surtout pour les agents d'Enedis, qui gèrent le réseau électrique.

Un épais nuage de fumée s'élève dans la zone de Correns, dans le Var, où un incendie s'est déclaré, le 31 juillet 2026  - © AFP - Thibaud MORITZ

"Je viens d'Agen mais je me suis porté volontaire pour aider", explique le technicien Xavier Picotto, qui contribue à remplacer des poteaux en bois par des équivalents en béton, plus résistants aux futures flammes.

Un "coordinateur national" rattaché à Matignon va être nommé pour piloter le chantier de la reconstruction dans les zones sinistrées par les feux qui ont brûlé plus de 117.000 hectares de forêt en France depuis le début de l'année 2026, a annoncé le Premier ministre.

Il a par ailleurs estimé qu'aller en vacances en Gironde était "un geste de solidarité".

- "Complotistes" -

Samedi, à l'occasion du week-end de chassé-croisé des vacanciers, le trafic SNCF a justement repris au sud de Bordeaux, après six jours d'interruption.

Les autorités dénombrent 240 habitations détruites par cet incendie, le plus dévastateur en France depuis 1949, même si ce bilan doit encore être consolidé.

Sur ce total, 183 habitations ont été brûlées dans la seule commune du Porge, où certains résidents estiment que les autorités ont sacrifié leurs maisons pour protéger celles de la très chic presqu'île du Cap-Ferret.

Une voiture calcinée devant une maison détruite par l'incendie, au Porge, dans le sud-ouest de la France, le 31 juillet 2026 - © AFP - Ed JONES

"Je leur réponds que c'est faux", a réagi le Premier ministre. Leur "douleur est aujourd'hui instrumentalisée par des complotistes sur les réseaux sociaux", a dénoncé M. Lecornu, ajoutant que "les pompiers prennent leurs décisions selon un seul critère : sauver des vies humaines".

De fait, dans ce sinistre, aucun décès n'est à déplorer, ni aucun blessé dans la population. Mais plus de 330 pompiers ont été pris en charge médicalement, selon la préfète de Gironde.

Sur le terrain, la gratitude envers les secours est toujours bien visible. Contraints de fermer en raison de l'incendie, de nombreux restaurants ont contribué à l'effort de solidarité en fournissant une partie des produits utilisés pour les repas des pompiers.

Quant aux enquêtes sur les départs de feu, elles ont donné lieu, dans toute la France, à l'interpellation de 308 personnes, dont 33 ont été incarcérées.

En Gironde, le mégafeu semble d'origine accidentelle, peut-être lié à un débroussaillage effectué par un sous-traitant d'Enedis, selon plusieurs sources.

Une enquête ouverte par le parquet de Bordeaux est toujours en cours à ce propos.

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