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Marchés mondiaux: l'Europe dans le rouge, Wall Street tente un rebond

La tempête qui secoue les valeurs liées à l'intelligence artificielle (IA) a fait le tour des marchés mondiaux vendredi, de Tokyo à Paris, au lendemain d'une chute historique à Wall Street, qui tente toutefois un rebond vendredi.

Vers 15H30 GMT, Paris perdait 0,92 %, Londres 1,27 % et Zurich 1,48 %. Francfort reculait le plus fortement, de 1,98 %. La chute est d'autant plus brutale que la Bourse allemande avait battu jeudi un record historique en séance, à 26.692,90 points.

La Bourse de New York cherche quant à elle à se reprendre vendredi après son plongeon de la veille lié aux inquiétudes sur l'intelligence artificielle (IA), mais les investisseurs sont réticents à se montrer trop optimistes.

Vers 15H30 GMT, l'indice Nasdaq - à forte coloration technologique - avançait de 1,80 % et l'indice élargi S&P 500 gagnait 1,05 %, loin toutefois de compenser les pertes de jeudi. Le Dow Jones prenait 0,13 %.

- La tech se reprend -

Les fabricants de puces reprennent un peu de vigueur pour cette dernière séance de la semaine, à l'instar de Nvidia (+5,41 %), Broadcom (+3,04 %) ou AMD (+9,97 %) sans toutefois parvenir à éclipser entièrement leur trajectoire de jeudi.

La veille à New York, l'indice Nasdaq avait en effet plongé de 5,52 %, sa plus forte chute depuis avril 2025, quand Donald Trump avait imposé des droits de douane au monde entier. Les fabricants de puces électroniques, au cœur de l'essor de l'IA, avaient été les plus touchés : Micron et AMD avaient perdu plus de 17 %, Nvidia plus de 9 %.

L'Asie a suivi vendredi : Tokyo et Séoul ont chuté de 6 %, Taipei de 4,5 %.

Les élections de mi-mandat aux États-Unis ont servi de détonateur. Après la large victoire des démocrates, qui ont gagné les deux chambres du Congrès, les marchés craignent des règles plus strictes pour les centres de données, ces immenses entrepôts de serveurs indispensables à l'IA, particulièrement énergivores.

"L'écosystème IA est entré dans une zone de turbulences", relève Bruno Cavalier, chef économiste d'Oddo BHF, et le risque dépasse la Bourse pour les Américains : "les ménages ont désormais 43 % de leur richesse financière exposée au marché des actions, dix points de plus qu'en 2000", souligne-t-il.

"Si l'effet de richesse devait s'inverser, cela aurait des effets négatifs sur la consommation" et in fine "sur la croissance économique" de la première puissance mondiale, ajoute-t-il.

- Le reste de la cote dans le rouge -

Le reste de la cote encaissait en revanche le choc. Beaucoup ont misé de grosses sommes sur l'IA et "lorsque la panique s'installe, tout le monde cherche à sortir en même temps", commente Kristofer Barrett, responsable de la gestion actions de Carmignac.

Le laboratoire britannique AstraZeneca perdait ainsi 1,62 %, le géant suisse de l'alimentation Nestlé 1,97 % et l'assureur allemand Allianz 3,20 %.

Le luxe, en partie dépendant de la clientèle américaine, souffrait particulièrement : à Paris, LVMH cédait 2,41 %, Kering 2,00 % et Hermès 2,16 %.

Sur le marché de la dette, le taux d'emprunt des États-Unis à dix ans s'établissait à 4,87 % vers 15H30 GMT, contre 4,84 % la veille. En Europe, l'emprunt allemand à dix ans était à 3,25 % après 3,24 % jeudi et son équivalent français à 4,77 % contre 4,78 % précédemment.

Le pétrole était stable, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeant autour de 98 dollars.