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Mondial-2026: l'Espagne attend ses champions pour une fiesta en plein Madrid

Célébrations sur la place Colon à Madrid après la victoire de l'Espagne en finale de la Coupe du monde de football, le 19 juillet 2026 - © AFP - Paul Hanna

L'Espagne trépigne d'impatience lundi à l'idée de retrouver ses champions de retour des Etats-Unis après leur victoire face à l'Argentine au Mondial-2026, un sacre seize ans après une première étoile, dans un pays où le foot se vit comme une religion.

La Coupe du monde de la démesure a accouché dimanche d'une finale qui ne restera pas dans les annales, sinon pour l'Espagne triomphante (1-0 a.p.) qui a conquis sa deuxième étoile grâce à un but de Ferran Torres dans la prolongation.

Le pays a exulté de joie après ce sacre, célébré lors d'une nuit de folie, une soirée toutefois endeuillée par la mort d'un adolescent de 13 ans à Ciudad Rodrigo, dans l'ouest de l'Espagne, après l'effondrement d'une fontaine sur laquelle plusieurs supporters étaient montés.

Lundi, la Castellana, la principale avenue de Madrid, portait les stigmates d'une soirée arrosée: le bitume était jonché de détritus, de canettes de bière et de bris de verre.

Au milieu des derniers supporters allongés sur le trottoir, endormis pour certains sourire aux lèvres à même l'asphalte ou sur des bancs, titubant encore pour certains, les services de nettoyage s'activaient dès les premières heures du jour pour faire place nette avant une nouvelle fête lundi soir.

Ce nouveau titre planétaire résonne particulièrement dans ce pays passionné de football où ce sport fédère ses 50 millions d'habitants, dont une partie de la jeune génération n'avait pas vécu le premier sacre de la "Selección" au Mondial-2010 en Afrique du Sud.

- Un million de spectateurs attendus -

Le trophée doré de la Coupe du monde dans ses bagages, la sélection espagnole doit atterrir à l'aéroport Madrid-Barajas à 12H50 locales (10h50 GMT) dans un avion de la compagnie espagnole Iberia.

Dans la foulée, les joueurs seront reçus par le roi au palais de la Zarzuela, dans la banlieue de Madrid, selon le maire de la capitale.

Ils seront ensuite reçus par le Premier ministre au siège du gouvernement, la Moncloa à 18H00.

De là, les héros du jour devraient commencer leur défilé dans les rues à bord d'un bus à impériale en parcourant les grandes artères du centre pour arriver à la place de la célèbre fontaine de Cibeles, siège de la mairie de Madrid où ils sont attendus aux alentours de 21H00.

Environ un million de personnes sont attendues, selon les estimations dimanche du préfet de Madrid Francisco Martin, qui a précisé que 2.050 policiers et 400 agents de la Garde civile seront mobilisés pour l'occasion.

Certains supporters ayant déjà eu une petite nuit prévoient de remettre le couvert, à l'image de Bruno González del Yerro, un financier de 32 ans: "Il faudra le fêter d’une manière ou d’une autre, vu que ça n’arrive que tous les quatre ans et que l’Espagne, ça fait environ quatorze ans qu’elle ne l’a pas gagné, ça mérite bien une fête".

- Rois du monde -

L'équipe d'Espagne brandit son trophée après sa victoire face à l'Argentine en finale du Mondial 2026 de football, le 19 juillet 2026 à East Rutherford - © AFP - Odd ANDERSEN

C'est en rois que seront accueillis les joueurs. La presse espagnole n'avait pas assez de superlatifs pour qualifier ses héros.

"Les rois de tous les temps!", les appelle ainsi le quotidien sportif "Marca" qui se félicite de cette "deuxième étoile qui vient se broder sur le maillot espagnol après une nouvelle démonstration de jeu collectif".

A Buenos Aires en revanche le silence a été d'abord assourdissant, et puis les larmes sont arrivés quand l'évidence était là : il n'y aurait pas de quatrième titre en 2026.

Lundi, ils seront des centaines de milliers, peut-être plus, à réserver un accueil digne de ce nom à la sélection attendue à l'aéroport de la capitale à 17h00 locales (20h00 GMT).

Après plus de cinq semaines de compétition avec un format inédit et 48 équipes en lice, la finale n'a finalement pas été un apogée: c'est un 104e et dernier match longtemps cadenassé par des Argentins qui a souri à la Roja bien plus méritante.

L'attaquant espagnol Ferran Torres (à droite) célèbre son but contre l'Argentine en finale de la Coupe du monde de football, le 19 juillet 2026 à East Rutherford - © AFP - CHARLY TRIBALLEAU

Comme Andres Iniesta en 2010 qui avait libéré l'Espagne lors de la prolongation d'une finale très heurtée face aux Pays-Bas, un autre enfant du Barça, Ferran Torres, a délivré la génération Rodri, désigné meilleur joueur du tournoi, en reprenant sous la transversale une remise de la tête de Nico Williams (106e), comme lui entré en jeu peu de temps avant.

"Ce n’est pas mon but, c’est celui de 47 millions de personnes", a assuré le héros du jour.

Cette action aura été une énième démonstration de la valeur du banc espagnol, donnant raison au sélectionneur Luis de la Fuentes, dans sa propension à répéter que "l'Espagne gagne à 26". Elle était plus en nombre sur l'estrade pour célébrer son sacre, avec le roi Felipe VI, après que Donald Trump et Gianni Infantino, sifflés par le public, ont remis le trophée au capitaine Rodri.

Lionel Messi après le but de l'Espagne, le 19 juillet 2026 à East Rutherford - © AFP - Pedro UGARTE

Quant à Lionel Messi, "la pulga" de 39 ans a été magnifique au-delà de toute espérance pour son sixième Mondial, mais il a traversé cette finale comme un fantôme, échouant à ajouter une deuxième étoile à son palmarès et une quatrième à l'Argentine. Le public argentin lui a quand même crié son amour et Léo de verser quelques larmes.

A Madrid, les larmes pourraient aussi couler lundi soir, mais de joie, lors d'un défilé historique.