1. Trouver la bonne destination

Et si, pour passer des vacances plus responsables, tout commençait par notre choix de destination ?

1.1. Se dépayser sans partir trop loin.

Pour certains, voyager est synonyme de longs trajets en avion jusqu'à l'autre bout de la planète. Un idéal qui n'est pas sans impact, quand on sait que nos trajets représentent 69 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur touristique. Source : ADEME, BEGES du tourisme en France pour 2022.

Avant de décider de votre prochaine destination et de votre moyen de transport (train, avion ou voiture) prenez une minute pour évaluer les émissions de CO2 générées en vous rendant sur impactco2.fr/outils/transport.

Opter pour des destinations plus proches, c'est faire un geste concret et immédiat pour le climat. La France offre une grande diversité de paysages (bords de mer, campagnes, montagnes, etc.) : on peut donc opter pour l'Hexagone sans renoncer à ses envies de dépaysement. Pour faire le plein d'idées et faire le tour du monde sans quitter la France, suivez le guide qqf.fr/infographie/tourisme-au-kilometre.

Et si vous envisagez de prendre l'avion et de faire un grand voyage à l'étranger, privilégiez des trajets sans escales. Le décollage de l'avion émet beaucoup de polluants et de gaz à effet de serre.

42 % des français (contre 30 % des Européens) préfèrent passer une partie de leurs vacances dans leur propre pays pour leurs congés d'été. Source : Étude Ipsos, "Près de 7 Français sur 10 partiront en vacances cet été malgré un contexte économique et international tendu", 2024.

Bilan gaz à effet de serre du secteur tourisme en France en 2022 : répartition par sources d'émissions.

Activités touristiques :
• mobilité : 69 % dont 29 % de transport aérien,
• achats de biens touristiques : 9 %,
• hébergement : 8 %,
• restauration : 8 %,
• sports, loisirs et culture : 3 %,
• évènements d'affaires : 2 %,
• croisières maritimes : 1 %,
• acteurs du tourisme, eau et déchets : 1 %.

Mobilité :
• transports aller-retour : 59 %,
• déplacement sur place : 7 %,
• infrastructures : 3 %.

Source : ADEME, BEGES du tourisme en France pour 2022. Les chiffres en pourcentage ont été arrondis.

Une sélection de guides et sites pour vous aider à choisir la meilleure destination.

Vous souhaitez voyager de manière plus responsable et réduire votre empreinte carbone ? Ces guides et sites Internet vous proposent une large sélection de destinations ainsi que des hébergements engagés dans une démarche durable.

En savoir plus :
• le site Agir pour un tourisme responsable : tourisme-responsable.org,
• les guides Tao : guidestao.com,
• le site Détour Odyssée : detourodyssey.com,
• le Guide du Routard sur le tourisme vert : routard.com/best-of/tourisme-vert-ecotourisme,
• le site Greengo : greengo.voyage

1.2. Partir en train, en bus, en vélo, en covoiturage...

En choisissant le train, vous réduisez considérablement votre impact environnemental. De nombreuses destinations en France et en Europe sont facilement accessibles en train (la ville de Menton, comme de très nombreuses villes de la côte d'Azur). Ce mode de transport, plus écologique, permet aussi de redécouvrir le plaisir du voyage, en prenant le temps d'admirer les paysages.

Certaines régions développent des offres afin de vous orienter vers des modes de déplacement plus vertueux. C'est le cas de la Bretagne et de son offre de séjours "sans voiture", dotés de services complémentaires pour pallier l'absence de véhicule personnel (kit bébé, pass mobilité, kit frigo plein, etc.). La Normandie et la Nouvelle-Aquitaine proposent, elles aussi, des offres similaires.

2 autres solutions peuvent aussi vous permettre d'amoindrir les émissions de vos déplacements :
• le covoiturage : cette option divise les émissions par le nombre de voyageurs. Les plateformes de covoiturage vous permettront de trouver vos compagnons de route, que vous soyez conducteur ou passager,
• l'autocar : le réseau est bien développé en France. Cette solution est moins émettrice et présente aussi l'avantage d'être bonne pour votre portefeuille.

Enfin, le cyclotourisme est en plein boom ! La France est l'une des premières destinations mondiales pour le tourisme à vélo. Avant de vous lancer, découvrez la carte des voies vertes et des véloroutes sur le site de l'AF3V ainsi que toutes les boucles cyclotouristiques sur le site véloenfrance.fr (voir chapitre "Tenter des vacances à vélo). Il est très souvent possible de rallier un point de départ de cyclotourisme en train.

Les tarifs bas carbone de la région Normandie.

La région Normandie s'engage pour un tourisme plus responsable avec une offre bas carbone. Voyager en train, en car ou à vélo vous permet de bénéficier d'une réduction de 10 % minimum dans de nombreux lieux de visite et de loisirs normands. Pour plus d'informations, rendez-vous sur normandie-tourisme.fr

Quel est l'impact du transport pour un voyage de 4 jours à 2 personnes ?

En kg CO2e, sur la base de 3 nuits à l'hôtel, à 500 km du domicile, soit un trajet de 2 personnes de 1 000 km aller-retour.

• Avion court-courrier : 518 kg CO2e le trajet aller-retour + 12,9 kg CO2e l'hébergement soit un total de 530,9 kg CO2e,
• voiture thermique : 218 kg CO2e le trajet aller-retour + 12,9 kg CO2e l'hébergement soit un total de 230,9 kg CO2e,
TGV : 5,8 kg CO2e le trajet aller-retour + 12,9 kg CO2e l'hébergement soit un total de 18,7 kg CO2e.

Source : ADEME.

1.3. Éviter les sites surfréquentés.

Certains sites fragiles, peu adaptés à l'accueil d'un grand nombre de touristes, peuvent souffrir d'une surfréquentation dont les impacts sont non négligeables. Elle peut entraîner la mise en danger du patrimoine culturel, des nuisances pour les populations locales, une hausse du prix de l'immobilier, une surconsommation de ressources, mais aussi des difficultés dans la gestion des déchets.

À cela s'ajoute souvent une pollution de l'eau et des sols, une perturbation de l'écosystème marin (due aux substances chimiques, comme celles contenues dans les huiles solaires, ou au rejet des eaux usées directement dans la nature), une réduction des espaces naturels pour construire des hébergements, une perturbation des espèces et, plus largement, une atteinte à la biodiversité.

Pour profiter des merveilles historiques et naturelles, il est conseillé de partir hors-saison, si possible. C'est aussi souvent plus économique. Renseignez-vous avant de réserver vos billets : la majeure partie des sites très visités informent le public des périodes de forte affluence.

• D'après l'Organisation mondiale du tourisme, 95 % des touristes mondiaux visiteraient moins de 5 % des terres émergées,
• à l'échelle de la France, 80 % de l'activité touristique se concentre sur 20 % du territoire.

Source : Economie.gouv.fr, "Tourisme : une stratégie nationale pour gérer les flux touristiques", juin 2023.

Des sites surfréquentés imposent de nouvelles règles.

• Venise reçoit chaque année 30 millions de visiteurs pour 55 000 habitants (à l'intérieur du centre historique). Une surfréquentation délicate à gérer. Depuis 2019, les bateaux de croisière sont interdits dans le centre car leurs remous fragilisaient les fondations de la cité.

• Dubrovnik limite l'accès de la ville à 4 000 visiteurs par jour afin de préserver l'authenticité de la citadelle.

• En Bretagne, l'île de Bréhat restreint le nombre de visiteurs à 4 700 par jour, en semaine, durant l'été. La ville de Saint-Malo, quant à elle, a instauré des quotas locatifs de courte durée par quartier.

• La ville de Marseille a mis en place, dès 2022, un quota de visiteurs journaliers pour lutter contre l'érosion accélérée des roches causée par des milliers de visiteurs quotidiens.

• La métropole de Toulon limite le nombre de visiteurs journaliers à 6 000 sur l'île de Porquerolles.