
Deux ans après son retour triomphant à la Maison Blanche, Donald Trump est confronté mardi à un désaveu cuisant de la part des électeurs américains, avec la perte annoncée de la Chambre des représentants au profit des démocrates.
À travers les États-Unis, les mauvaises nouvelles s'accumulent pour les républicains, qui ont perdu le contrôle de la chambre basse du Congrès, selon les projections de CNN et de NBC en fin de soirée.
Le parti républicain du président américain pourrait aussi devoir céder sa majorité au Sénat, un désaveu cinglant alimenté par le mécontentement des électeurs face au coût de la vie.
Leurs opposants démocrates ont réussi à faire basculer en début de soirée un premier siège de sénateur avec la victoire de Roy Cooper en Caroline du Nord.
Mais le premier coup de tonnerre est venu dans l'État voisin de Caroline du Sud, où la démocrate Annie Andrews a ravi le siège de sénatrice à Darline Graham, choisie personnellement par Donald Trump comme candidate après la mort de son frère Lindsey Graham en juillet.

L'opposition à Donald Trump tablait sur la hausse du coût de la vie, aggravée par une guerre impopulaire contre l'Iran, mais aussi la question de la corruption dans les plus hautes sphères de l'État, pour pousser les Américains à désavouer les républicains lors de ces "midterms", traditionnellement défavorables au parti qui tient la Maison Blanche.
- "La corruption et l'incompétence" -
En Géorgie, le sénateur démocrate Jon Ossoff a confortablement gagné sa réélection avec plus de 30 points d'avance sur le républicain Mike Collins, selon les chaînes NBC et CBS.
Les Américains ont rejeté "la corruption et l'incompétence" de Trump, a lancé après sa victoire l'élu de 39 ans, vu comme une étoile montante du Parti démocrate.
Un basculement du Sénat, encore inimaginable il y a un an, signifierait - avec celui de la Chambre - un bouleversement de l'équilibre des pouvoirs à Washington pour les deux dernières années de mandat de Donald Trump.

Meeting après meeting, le président de 80 ans a pourtant jeté récemment toutes ses forces dans cette bataille âpre, prédisant des conséquences apocalyptiques en cas de victoire démocrate.
Face aux gains de l'opposition, la Maison Blanche a dit dans la soirée à l'AFP être dans une attitude de "défi".
Le président "n'était pas sur les bulletins et il est prouvé que les électeurs de Trump vont voter quand il est sur le bulletin", a déclaré un responsable de la Maison Blanche, jugeant aussi que la "qualité" des candidats républicains laissait à désirer.
- "Le loyer, les courses..." -
Signe de l'enjeu, près de 58 millions de citoyens ont voté par anticipation, un record pour des élections de mi-mandat.
Dans le Maine (nord-est), Tom Walsh, 59 ans, a dit à l'AFP vouloir en finir avec "deux ans de cauchemar" au moment de voter démocrate.
Pour Taylor Cook, le coût de la vie a été le principal facteur décisif dans son vote.
"Le loyer, les courses, les factures, et les impôts fonciers continuent de grimper", a déclaré à l'AFP ce Californien sans emploi de 24 ans, qui dit vouloir un Congrès à majorité démocrate pour "forcer des contrepouvoirs sur le gouvernement Trump.
À travers le pays, 36 postes de gouverneurs sont également en jeu, de même que de nombreux référendums.
Donald Trump, qui regarde les résultats mardi soir depuis la Maison Blanche, a prévenu qu'en cas de défaite républicaine, il mettrait "son veto à tout".

Dans les contrées arctiques de l'Alaska, des électeurs républicains assurent que Donald Trump "a tenu promesse".
"Il a réglé ce problème", de l'immigration clandestine, "il a sécurisé la frontière", affirme James Weise, retraité de 72 ans.
Mais pour Gabriel Layman, les États-Unis "ont pris une mauvaise direction".
"Je pense qu'il est important de mettre le holà" sur les républicains au pouvoir, ajoute cet écrivain de 24 ans qui se décrit comme indépendant, mais a voté démocrate.