éditorial

"Comment faire pour que ce soit aussi bien l'an prochain ?" Tel était le commentaire, ravi, qu'on pouvait entendre le 27 juillet au soir, à Paris, à l'heure de la dispersion d'après Tour.

Impossible en effet d'aborder le Tour de France 2004 sans se remémorer une nouvelle fois ce sentiment de plénitude et de bonheur qui nous habitait alors, et qu'on savait partagé par des milliers de spectateurs et de téléspectateurs. Car les coureurs avaient eu du talent, comme enveloppés par la grâce et la magie de ce Centenaire si réussi aussi, sous l'angle de la commémoration et de la fête.

Mais les lampions du Centenaire se sont éteints. Il faut compter sur autre chose pour l'année prochaine. Bien sûr il y aura encore Lance Armstrong, Jan Ullrich, Joseba Beloki et bien d'autres, avec le panache qu'on leur connaît maintenant.

Notre souci premier a donc été de leur préparer un terrain qui les incite à nous offrir un aussi bel affrontement. Découvrez-le ce terrain ; examinez-le ce découpage ; étudiez-le ce règlement : rien n'est vraiment conventionnel, tout est fait pour le suspense et l'incertitude.
 
D'abord, le parcours nous paraît répondre aux exigences contemporaines : des distances raisonnables, les étapes plutôt longues pour commencer et plutôt courtes pour finir, une première journée de repos à l'issue des huit journées de plaine et une seconde après le franchissement du Massif Central et des Pyrénées, juste avant les Alpes ; aucun contre la montre individuel avant la dernière semaine, et quel contre la montre : la montée de l'Alpe d'Huez !
 
Avec un "chrono" par équipes dont les écarts seront modulés, avec un barème de point resserré pour le Classement du Meilleur Grimpeur, nous pouvons espérer des positions constamment instables et, partout, de possibles revirements : messieurs les directeurs sportifs, soyez bons stratèges !
 
Et n'oublions pas l'ambiance : le Grand Départ en Wallonie, terre de fête, les retrouvailles avec la Bretagne, terre de cyclisme, le salut du Tour à Raymond Poulidor et à Saint-Léonard-de-Noblat, la première étape que le Tour de France va faire en Creuse (enfin !), tout cela augure d'un millésime de qualité.
 
Sans oublier la question que tout le monde se pose déjà : sera-t-"il" le premier à six victoires ? Prenons patience…
 
Jean-Marie Leblanc.